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AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2300867

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2300867

mercredi 19 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2300867
TypeDécision
PublicationC
Formation1ère chambre JU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 avril 2023, M. B A, représenté par Me Grebille-Romand, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours gracieux en date du 5 janvier 2023 et tendant à l'annulation d'une décision référencée 48 SI constatant l'invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul, à l'annulation des décisions de retrait de points que cette décision récapitule, et demandant au ministre de l'intérieur de créditer le solde de son permis de conduire de quatre points ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer son permis de conduire, crédité de l'ensemble des points illégalement retirés, dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.

Il soutient que :

- n'ayant jamais reçu notification de la décision référencée 48 SI en litige, ni des décisions de retrait de points sur laquelle elle se fonde, les délais de recours contre ces décisions ne lui sont pas opposables ;

- il est recevable à exciper de l'illégalité de ces décisions ;

- la décision référencée 48 SI en litige est entachée d'erreur de droit dès lors que, n'ayant pas été rendue opposable avant l'accomplissement d'un stage de sensibilisation à la sécurité routière les 26 et 27 février 2021, le ministre de l'intérieur était tenu de créditer le solde de son permis de conduire de quatre points ;

- les décisions de retrait de points sur lesquelles se fonde la décision 48 SI en litige sont entachées d'un vice de procédure et méconnaissent les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;

- il revient au ministre de l'intérieur de démontrer que l'information requise a été délivrée au contrevenant dans le cas où la réalité de l'infraction est fondée sur l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire ;

- il revient au ministre de l'intérieur de démontrer que cette information a bien été délivrée au contrevenant dans le cas où l'infraction a donné lieu à un paiement immédiat de l'amende forfaitaire ;

- certaines des infractions ayant entraîné un retrait de points ont fait l'objet d'une contestation auprès des officiers du ministère public compétents ; dès lors, dans l'hypothèse d'un classement sans suite ou d'un renvoi devant le tribunal judiciaire compétent, la réalité de ces infractions n'est pas établie au sens de l'article L. 223-1 du code de la route.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 mai 2023, le ministre de l'intérieur conclut à l'irrecevabilité de la requête à titre principal et à son rejet à titre subsidiaire.

Il soutient que :

- la décision référencée 48 SI en litige, qui mentionnait les voies et délais de recours, a été notifiée au requérant le 16 novembre 2020 ; dès lors, la requête présentée par M. A est tardive ;

- aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de procédure pénale ;

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. C en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat statuant seul a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A a bénéficié d'une reconstitution totale du nombre initial de points affecté à son permis de conduire par une décision du 8 octobre 2010. En raison d'infractions au code de la route commises entre le 28 mars 2011 et le 28 novembre 2019, le ministre de l'intérieur a prononcé l'invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul par une décision référencée 48 SI non datée. Cette décision a été notifiée au domicile du requérant par lettre recommandée avec accusé de réception et retournée auprès des services du ministre de l'intérieur le 16 novembre 2020. M. A a suivi un stage de sensibilisation à la sécurité routière les 26 et 27 février 2021. Par un recours gracieux en date du 5 janvier 2023, M. A a demandé au ministre de l'intérieur de prononcer le retrait de la décision référencée 48 SI et des décisions de retrait de points sur lesquelles elle se fonde, et de prendre en compte la réalisation de ce stage. En l'absence de réponse, une décision implicite de rejet est intervenue. Par sa requête, M. A demande l'annulation de la décision référencée 48 SI portant invalidation de son permis de conduire, des décisions de retrait de points sur lesquelles elle se fonde et de la décision implicite rejetant sa demande de prise en compte du stage de sensibilisation à la sécurité routière qu'il a réalisé.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :

