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AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2302418

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2302418

mercredi 19 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2302418
TypeDécision
PublicationC
Formation1ère chambre JU
Avocat requérantDE CAUMONT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 14 septembre 2023 et le 5 décembre 2023, Mme B C, représentée par Me De Caumont, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision référencée 48 SI du 23 août 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul, ainsi que l'ensemble des décisions de retrait de points qu'elle récapitule ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de procéder à la reconstitution du solde de points affecté à son permis de conduire dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de rejeter toute demande de l'Etat présentée sur le même fondement.

Elle soutient que :

- la décision portant invalidation du permis de conduire se fonde sur des décisions de retrait de points illégales ;

- la décision relative à l'infraction relevée le 30 septembre 2020 est insuffisamment motivée ; dès lors, la décision référencée 48 SI se fonde sur une décision illégale ;

- les décisions de retrait de points méconnaissent les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;

- la simple mention sur le relevé d'information intégral de l'émission d'une amende forfaitaire ou d'une amende forfaitaire majorée ne saurait démontrer qu'elle a bien reçu l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;

- l'attestation du trésorier des contrôles automatisés ou établie par le Trésor public ne permet pas d'établir qu'elle aurait reçu cette information dès lors que l'amende a pu être recouvrée par exécution forcée ;

- le ministre n'est pas fondé à soutenir que l'absence de cette information concernant les infractions relevées par contrôle automatisé serait sans incidence quant aux décisions de retrait de points dès lors que cette information aurait été communiquée lors d'une précédente infraction récente.

Par un mémoire en défense, enregistrés le 28 novembre 2023, le ministre de l'intérieur conclut à l'irrecevabilité des conclusions aux fins d'annulation dirigées contre les infractions ayant fait l'objet de réattributions de points, au non-lieu partiel et au rejet de la requête.

Il soutient que :

- les conclusions dirigées contre les décisions relatives aux infractions relevées le 8 novembre 2019, le 29 janvier 2020, le 13 mars 2020, le 20 mai 2021, le 20 janvier 2022 et le 6 mai 2022, sont dépourvues d'objet ;

- les conclusions dirigées contre la décision référencée 48 SI et celles relatives aux infractions du 8 novembre 2022 et du 7 décembre 2022 ont perdu leur objet ;

- aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'arrêté du 29 juin 1992 fixant les supports techniques de la communication par le ministère public au ministère de l'intérieur des informations prévues à l'article L. 30 (4°, 5°, 6° et 7°), devenu l'article L. 225-1 (3°, 4°, 5° et 6°), du code de la route.

- le code de la route ;

- le code de procédure pénale ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. A en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat statuant seul a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. En raison d'une série d'infractions au code de la route relevées entre le 12 octobre 2019 et le 25 janvier 2023, le ministre de l'intérieur a prononcé l'invalidation du permis de conduire de Mme B C par une décision du 23 août 2023. Par sa requête, Mme C demande l'annulation de cette décision et de l'ensemble des décisions de retrait de points qu'elle récapitule.

Sur l'étendue du litige :

2. Les mentions relatives à la décision référencée 48 SI en litige n'apparaissent plus sur le relevé d'information intégral du permis de conduire du requérant édité le 28 novembre 2023, lequel mentionne un solde positif de six points à cette date. Par suite, le ministre de l'intérieur doit être regardé comme ayant procédé, postérieurement à l'introduction de la requête, au retrait de la décision portant invalidation du permis de conduire. En outre, il ressort du même document que l'infraction relevée le 8 novembre 2022 ne fait plus l'objet d'un retrait de point et que celle relevée le 7 décembre 2022 a fait l'objet d'une restitution de point postérieurement à l'introduction de la requête, en application des dispositions de l'article L. 223-6 du code de la route. Dès lors, les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction dirigées contre ces décisions ont perdu leur objet. Il n'y a plus lieu d'y statuer.

