mardi 23 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2400503 |
| Type | Décision |
| Publication | D |
| Formation | Autres délais-Etrangers-3 |
| Avocat requérant | HOURMANT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 23 février 2024, 19 mars et 22 mars 2024, M. A B, représenté par Me Hourmant, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 13 février 2024 par lequel le préfet du Calvados l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
3°) d'enjoindre au préfet du Calvados de lui délivrer une attestation de demandeur d'asile ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
Sur le refus de délivrance d'une attestation de demande d'asile :
- le préfet doit justifier de la compétence de l'auteur de l'acte ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- le préfet s'est cru, à tort, en situation de compétence liée en méconnaissance de l'article R. 521-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Sur l'obligation de quitter le territoire :
- elle est entachée d'un défaut d'examen complet de sa situation ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 521-7 et L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Sur l'octroi d'un délai de départ volontaire de 30 jours :
- il est pris en violations des dispositions de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Sur la décision fixant le pays de destination :
- elle méconnaît les articles 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Sur la décision interdisant le retour sur le territoire français pour une durée d'un an :
- elle porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale ;
- elle est prise en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 13 mars, 20 mars et 25 mars 2024, le préfet du Calvados conclut au rejet de la requête au motif qu'aucun des moyens n'est fondé.
Vu :
- l'arrêté attaqué ;
- la demande d'aide juridictionnelle du 22 février 2024 ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Par décision en date du 2 janvier 2024, la présidente du tribunal a désigné M. D conformément à l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative, pour statuer en qualité de juge du contentieux de l'éloignement sur les requêtes instruites selon les dispositions de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D,
- les observations de Me Bara-Carré substituant Me Hourmant, représentant M. B qui reprend les moyens et conclusions développés dans les écritures,
- et les précisions de M. B - qui s'exprime en français - sur son engagement en qualité de compagnon au sein d'Emmaüs.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, né le 28 décembre 1990, de nationalité soudanaise, est entré sur le territoire français le 1er novembre 2016 pour y demander l'asile. L'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté sa demande le 16 avril 2018, rejet confirmé par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 8 octobre 2019. L'OFPRA a également rejeté une première demande de réexamen le 22 novembre 2019, décision confirmée par la CNDA le 14 février 2020. Il a sollicité une seconde fois le réexamen de sa demande d'asile le 13 février 2024. Par l'arrêté contesté du même jour, le préfet du Calvados a refusé de lui délivrer une attestation de demande d'asile, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour en France pour une durée d'un an.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 portant application de cette loi : " () L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué. ".
3. M. B ayant déposé une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été statué, il y a lieu de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle en application des dispositions précitées.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté :
En ce qui concerne le refus de délivrance d'une attestation de demande d'asile :
4. Aux termes des dispositions de l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : () 2° Lorsque le demandeur : () c) présente une nouvelle demande de réexamen après le rejet définitif d'une première demande de réexamen (). Les dispositions du présent article s'appliquent sous réserve du respect des stipulations de l'article 33 de la convention de Genève du 28 juillet 1951, et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ". Selon les dispositions de l'article R. 521-10 du code précité : " Lorsque l'étranger se trouve dans le cas prévu aux c ou d du 2° de l'article L. 542-2, le préfet peut prendre à son encontre une décision de refus de délivrance de l'attestation de demande d'asile. ".
5. Il ressort des termes de la décision attaquée que M. B a présenté, le 18 novembre 2019, une première demande de réexamen de sa demande d'asile, demande qui a été rejetée par l'OFPRA pour irrecevabilité par une décision du 22 novembre 2019, confirmée par la CNDA le 14 février 2020. Le requérant a ensuite présenté une seconde demande de réexamen le 13 février 2024 en raison d'un conflit armé au Soudan ayant débuté en avril 2023. Ayant ainsi déposé une deuxième demande de réexamen après le rejet définitif de sa première demande de réexamen, il doit être regardé comme entrant dans les prévisions du c) du 2° de l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité. Le préfet pouvait, dès lors, refuser de lui délivrer une attestation de demande d'asile en vertu de l'article R. 521-10 du code précité sous réserve du respect des stipulations de l'article 33 de la convention de Genève du 28 juillet 1951, et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
6. Il résulte de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme que le juge interne, dans l'examen des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, doit se placer à la date à laquelle il statue afin de procéder à une évaluation ex nunc de la situation de l'étranger au regard du pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office (CEDH, 23 mars 2016, F.G. c. Suède, n° 43611/11, § 115 ).
