mardi 8 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2501012 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 mars 2025, Mme B A, représentée par Me Cacciapaglia, demande au juge des référés :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 3 février 2025 par laquelle le président du conseil départemental du Calvados a rejeté son recours gracieux contre un refus de délivrance d'un agrément d'assistante familiale ;
2°) d'enjoindre au département du Calvados de lui délivrer un agrément d'assistante familiale dans un délai de quinze jours à compter de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du département du Calvados la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur l'urgence :
- la décision attaquée compromet son avenir professionnel et sa stabilité financière ;
- privée de son agrément, elle perçoit actuellement des allocations de retour à l'emploi, qui sont par nature temporaires ;
- elle doit faire face à des charges mensuelles fixes de 2 877,65 euros.
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- le signataire de l'acte devra produire une délégation de signature précise et régulièrement publiée ;
- elle n'a pas eu connaissance des entretiens qu'elle a réalisés ; une seule visite a été effectuée à son domicile par les services en vue de son évaluation ; dès lors, la procédure suivie a méconnu l'article D. 421-4 du code de l'action sociale et des familles ;
- aucun des éléments présents à son dossier ne permet de fonder un refus d'agrément ; elle a exercé en tant qu'assistante maternelle de 2019 à 2023 et a accueilli des enfants aux parcours complexes, sans qu'aucun incident ne soit relevé ; elle a également été agréée en tant qu'assistante familiale en 2020 ; elle n'a commis aucune faute professionnelle dans le cadre de ses précédents accueils ; dès lors, le département a commis une erreur d'appréciation et a méconnu les dispositions des articles L. 421-3 et R. 421-3 du code de l'action sociale et des familles.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". En vertu de l'article L. 522-3 de ce code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation de la requérante ou aux intérêts qu'elle entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par la requérante, si les effets de celle-ci sur la situation de cette dernière ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
3. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'exécution de la décision en litige, la requérante fait valoir que le refus d'agrément compromet son avenir professionnel ainsi que sa stabilité financière, qu'elle perçoit actuellement des allocations de retour à l'emploi et qu'elle doit faire face à des charges mensuelles fixes de 2 877,65 euros. Toutefois, Mme A ne donne aucune information sur la situation patrimoniale du foyer et ne justifie pas être dans l'impossibilité de trouver un autre emploi. Compte tenu de ces éléments, la condition d'urgence ne peut pas être considérée comme remplie en l'espèce. Par suite, la requête de Mme A doit être rejetée dans toutes ses conclusions selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Fait à Caen, le 8 avril 2025.
Le juge des référés,
Signé
F. C
Pour expédition conforme,
La greffière,
E. LEGRAND