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AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2402992

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2402992

mercredi 5 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2402992
TypeOrdonnance

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 novembre 2024, Mme B A demande au tribunal d'annuler une dette d'aides sociales dont le remboursement est demandé par la caisse d'allocations familiales de l'Orne ainsi qu'une dette correspondant à un indu de revenu de solidarité active.

Par une lettre du 14 novembre 2024, le tribunal a invité Mme A à régulariser sa requête, en application de l'article R. 411-1 du code de justice administrative, en lui adressant le formulaire mentionné à l'article R. 772-6 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. ".

2. Aux termes de l'article R. 411-1 de code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête () contient l'exposé des faits et moyens (). L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours " et aux termes de l'article R. 772-6 du même code, applicable en matière de contentieux sociaux : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 ".

3. Mme A indique que la caisse d'allocations familiales de l'Orne lui demande le remboursement de la somme de 11 184,57 euros. Il résulte du détail de la dette à rembourser, joint à sa requête, que la dette correspond à un indu de revenu de solidarité active, sur la période allant de septembre 2022 à février 2024, d'un montant de 8 887,88 euros ainsi qu'à un indu d'aide personnalisée au logement, sur la période de janvier 2023 à juin 2023, d'un montant de 1 193 euros. Il résulte également des pièces jointes à la requête que, par une décision du 26 juin 2024, le président du conseil départemental de l'Orne a suspendu les droits de Mme A au revenu de solidarité active au motif qu'elle n'avait pas envoyé ses déclarations trimestrielles de ressources. Mme A a alors contesté cette décision par courriels des 9 juillet 2024 et 20 octobre 2024, auxquels la caisse d'allocations familiales a répondu que le président du conseil départemental avait procédé à une nouvelle évaluation de ses revenus, ayant pour conséquence une diminution de la dette de 2 854,46 euros. Par un courrier du 4 septembre 2024, le président du conseil départemental de l'Orne a confirmé à Mme A l'erreur commise dans l'évaluation de ses ressources et que ses droits au revenu de solidarité active feraient l'objet d'une nouvelle décision. Par un courrier du 25 octobre 2024, Mme A a demandé à l'administration le reversement de l'intégralité du revenu de solidarité suspendu, soit la somme de 2 854,48 euros. Dans sa requête, Mme A, qui sollicite la " commission compétente ", fait valoir qu'elle est de bonne foi, que sa demande auprès du médiateur n'a pas abouti, que ses courriels concernant ses déclarations de ressources et le problème sur son espace sont restés sans réponse, qu'elle a soixante ans, qu'elle a créé une entreprise en juillet 2021, que son âge est un frein pour trouver un travail et que son prévisionnel réalisé en 2021 était en accord avec son avenir professionnel jusqu'à la décision de la caisse d'allocations familiales puisque la pérennité de son entreprise exige des investissements pour accroitre la santé financière de son entreprise. La requête de Mme A n'étant pas assortie de précisions suffisantes et ne comportant pas de moyen de fait ou droit de nature à remettre en cause le bien-fondé de la décision attaquée, au demeurant non précisément déterminée, elle a été invitée, par un courrier recommandé avec accusé de réception adressé le 14 novembre 2024, à expliciter et compléter sa demande par la production de documents ou d'éléments de nature à établir que la décision en litige serait susceptible de méconnaître ses droits et ce, dans un délai de quinze jours. Ce courrier comportait également la mention suivant laquelle la requête pourra être rejetée par ordonnance pour défaut ou insuffisance de motivation en l'absence de régularisation. La requérante, qui a réceptionné la demande de régularisation le 18 novembre 2024, n'a adressé aucune réponse au tribunal. Le tribunal n'étant pas en mesure de se prononcer sur le bien-fondé de la requête de Mme A, celle-ci doit être rejetée en application des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Copie en sera adressée pour information au département de l'Orne et à la caisse d'allocations familiales de l'Orne.

Fait à Caen, le 5 mars 2025.

La magistrate désignée

SIGNÉ

A. MACAUD

La République mande et ordonne au préfet de l'Orne en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

La greffière,

E. Bloyet

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