7. Il ressort de la documentation publique et des décisions de la CNDA que depuis le 15 avril 2023, la situation sécuritaire s'est aggravée au Soudan et est devenue encore plus complexe du fait d'un nouveau conflit armé entre l'armée soudanaise et les Forces de soutien rapide (FSR). Ce conflit est l'aboutissement de plusieurs années de tensions et de rivalités entre deux composantes de l'appareil sécuritaire soudanais, surtout entre leurs chefs respectifs parvenus en même temps à la tête de l'Etat soudanais depuis la chute du président Omar el-Béchir en 2019 et tous deux à l'origine du coup d'Etat de 2021, le général Mohamed Hamdane Daglo, dit "C", à la tête des FSR et le général Abdel Fattah al-Burhan à la tête de l'armée (Forces armées soudanaises - FAS). Le conflit s'est étendu rapidement à de nombreuses régions du pays, notamment au Darfour. Les FAS assurent contrôler les sites stratégiques les plus importants tandis que les FSR restent bien implantées au Darfour et dans la capitale (où elles ont pris le contrôle de points stratégiques dans le centre de Khartoum et à l'aéroport), théâtre des combats les plus violents. Les trêves se succèdent mais sont violées aussitôt signées la plupart du temps. Par ailleurs, le 5 mai 2023, l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a sollicité les gouvernements à garder les frontières ouvertes aux Soudanais et à ne pas les renvoyer dans ce pays. Cette nouvelle position sur les retours du Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés appelle " les États d'asile à suspendre l'émission de décisions négatives sur les demandes de protection internationale par des ressortissants soudanais (). La suspension doit rester en place jusqu'à ce que la situation au Soudan se soit stabilisée et que des informations fiables sur la sécurité et situation des droits de l'homme soit disponible pour procéder à une évaluation complète de la nécessité d'accorder une protection internationale aux candidats individuels " (site du HCR l'agence des Nations Unies pour les réfugiés). De plus, il ressort de la décision classée de la Cour nationale du droit d'asile du 21 juillet 2023 (n°23009590) versée au dossier que l'Etat de Khartoum doit être regardé comme une situation de violence aveugle d'intensité exceptionnelle au sens des dispositions du 3° de l'article L. 512-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans un communiqué des Nations Unies du 2 février 2024, le Programme alimentaire mondial (PAM) estime que " la situation au Soudan aujourd'hui n'est rien de moins que catastrophique ", notant que près de 18 millions de personnes à travers le pays sont actuellement confrontées à une faim aiguë, et qu'est estimé à cinq millions le nombre de personnes souffrant d'une situation d'urgence due au conflit dans des régions telles que Khartoum ou celle du Darfour. Selon un rapport global publié le 23 février 2024 par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme, le conflit armé au Soudan a entraîné la mort de milliers de civils, le déplacement de millions de personnes, le pillage de biens et la conscription d'enfants, alors que les combats se sont étendus à de nouvelles régions du pays. Ce rapport décrit de multiples attaques aveugles menées par les Forces armées soudanaises et les Forces d'appui rapide dans des zones densément peuplées, y compris des sites abritant des personnes déplacées, en particulier dans la capitale Khartoum, ainsi que dans le Kordorfan et le Darfour, au cours des combats qui ont eu lieu entre avril et décembre 2023. Il mentionne des incidents dans la capitale Khartoum, où des dizaines de personnes ont été arrêtées et placées à l'extérieur, près des postes militaires des forces soudanaises, afin d'éviter les frappes aériennes. Justin Brady, le chef du bureau d'aide humanitaire des Nations Unies au Soudan, relève que le 14 avril 2024, un an après le début des affrontements entre factions armées rivales, le Soudan est toujours plongé dans une guerre dévastatrice, qui a fait près de 15.000 morts et abouti à 8 millions de civils en fuite, 25 millions de personnes ayant un besoin urgent d'assistance et qu'une famine menace. Il déclare que " Nos plus grandes préoccupations concernent les zones de conflit à Khartoum même et dans les États du Darfour ". Il rappelle que l'ensemble de la communauté humanitaire a été contrainte de quitter la capitale soudanaise quelques semaines seulement après le début des combats en raison de la situation sécuritaire désastreuse. Enfin, dans plusieurs décisions récentes de la CNDA, il a été jugé que la situation de conflit armé interne dans l'Etat de Khartoum engendre, pour tout civil devant y retourner ou y transiter nécessairement, une menace grave et individuelle contre sa vie ou sa personne en raison d'une violence qui peut s'étendre à des personnes sans considération de leur situation personnelle au sens des dispositions du 3° de l'article L. 512-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CNDA N° 22058158 12 mars 2024 ; n° 23054231 20 mars 2024).
8. Il ressort, par ailleurs, de la décision de la CNDA du 14 février 2020, n° 20001481, que le requérant est de nationalité soudanaise et originaire de Khartoum. Or, ainsi qu'il a été dit au point précédent, cette région a été jugée comme affectée par une situation de violence aveugle d'exceptionnelle intensité. L'existence d'un danger manifeste pour la vie de M. B au sens des stipulations de l'article 2 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que d'un risque personnel et actuel au sens des stipulations de l'article 3 est avéré. Dans ces conditions, le requérant qui invoquait un changement de circonstances de fait à la suite de ses demandes d'asile, est fondé à soutenir qu'en refusant de lui délivrer une attestation de demande d'asile, le préfet du Calvados a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnu les dispositions de l'article R. 521-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
9. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision du 13 février 2024 par laquelle le préfet du Calvados a refusé de lui délivrer une attestation de demande d'asile.
