mardi 9 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2400493 |
| Type | Décision |
| Publication | D |
| Formation | Autres délais-Etrangers-3 |
| Avocat requérant | MINET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 février 2024, Mme A B, représentée par Me Minet, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 30 janvier 2024 par lequel le préfet du Calvados l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
3°) d'enjoindre au préfet du Calvados de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai d'un mois sous astreinte de 150 euros par jour de retard dans l'attente de l'examen de son titre de séjour pour raison médicale ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
Sur l'arrêté dans son ensemble :
- le préfet doit justifier de la compétence de l'auteur de l'arrêté ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'une erreur de fait ;
- il est contraire à son droit à être entendu ;
- il d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il méconnaît les articles 6 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mars 2024, le préfet du Calvados conclut au non-lieu à statuer sur la requête, l'arrêté en litige ayant été retiré.
Vu :
- l'arrêté attaqué ;
- la demande d'aide juridictionnelle du 20 février 2024 ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Par décision en date du 2 janvier 2024, la présidente du tribunal a désigné M. Rivière conformément à l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative, pour statuer en qualité de juge du contentieux de l'éloignement sur les requêtes instruites selon les dispositions de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
M. Rivière, magistrat désigné, a présenté son rapport lors de l'audience publique qui s'est tenue en l'absence des parties.
L'instruction a été close après l'appel de l'affaire à l'audience en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B conteste l'arrêté du 30 janvier 2024 par lequel le préfet du Calvados l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 portant application de cette loi : " () L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué. ".
3. Mme B ayant déposé une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été statué, il y a lieu de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle en application des dispositions précitées.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Il ressort des pièces du dossier que par un arrêté du 5 mars 2024, le préfet du Calvados a, postérieurement à l'introduction de la requête, retiré l'arrêté attaqué du 30 janvier 2024. Les conclusions à fin d'annulation et d'injonction de Mme B sont ainsi devenues sans objet. Il n'y a donc pas lieu d'y statuer.
Sur les frais liés au litige :
5. Mme B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire. Par suite, Me Minet, son avocate, peut se prévaloir des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Minet d'une somme de 800 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme B par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 800 euros lui sera versée.
D E C I D E :
Article 1er : Mme B est admise à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme B aux fins d'annulation et d'injonction.
Article 3 : L'Etat versera à Me Minet, avocate de Mme B, la somme de 800 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que celle-ci renonce à la part contributive de l'Etat. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme B, la somme de 800 euros lui sera versée directement en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à Me Minet et au préfet du Calvados.
Copie en sera transmise pour information au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Caen.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 avril 2024.
Le magistrat désigné,
signé
X. RIVIERE La greffière,
signé
N. BELLA
La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
E. Bloyet
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2600622
Le Tribunal Administratif de Caen a rejeté les requêtes de M. E... A... visant à annuler un arrêté d'obligation de quitter le territoire français (OQTF) sans délai et un arrêté d'assignation à résidence. Le tribunal a estimé que le préfet du Calvados avait légalement fondé sa décision sur une menace à l'ordre public, justifiée par des infractions routières répétées (conduite sans permis), et que les conditions légales pour l'assignation à résidence étaient remplies. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), notamment ses articles L. 611-1 et L. 731-1.
13/03/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2600420
Le Tribunal administratif de Caen a rejeté la requête de M. B..., ressortissant algérien, qui contestait l'arrêté du préfet du Calvados du 26 janvier 2026 renouvelant son assignation à résidence pour 45 jours. Le juge a écarté le moyen tiré de l'exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français, déjà validée par un jugement du 9 janvier 2026, et a jugé que la demande d'asile de l'intéressé, enregistrée postérieurement à cette obligation, ne faisait pas obstacle à son assignation à résidence. La décision a été fondée sur les articles L. 731-1, L. 732-7 et R. 732-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet ayant justifié de l'absence de perspective raisonnable d'éloignement et de la nécessité de mesures de surveillance.
18/02/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2600198
Le Tribunal Administratif de Caen a examiné le recours en excès de pouvoir de M. C..., ressortissant algérien, contre l'arrêté du préfet du Calvados du 4 janvier 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de renvoi et prononçant une interdiction de retour d'un an. Le tribunal a rejeté l'ensemble des moyens soulevés par le requérant, notamment ceux tirés de l'incompétence du signataire, du défaut de motivation, de la méconnaissance du droit d'être entendu et de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. La solution retenue est le rejet de la requête, confirmant ainsi la légalité de l'arrêté préfectoral pris sur le fondement du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
11/02/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2600248
Le Tribunal Administratif de Caen a rejeté la requête de M. B..., ressortissant soudanais, contestant l'arrêté du préfet de l'Orne du 20 janvier 2026 lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de renvoi et prononçant une interdiction de retour de huit ans. Le tribunal a jugé que la décision d'éloignement ne méconnaissait pas l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, compte tenu de l'absence d'attaches familiales stables en France et de la menace pour l'ordre public que constituait le comportement du requérant. La décision fixant le pays de renvoi n'a pas été jugée contraire à l'article 3 de la même Convention, et l'interdiction de retour, fondée sur l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a été considérée comme proportionnée. En conséquence, l'ensemble des conclusions de la requête a été rejeté.
11/02/2026