LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2302658

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2302658

vendredi 4 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2302658
TypeDécision
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantHOURMANT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 12 octobre 2023 et le 26 février 2024, M. A B, représenté par M. C, demande au tribunal :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler la décision du 6 octobre 2023 par laquelle le préfet de l'Orne a refusé de faire droit à sa demande de renouvellement de passeport :

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'erreur de droit, dès lors que le préfet n'avait pas le pouvoir de refuser le renouvellement du passeport ;

- elle n'est pas justifiée par l'intérêt général ni proportionnée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 novembre 2023, le préfet de l'Orne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le protocole n° 4 à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 ;

- la loi du 31 décembre 1973

- le décret de la convention nationale du 7 décembre 1792 ;

- le décret n°2005-1726 du 30 décembre 2005 ;

- le décret 2010-569 du 28 mai 2010 ;

- le décret n° 2016-1460 du 28 octobre 2016.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Mellet,

- les conclusions de M. Bonneu, rapporteur public,

- les observations de Me C.

Le préfet de l'Orne n'était ni présent ni représenté.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions aux fins d'annulation

1. Aux termes des dispositions de l'article 4 du décret du 30 décembre 2005 relatif aux passeports : " le passeport est délivré, sans condition d'âge, à tout Français qui en fait la demande ". Aux termes de l'article 8 du décret du 28 octobre 2016 autorisant la création d'un traitement de données à caractère personnel relatif aux passeports et aux cartes nationales d'identités : " pour l'instruction des demandes de carte nationalité d'identité ou de passeport, il est vérifié par la consultation du fichier des personnes recherchées qu'aucune décision judiciaire ni aucune circonstance particulière ne s'oppose à sa délivrance. Il est également procédé à une consultation du traitement mentionné à l'article 1er afin de vérifier si des titres ont déjà été sollicités ou délivrés sous l'identité du demandeur ".

2. La liberté fondamentale d'aller et venir n'est pas limitée au territoire national mais comporte également le droit de le quitter. Ce droit est reconnu par la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 et confirmé par l'article 2-2 du protocole n° 4 à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ratifiée en application de la loi du 31 décembre 1973 et publiée par décret du 3 mai 1974. Aux termes de l'article 2-3 du même accord, l'exercice de ce droit "ne peut faire l'objet d'autres restrictions que celles qui, prévues par la loi, constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au maintien de l'ordre public, à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui". Le décret de la convention nationale du 7 décembre 1792 ne permet à l'autorité administrative de refuser un passeport que si les déplacements de l'intéressé à l'étranger sont de nature à compromettre la sécurité nationale ou la sûreté publique.

3. Pour justifier le refus de délivrance d'un nouveau passeport à M. B, le préfet de l'Orne a indiqué que la délivrance de ce titre était " incompatible avec la mesure prononcée à son encontre par le tribunal judiciaire d'Alençon ". Dans son mémoire en défense, le préfet fait valoir qu'il faisait, par ce motif, référence à une mesure de libération conditionnelle prononcée à l'égard du requérant, par ailleurs inscrit au fichier des personnes recherchées. Il ressort des pièces versées au dossier que M. B, écroué depuis le 27 avril 2012, a bénéficié d'une mesure de libération conditionnelle prononcée à compter du 3 janvier 2023 par la chambre d'application des peines de la cour d'appel de Caen. Cette mesure, dont découle l'inscription de l'intéressé au fichier des personnes recherchées en application de l'article 2 du décret du 28 mai 2010 relatif au fichier des personnes recherchées, est assortie de l'obligation d'obtenir l'autorisation préalable du juge de l'application des peines pour tout déplacement à l'étranger. Contrairement à ce que soutient le préfet de l'Orne, il ne résulte pas des dispositions précitées que la détention d'un passeport valide serait incompatible avec cette décision, ou avec les nécessités de suivi par le juge d'application des peines, la seule obligation faite à M. B étant de solliciter l'autorisation préalable avant de quitter le territoire. Par ailleurs, le préfet de l'Orne ne verse aucune pièce qui viendrait étayer l'existence d'un risque de fuite.

4. Il en résulte que le préfet de l'Orne, qui n'a pas pu légalement refuser le renouvellement du passeport pour le seul motif avancé, a commis une erreur de droit. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, l'arrêté du 6 octobre 2023 du préfet de l'Orne doit être annulé.

Sur les frais liés au litige :

5. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à Me C sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 6 octobre 2023 par laquelle le préfet de l'Orne a refusé de faire droit à la demande de renouvellement de passeport de M. B est annulé.

Article 2 : L'Etat versera à Me C la somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B, à Me C et au préfet de l'Orne.

Délibéré après l'audience du 20 mars 2025, à laquelle siégeaient :

M. Cheylan, président,

M. Mellet, premier conseiller,

M. Martinez, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2025.

Le rapporteur,

Signé

J.F. MELLET

Le président,

Signé

F. CHEYLANLe greffier en chef,

Signé

D. DUBOST

La République mande et ordonne au préfet de l'Orne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef

D. DUBOST

Décisions similaires

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-25PA02134

08/04/2026

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-25PA02150

08/04/2026

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-25PA03459

08/04/2026

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-25PA03472

08/04/2026

← Retour aux décisions