3. Par ailleurs, il résulte de l'instruction, notamment du relevé d'information intégral produit par le ministre de l'intérieur, que les points retirés à la suite des infraction relevées le 8 novembre 2019, le 29 janvier 2020, le 13 mars 2020, le 20 mai 2021, le 20 janvier 2022 et le 6 mai 2022 ont fait l'objet d'une restitution en application des dispositions de l'article L. 223-6 du code de la route. Cette restitution de points étant intervenue antérieurement à l'introduction de la requête, les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction dirigées contre ces décisions doivent être rejetées comme étant irrecevables.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne le moyen tiré de l'insuffisance de motivation :

4. Aux termes de l'article L. 223-3 du code de la route : " () / Quand il est effectif, le retrait de points est porté à la connaissance de l'intéressé par lettre simple ou, sur sa demande, par voie électronique. () ". Aux termes de l'article R. 223-3 du même code : " () / III.- Lorsque le ministre de l'intérieur constate que la réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie dans les conditions prévues par le quatrième alinéa de l'article L. 223-1, il réduit en conséquence le nombre de points affecté au permis de conduire de l'auteur de cette infraction. / Si le retrait de points lié à cette infraction n'aboutit pas à un nombre nul de points affectés au permis de conduire de l'auteur de l'infraction, celui-ci est informé par le ministre de l'intérieur par lettre simple du nombre de points retirés. () / Si le retrait de points aboutit à un nombre nul de points affectés au permis de conduire, l'auteur de l'infraction est informé par le ministre de l'intérieur par lettre recommandée avec demande d'avis de réception du nombre de points retirés. Cette lettre récapitule les précédents retraits ayant concouru au solde nul, prononce l'invalidation du permis de conduire et enjoint à l'intéressé de restituer celui-ci au préfet du département ou de la collectivité d'outre-mer de son lieu de résidence dans un délai de dix jours francs à compter de sa réception ".

5. Mme C soutient qu'en se bornant à énoncer que l'infraction relevée le 30 septembre 2020 a fait l'objet d'un jugement rendu le 18 novembre 2021, la décision référencée 48 SI en litige, ainsi que la décision de retrait de points consécutive à cette infraction, sont entachées d'insuffisance de motivation. Toutefois, ainsi qu'il a été exposé au point 3 du présent jugement, le ministre de l'intérieur doit être regardé comme ayant procédé au retrait de la décision référencée 48 SI en litige. Par ailleurs, s'il résulte des dispositions précitées que le ministre de l'intérieur est tenu de récapituler l'ensemble des retraits de points ayant concouru à l'adoption de la décision référencée 48 SI, la requérante, qui s'abstient de produire la décision de retrait de point relative à l'infraction relevée le 30 septembre 2020, n'établit pas l'insuffisance de motivation alléguée. Dès lors, ce moyen ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré du défaut d'information préalable :

6. La délivrance, au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points, de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une composition pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Elle revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé.

S'agissant de l'infraction relevée le 30 septembre 2020 :

7. D'une part, lorsqu'une infraction entraînant un retrait de points est constatée au moyen d'un appareil conforme aux dispositions applicables, l'agent verbalisateur invite le contrevenant à apposer sa signature sur une page écran où figure l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées. La mention certifiée par l'agent selon laquelle le contrevenant a refusé d'apposer sa signature sur la page qui lui était présentée possède la même valeur probante.

8. D'autre part, lorsque la réalité de l'infraction a été établie par une condamnation devenue définitive prononcée par le juge pénal qui a statué sur tous les éléments de fait et de droit portés à sa connaissance et que l'auteur de l'infraction a ainsi pu la contester, la circonstance que le contrevenant n'ait pas bénéficié, lors de la constatation de l'infraction, des informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route est sans influence sur la régularité du retrait de points.

9. Pour contester la légalité du retrait de points consécutif à l'infraction du 30 septembre 2020, la requérante soutient qu'elle n'a pas reçu l'information préalable exigée par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Toutefois, il résulte de l'instruction que cette infraction a été constatée au moyen d'un procès-verbal électronique d'infraction dressé après interception du véhicule le même jour. Si la requérante a refusé de signer ce procès-verbal électronique, la mention " refus de signer " apposée par les forces de l'ordre a la même valeur probante qu'une signature du titulaire du permis de conduire. En outre, il résulte de l'instruction que cette infraction a fait l'objet d'une condamnation pénale prononcée par le tribunal de police d'Alençon le 18 novembre 2021. Il n'est pas allégué que cette décision ait fait l'objet d'une contestation par la requérante. Dans ces conditions, même à la supposer établie, l'absence de l'information préalable exigée par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route est sans influence sur la légalité de la décision de retrait de points en litige. Par suite, le moyen ne peut qu'être écarté.

