vendredi 11 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2501062 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 avril 2025, M. A C, représenté par Me Ndiaye, demande au juge des référés :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 21 février 2025 par lequel le préfet du Calvados a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de huit mois ;
2°) d'enjoindre au préfet du Calvados de lui restituer son permis de conduire dans un délai de quarante-huit heures ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 960 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur l'urgence :
- il est titulaire d'un contrat de travail à durée indéterminée en qualité de marbrier ouvrier polyvalent ;
- il réside chez ses parents à 60 kilomètres de son lieu de travail ;
- son épouse ne travaille pas et ils ont un enfant né le 17 janvier 2025.
Sur le doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées :
- lors du prélèvement salivaire faisant suite au test positif, aucun prélèvement sanguin n'a été effectué, de sorte que la contre-expertise demandée ne pouvait pas être réalisée faute de prélèvement sanguin ;
- l'officier de police judiciaire qui a diligenté l'enquête pénale a ainsi commis une irrégularité qui le prive irrémédiablement de son droit à contre-analyse.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". En vertu de l'article L. 522-3 de ce code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre, qu'il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications apportées par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. La condition d'urgence s'apprécie objectivement et globalement au regard de l'intérêt du demandeur mais aussi de l'intérêt public et notamment, s'agissant d'une décision d'invalidation d'un permis de conduire, des exigences liées à la protection de la sécurité routière.
3. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'exécution de l'arrêté préfectoral suspendant la validité de son permis de conduire pour une durée de huit mois, le requérant fait valoir qu'il est titulaire d'un contrat de travail à durée indéterminée en qualité de marbrier ouvrier polyvalent, qu'il réside chez ses parents à 60 kilomètres de son lieu de travail, qu'il est père d'un enfant né le 17 janvier 2025 et que son épouse ne travaille pas. Il ressort de la lecture de l'arrêté attaqué que M. C a fait l'objet le 18 février 2025 d'une mesure de rétention de son permis de conduire en raison d'une conduite sous l'emprise de stupéfiants. Dans ces conditions, les circonstances invoquées doivent céder devant les exigences de protection de la sécurité routière établies en faveur de l'intérêt général. Dès lors, la condition d'urgence, qui doit s'apprécier objectivement et globalement, ne peut pas être considérée comme remplie en l'espèce. Par suite, la requête de M. C doit être rejetée en toutes ses conclusions selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C.
Fait à Caen, le 11 avril 2025.
Le juge des référés,
Signé
F. B
Pour expédition conforme,
La greffière,
E. LEGRAND