2. Il résulte des dispositions du troisième alinéa du III de l'article R. 223-3 du code de la route que les décisions constatant l'invalidité du permis de conduire pour solde de points nul doivent être notifiées au titulaire du permis de conduire par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. En cas de contestation sur ce point, il incombe à l'administration d'établir qu'une telle notification a été régulièrement adressée au titulaire du permis de conduire et, lorsque le pli contenant cette notification a été renvoyé par le service postal au service expéditeur, de justifier de la régularité des opérations de présentation à l'adresse du destinataire. Cette preuve peut résulter soit des mentions précises, claires et concordantes figurant sur les documents, le cas échéant électroniques, remis à l'expéditeur conformément à la règlementation postale soit, à défaut, d'une attestation de l'administration postale ou d'autres éléments de preuve établissant la délivrance par le préposé du service postal d'un avis de passage prévenant le destinataire de ce que le pli est à sa disposition au bureau de poste. Compte tenu des modalités de présentation des plis recommandés prévues par la réglementation postale, doit être regardé comme portant des mentions précises, claires et concordantes suffisant à constituer la preuve d'une notification régulière le pli recommandé retourné à l'administration auquel est rattaché un volet " avis de réception " sur lequel a été apposée la date de vaine présentation du courrier et qui porte, sur l'enveloppe ou l'avis de réception, l'indication du motif pour lequel il n'a pu être remis.

3. Il résulte de l'instruction que si l'avis de présentation versé au dossier correspond aux mentions relatives à la décision 48 SI portées sur le relevé d'information intégral du permis de conduire de M. A, cet avis ne comporte aucune mention permettant de déterminer la date à laquelle le pli aurait été présenté par les services postaux avant d'être retourné au ministre de l'intérieur. Ainsi, et alors même que le pli a été présenté à l'adresse d'une des résidences du requérant et que ce dernier n'a pas réclamé ce pli auprès des services postaux comme l'indique l'avis de réception produit, M. A ne peut pas être regardé comme ayant reçu une notification régulière de la décision référencée 48 SI. Par suite, la fin de non-recevoir soulevée par le ministre de l'intérieur, tirée de la tardiveté de la requête, ne peut pas être accueillie.

Sur l'étendue du litige :

4. Aux termes de l'article L. 223-6 du code de la route : " Si le titulaire du permis de conduire n'a pas commis, dans le délai de deux ans à compter de la date du paiement de la dernière amende forfaitaire, de l'émission du titre exécutoire de la dernière amende forfaitaire majorée, de l'exécution de la dernière composition pénale ou de la dernière condamnation définitive, une nouvelle infraction ayant donné lieu au retrait de points, son permis est affecté du nombre maximal de points. () Toutefois, en cas de commission d'une infraction ayant entraîné le retrait d'un point, ce point est réattribué au terme du délai de six mois à compter de la date mentionnée au premier alinéa, si le titulaire du permis de conduire n'a pas commis, dans cet intervalle, une infraction ayant donné lieu à un nouveau retrait de points ".

5. Il résulte de l'instruction que le permis de conduire de M. A a fait l'objet d'une reconstitution totale du nombre de points initial, en application de l'article L. 223-6 du code de la route, par une décision en date du 8 octobre 2010. Par suite, alors que M. A demande sans autres précisions l'annulation des décisions de retrait de points sur lesquelles la décisions 48 SI en litige se fonde, les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction dirigées contre les décisions de retrait de points intervenues antérieurement à cette reconstitution totale ne peuvent qu'être rejetées en tant qu'elles sont dépourvues d'objet. Il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.

6. Par ailleurs, il résulte de l'instruction, et notamment du relevé d'information intégral produit par le ministre de l'intérieur, que les points retirés à la suite des infractions relevées le 30 août 2011, le 14 juin 2012, le 14 janvier 2014, le 19 juillet 2016 et le 21 août 2017 ont fait l'objet d'une restitution de points en application des dispositions de l'article L. 223-6 du code de la route. Ces restitutions de points étant intervenues antérieurement à l'introduction de la requête, les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction dirigées contre ces décisions doivent être rejetées comme étant irrecevables.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concernant le moyen tiré du défaut de prise en compte d'un stage de sensibilisation à la sécurité routière :

7. Aux termes de l'article L. 223-6 du code de la route : " () / Le titulaire du permis de conduire qui a commis une infraction ayant donné lieu à retrait de points peut obtenir une récupération de points s'il suit un stage de sensibilisation à la sécurité routière qui peut être effectué dans la limite d'une fois par an. () ". Aux termes de l'article R. 223-8 du même code : " () / II.- L'attestation délivrée à l'issue du stage effectué en application des dispositions du quatrième alinéa de l'article L. 223-6 donne droit à la récupération de quatre points dans la limite du plafond affecté au permis de conduire de son titulaire. / III.- Le préfet mentionné au I ci-dessus procède à la reconstitution du nombre de points dans un délai d'un mois à compter de la réception de l'attestation et notifie cette reconstitution à l'intéressé par lettre simple. La reconstitution prend effet le lendemain de la dernière journée de stage. () ".