S'agissant des infractions relevées le 12 octobre 2019, le 16 octobre 2020 et le 16 décembre 2020 :

10. En application du second alinéa de l'article 529-2 du code de procédure pénale, en l'absence de paiement ou de requête en exonération dans le délai de quarante-cinq jours suivant, selon les cas, la date de constatation de l'infraction ou la date d'envoi de l'avis de contravention, l'amende forfaitaire est majorée de plein droit et recouvrée en vertu d'un titre rendu exécutoire par le ministère. Le paiement de l'amende forfaitaire majorée établit que le contrevenant a reçu un avis d'amende forfaitaire majorée. Avant même que ces mentions ne soient rendues obligatoires par un arrêté du 13 mai 2011 introduisant dans le code de procédure pénale un article A. 37-28, le formulaire d'avis d'amende forfaitaire majorée utilisé par l'administration rappelait la qualification de l'infraction au code de la route et précisait que l'émission de l'amende forfaitaire majorée pouvait entraîner un retrait de points du permis de conduire, que cette amende pouvait être contestée dans un délai de trois mois, que les retraits et reconstitutions de points faisaient l'objet d'un traitement automatisé et que le titulaire du permis pouvait accéder à ces informations. Ces indications mettent le contrevenant en mesure de comprendre qu'en l'absence de contestation de l'amende, il sera procédé au retrait de points et portent à sa connaissance l'ensemble des informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Dans ces conditions, lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire majorée, il découle de cette seule constatation qu'il doit être regardé comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende, les informations requises, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet ou que cet avis a fait l'objet d'un recouvrement forcé.

11. Il résulte de l'instruction, notamment de trois attestations de paiement établies par la trésorerie du contrôle automatisé de Rennes le 3 novembre 2023, que Mme C a payé les amendes forfaitaires majorées correspondant aux infractions relevées le 12 octobre 2019, le 16 octobre 2020 et le 16 décembre 2020. La requérante ne produit pas d'éléments de nature à mettre en doute l'exactitude des informations contenues dans ce document ou à établir que le paiement de l'amende forfaitaire majorée serait intervenu par la voie du recouvrement forcé engagée par le comptable public à son encontre, ou qu'elle aurait reçu un titre exécutoire incomplet ou inexact Dès lors, il découle de ces seules constatations que l'administration doit être regardée comme s'étant acquittée envers elle de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de ces amendes, les informations requises. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que les retraits de points consécutifs à ces infractions seraient intervenus au terme d'une procédure irrégulière.

S'agissant des infractions relevées le 1er février 2021, le 7 avril 2021, le 13 mai 2021, le 6 septembre 2021, 11 septembre 2021, le 5 octobre 2021 et le 25 janvier 2023 :

12. L'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route doit porter, d'une part, sur l'existence d'un traitement automatisé des points et la possibilité d'exercer le droit d'accès et, d'autre part, sur le fait que le paiement de l'amende établit la réalité de l'infraction dont la qualification est précisée et entraîne un retrait de points correspondant à cette infraction. Ni l'article L. 223-3, ni l'article R. 223-3 du code de la route, n'exigent que le conducteur soit informé du nombre exact de points susceptibles de lui être retirés, dès lors que la qualification de l'infraction qui lui est reprochée est dûment portée à sa connaissance.

13. La seule circonstance que l'intéressé n'a pas été informé, lors de la constatation d'une infraction, de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder n'entache pas d'illégalité la décision de retrait de points correspondante s'il ressort des pièces du dossier que ces éléments ont été portés à sa connaissance à l'occasion d'infractions antérieures suffisamment récentes.

14. Il résulte de l'instruction, et notamment du relevé d'information intégral versé au dossier, que la réalité des infractions relevées le 1er février 2021, le 7 avril 2021, le 13 mai 2021, le 6 septembre 2021, le 11 septembre 2021, le 5 octobre 2021 et le 25 janvier 2023 a été établie par l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée. Toutefois, en l'absence de tout élément permettant de justifier que la requérante se serait acquittée des amendes forfaitaires majorées émises en raison de ces infractions, il n'est pas établi qu'elle aurait reçu l'information relative à la qualification des infractions qui lui sont reprochées. Ainsi, et alors même que la requérante se serait vue délivrer ces informations en ce qui concerne les infractions relevées le 12 octobre 2019, le 16 octobre 2020 et le 16 décembre 2020, la requérante est fondée à soutenir que les décisions de retrait de points mentionnées ci-dessus ont été adoptées à l'issue d'une procédure irrégulière.