En ce qui concerne les autres décisions de l'arrêté :
10. Comme mentionné aux points 7 et 8, il ressort des informations et des documents publiés par l'agence des Nations Unies pour les réfugiés ainsi que des décisions récentes de la CNDA que la situation au Soudan est particulièrement instable et revêt un caractère de danger permanent et sérieux de mort pour la population civile sans qu'un civil ne soit spécifiquement ciblé et donc dans le cadre d'une violence aveugle notamment à Khartoum, situation aggravée par une insécurité alimentaire et sanitaire majeure. Dans ces conditions, M. B est fondé à soutenir que le préfet du Calvados a entaché sa décision d'un défaut d'examen complet de sa situation.
11. Il résulte de ce qui précède que l'obligation de quitter le territoire français doit être annulée, ainsi que par voie de conséquence les décisions accessoires octroyant un délai de départ, fixant le pays de renvoi et lui interdisant le retour pour une durée d'un an.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
12. Eu égard au motif d'annulation qu'il retient, le présent jugement implique nécessairement que le préfet du Calvados lui délivre une attestation de demande d'asile. Il y a lieu d'enjoindre au préfet d'y procéder dans un délai de huit jours à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés à l'instance :
13. M. B a été admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Hourmant, avocate de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Hourmant de la somme de 1 000 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. B, par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros sera versée à ce dernier.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'arrêté n°2024-A0053 du 13 février 2024 est annulé.
Article 3 : Il est enjoint au préfet du Calvados qu'il délivre à M. B une attestation de demande d'asile dans un délai de huit jours à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : L'Etat versera à Me Hourmant, avocate de M. B, la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que celle-ci renonce à la part contributive de l'Etat. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. B, la somme de 1 000 euros lui sera versée directement en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Hourmant et au préfet du Calvados.
Copie en sera transmise pour information au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Caen.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 avril 2024.
Le magistrat désigné,
signé
X. RIVIERE La greffière,
signé
N. BELLA
La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
D. Dubost
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2600622
Le Tribunal Administratif de Caen a rejeté les requêtes de M. E... A... visant à annuler un arrêté d'obligation de quitter le territoire français (OQTF) sans délai et un arrêté d'assignation à résidence. Le tribunal a estimé que le préfet du Calvados avait légalement fondé sa décision sur une menace à l'ordre public, justifiée par des infractions routières répétées (conduite sans permis), et que les conditions légales pour l'assignation à résidence étaient remplies. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), notamment ses articles L. 611-1 et L. 731-1.
13/03/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2600420
Le Tribunal administratif de Caen a rejeté la requête de M. B..., ressortissant algérien, qui contestait l'arrêté du préfet du Calvados du 26 janvier 2026 renouvelant son assignation à résidence pour 45 jours. Le juge a écarté le moyen tiré de l'exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français, déjà validée par un jugement du 9 janvier 2026, et a jugé que la demande d'asile de l'intéressé, enregistrée postérieurement à cette obligation, ne faisait pas obstacle à son assignation à résidence. La décision a été fondée sur les articles L. 731-1, L. 732-7 et R. 732-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet ayant justifié de l'absence de perspective raisonnable d'éloignement et de la nécessité de mesures de surveillance.
18/02/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2600198
Le Tribunal Administratif de Caen a examiné le recours en excès de pouvoir de M. C..., ressortissant algérien, contre l'arrêté du préfet du Calvados du 4 janvier 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de renvoi et prononçant une interdiction de retour d'un an. Le tribunal a rejeté l'ensemble des moyens soulevés par le requérant, notamment ceux tirés de l'incompétence du signataire, du défaut de motivation, de la méconnaissance du droit d'être entendu et de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. La solution retenue est le rejet de la requête, confirmant ainsi la légalité de l'arrêté préfectoral pris sur le fondement du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
11/02/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2600248
Le Tribunal Administratif de Caen a rejeté la requête de M. B..., ressortissant soudanais, contestant l'arrêté du préfet de l'Orne du 20 janvier 2026 lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de renvoi et prononçant une interdiction de retour de huit ans. Le tribunal a jugé que la décision d'éloignement ne méconnaissait pas l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, compte tenu de l'absence d'attaches familiales stables en France et de la menace pour l'ordre public que constituait le comportement du requérant. La décision fixant le pays de renvoi n'a pas été jugée contraire à l'article 3 de la même Convention, et l'interdiction de retour, fondée sur l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a été considérée comme proportionnée. En conséquence, l'ensemble des conclusions de la requête a été rejeté.
11/02/2026