8. Les décisions portant retrait de points d'un permis de conduire, de même que celles qui constatent la perte de validité d'un permis, ne sont opposables à son titulaire qu'à compter de la date à laquelle elles lui sont notifiées. Tant que le retrait de l'ensemble des points du permis ne lui a pas été rendu opposable, l'intéressé peut prétendre au bénéfice des dispositions de l'article L. 223-6 du code de la route prévoyant des reconstitutions de points lorsque le titulaire du permis a accompli un stage de sensibilisation à la sécurité routière ou qu'il n'a commis aucune infraction ayant donné lieu à retrait de points pendant une certaine période.

9. Il résulte de ce qui a été exposé précédemment que la décision référencée 48 SI en litige n'a pas été régulièrement notifiée à M. A. Il résulte de l'instruction que le requérant a effectué un stage de sensibilisation à la sécurité routière les 26 et 27 février 2021. La décision prononçant l'invalidation du permis de conduire n'étant pas opposable faute de notification régulière, M. A est fondé à demander le bénéfice des dispositions de l'article L. 223-6 du code de la route prévoyant la reconstitution du solde affecté à son permis de conduire en raison de l'accomplissement de ce stage. Dès lors, M. A est fondé à demander l'annulation de la décision référencée 48 SI en litige.

En ce qui concerne le moyen tiré du défaut d'information préalable aux décisions de retrait de points :

10. La délivrance, au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points, de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une composition pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Elle revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé.

S'agissant de l'infraction relevée le 29 août 2011 :

11. Il résulte des arrêtés pris pour l'application des articles R. 49-1 et R. 49-10 du code de procédure pénale, notamment de leurs dispositions codifiées à l'article A. 37-8 de ce code, que lorsqu'une contravention mentionnée à l'article L. 121-3 du code de la route est constatée sans interception du véhicule et à l'aide d'un système de contrôle automatisé enregistrant les données en numérique, le service verbalisateur adresse à l'intéressé un formulaire unique d'avis de contravention, qui comprend en bas de page la carte de paiement et comporte, d'une part, les références de l'infraction dont la connaissance est matériellement indispensable pour procéder au paiement de l'amende forfaitaire et, d'autre part, une information suffisante au regard des exigences résultant des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. En conséquence, lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire prévue à l'article 529 du code de procédure pénale au titre d'une infraction constatée par radar automatique, il découle de cette seule constatation qu'il a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis doit être revêtu, la même constatation conduit également à regarder comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende, les informations requises en vertu des dispositions précitées, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.

12. Il résulte de l'instruction, et notamment du relevé d'information intégral du requérant, que l'infraction du 29 août 2011 a été relevée au moyen d'un radar automatique et que l'amende forfaitaire relative à cette infraction a fait l'objet d'un paiement par M. A le 17 octobre 2011. Par suite, le requérant, qui a nécessairement reçu l'avis de contravention correspondant et qui n'établit pas qu'il aurait reçu un avis incomplet ou inexact, n'est pas fondé à soutenir que le retrait de points consécutif à cette infraction aurait été adopté à l'issue d'une procédure irrégulière. Dès lors, ce moyen doit être écarté.

S'agissant des infractions relevées le 19 octobre 2018 et le 28 novembre 2019 :

13. Le II de l'article R. 49-1 du code de procédure pénale prévoit que le procès-verbal constatant une contravention pouvant donner lieu à une amende forfaitaire " peut être dressé au moyen d'un appareil sécurisé dont les caractéristiques sont fixées par arrêté du garde des sceaux, ministre de la justice, permettant le recours à une signature manuscrite conservée sous forme numérique ". En vertu des dispositions de l'article A. 37-19 du même code, l'appareil électronique sécurisé permet d'enregistrer, pour chaque procès-verbal, d'une part, la signature de l'agent verbalisateur, d'autre part, celle du contrevenant qui est invité à l'apposer " sur une page écran qui lui présente un résumé non modifiable des informations concernant la contravention relevée à son encontre, informations dont il reconnaît ainsi avoir eu connaissance ". Enfin, en vertu des dispositions du II de l'article A. 37-27-2 de ce code, en cas d'infraction entraînant un retrait de points, le résumé non modifiable des informations concernant la contravention relevée précise qu'elle entraîne un retrait de points et comporte l'ensemble des éléments mentionnés aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.