En ce qui concerne le moyen tiré du défaut d'établissement de la réalité de l'infraction relevée le 30 septembre 2020 :

15. L'article L. 225-1 du code de la route fixe la liste des informations qui, sous l'autorité et le contrôle du ministre de l'intérieur, sont enregistrées au sein du système national des permis de conduire. En particulier le 6° de cet article prévoit l'enregistrement dans ce système " de toutes décisions judiciaires à caractère définitif en tant qu'elles portent restriction de validité, suspension, annulation et interdiction de délivrance du permis de conduire, ou qu'elles emportent réduction du nombre de points du permis de conduire ainsi que de l'exécution d'une composition pénale ". En vertu de l'arrêté du 29 juin 1992 fixant les supports techniques de la communication par le ministère public au ministère de l'intérieur des informations prévues à l'article L. 30 (4°, 5°, 6° et 7°), devenu l'article L. 225-1 (3°, 4°, 5° et 6°), du code de la route, les informations mentionnées au 6° de l'article L. 225-1 du code de la route sont communiquées par l'officier du ministère public par support ou liaison informatique. Il résulte de ces dispositions que le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention d'une condamnation pénale devenue définitive. Le titulaire d'un permis de conduire n'établit pas, ainsi qu'il lui incombe de le faire, l'inexactitude d'une telle mention en se bornant à justifier qu'il a présenté un recours contre une condamnation à une date postérieure à celle à laquelle, selon le relevé intégral d'information relatif à son permis, elle a acquis un caractère définitif. Dans l'hypothèse où la juridiction pénale, statuant sur le recours ainsi introduit, le jugerait recevable et annulerait la condamnation postérieurement au rejet par le juge administratif du recours dirigé contre la décision de retrait de points ou celle constatant la perte de validité du permis, il appartiendrait à l'administration de retirer cette décision.

16. Mme C doit être regardée comme soutenant que la décision de retrait de points relatives à l'infraction du 30 septembre 2020 méconnaît les dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route dès lors que la réalité de cette infraction n'a pas été établie par le prononcé d'une condamnation définitive. Toutefois, il résulte des mentions probantes du relevé d'information intégral du permis de conduire de la requérante que cette infraction a donné lieu au prononcé d'une ordonnance pénale rendue par le tribunal de police compétent le 18 novembre 2021 et devenue définitive le 2 janvier 2022. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.

17. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a seulement lieu d'annuler les décisions de retrait de points consécutives aux infractions relevées le 1er février 2021, le 7 avril 2021, le 13 mai 2021, le 6 septembre 2021, 11 septembre 2021, le 5 octobre 2021 et le 25 janvier 2023.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

18. Le présent jugement implique nécessairement que l'administration procède à la reconstitution du capital de points de Mme C. Par suite, il y a lieu, en application des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, d'enjoindre au ministre de l'intérieur de procéder à la reconstitution du capital de points de la requérante dans la limite du capital maximum, en tenant compte des éventuels retraits ou restitutions de points ayant pu intervenir entretemps et ce, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.

Sur les frais liés à l'instance :

19. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à Mme C en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction présentées contre les décisions de retraits de points consécutives aux infractions du 8 novembre 2022 et 7 décembre 2022, ni sur celles présentées contre la décision 48 SI du 23 août 2023.

Article 2 : Les décisions de retraits de points consécutives aux infractions relevées le 1er février 2021, le 7 avril 2021, le 13 mai 2021, le 6 septembre 2021, 11 septembre 2021, le 5 octobre 2021 et le 25 janvier 2023, sont annulées.

Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, de procéder au réexamen de la situation de Mme C pour en tirer les conséquences sur son capital de points et son permis de conduire.

Article 4 : L'Etat versera la somme de 1 000 euros à Mme C sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au ministre de l'intérieur.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 mars 2025.

Le magistrat désigné,

Signé

F. ALe greffier,

Signé

C. BENIS

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

D. Dubost

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