14. Lorsqu'une infraction entraînant un retrait de points est constatée au moyen d'un appareil conforme aux dispositions citées ci-dessus, l'agent verbalisateur invite le contrevenant à apposer sa signature sur une page écran où figure l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées. La mention certifiée par l'agent selon laquelle le contrevenant a refusé d'apposer sa signature sur la page qui lui était présentée possède la même valeur probante.

15. Il résulte de l'instruction, et notamment des procès-verbaux électroniques dressés par les agents de la gendarmerie le 19 octobre 2018 et le 28 novembre 2019, que l'ensemble des informations devant être portées à la connaissance du contrevenant figurent en bas de page de ces documents. Le procès-verbal établi le 19 octobre 2018 comporte la signature du requérant alors que celui établi le 28 novembre 2019 comporte la mention " refus de signer " apposé par l'agent verbalisateur et ayant la même valeur probante. Par suite, le moyen ne peut qu'être écarté.

S'agissant des infractions relevées le 28 mars 2011, le 15 juin 2012, le 19 mars 2013, le 23 septembre 2014, le 29 octobre 2016, le 24 avril 2017 et le 30 juillet 2020 :

16. La délivrance, au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points, de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction. Elle revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé. Toutefois, l'omission de cette formalité est sans influence sur la régularité du retrait de points résultant de la condamnation, lorsque la réalité de l'infraction a été établie par une condamnation devenue définitive prononcée par le juge pénal, qui a statué sur tous les éléments de fait et de droit portés à sa connaissance, et que l'auteur de l'infraction a ainsi pu la contester. Cette dernière condition est également remplie lorsque la condamnation intervient selon la procédure simplifiée régie par les articles 524 et suivants du code de procédure pénale, qui permettent au juge de statuer sans débat préalable sur une contravention de police, mais qui réservent la possibilité, pour le prévenu, de former opposition à l'ordonnance pénale ainsi prononcée et d'obtenir que l'affaire soit portée à l'audience du tribunal de police ou de la juridiction de proximité dans les formes de la procédure ordinaire.

17. Il résulte de l'instruction, et notamment du relevé d'information intégral du permis de conduire de M. A, que la réalité des infractions relevées le 28 mars 2011, le 15 juin 2012, le 19 mars 2013, le 23 septembre 2014, le 29 octobre 2016, le 24 avril 2017 et le 30 juillet 2020 a été établie par le prononcé d'une condamnation pénale devenue définitive. Ainsi, le moyen tiré de ce que l'information prévue aux article L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route n'aurait pas été apportée à M. A est sans influence quant à la légalité des décisions de retrait de points consécutives à ces infractions. En outre, si M. A soutient qu'il a contesté certaines de ces condamnations en formant opposition auprès des officiers du ministère public compétents, il n'assortit ce moyen d'aucun élément permettant d'en apprécier le bien-fondé. Au demeurant, il n'établit pas que ces oppositions auraient entraîné l'annulation des condamnations pénales établissant la réalité des infractions. Par suite, ce moyen ne pourra qu'être écarté.

18. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est seulement fondé à demander l'annulation de la décision référencée 48 SI en litige en tant qu'elle prononce l'invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

19. Le présent jugement implique nécessairement que l'administration procède à la reconstitution du capital de points de M. A, en tenant compte du stage de sensibilisation à la sécurité routière effectué les 26 et 27 février 2021. Par suite, il y a lieu, en application des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, d'enjoindre au ministre de procéder dans cette mesure à la reconstitution du capital de points du requérant, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.

Sur les frais liés au litige :

20. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme que demande M. A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Par ailleurs, la présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions présentées par le requérant sur le fondement de l'article R. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction dirigées contre les retraits de points antérieurs à la reconstitution totale du nombre de points initial intervenue le 8 octobre 2010.

Article 2 : La décision référencée 48 SI en litige est annulée en tant qu'elle prononce l'invalidation du permis de conduire de M. A.

Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de rétablir le capital de points du permis de conduire de M. A en tenant compte du stage de sensibilisation à la sécurité routière suivi les 26 et 27 février 2021 et ce, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 mars 2025.

Le magistrat désigné,

Signé

F. C La greffière,

Signé

C. BENIS

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

D. Dubost

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