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AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2600137

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2600137

lundi 2 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2600137
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Caen, statuant par ordonnance, a rejeté la requête de Mme B... dirigée contre France Travail concernant le versement de l'allocation d'aide au retour à l'emploi et le remboursement d'un trop-perçu. La juridiction a estimé que ce litige, relatif aux prestations d'assurance chômage servies par France Travail, relevait manifestement de la compétence de la juridiction judiciaire, conformément aux articles L. 5312-1 et L. 5312-12 du code du travail. En conséquence, la requête a été rejetée pour incompétence de la juridiction administrative sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 13, 14 et 15 janvier 2026 et le 10 février 2026, Mme A... B... demande au tribunal :

1°) de condamner France Travail à lui verser une somme de 3 000 euros en réparation des préjudices subis du fait de l’absence de versement de l’allocation d’aide au retour à l’emploi ;

2°) d’ordonner à France Travail de rembourser intégralement des sommes indûment versées au titre d’un trop-perçu de 2018 prescrit ;

3°) de dire que les agissements de France Travail constituent un abus de pouvoir ;

4°) de mettre les dépens à la charge de France Travail Normandie.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : / (…) / 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative ; / (…) ».

2. Par ailleurs, aux termes de l’article L. 5312-1 du code du travail : « Une institution nationale publique dotée de la personnalité morale et de l’autonomie financière a pour mission de : / (…) / 4° Assurer, pour le compte de l’organisme gestionnaire du régime d’assurance chômage, le service de l’allocation d’assurance et, pour le compte de l’Etat ou du fonds de solidarité prévu à l’article L. 5423-24, le service des allocations de solidarité prévues à la section 1 du chapitre III du titre II du livre IV de la présente partie, de la prime de retour à l’emploi mentionnée à l’article L. 5133-1 pour les bénéficiaires de l’allocation de solidarité spécifique, de la prime forfaitaire mentionnée à l’article L. 5425-3, des allocations mentionnées à l’article L. 5424-21 ainsi que de toute autre allocation ou aide dont l’Etat lui confierait le versement par convention (…) ». Aussi, aux termes de l’article L. 5312-12 du même code : « Les litiges relatifs aux prestations dont le service est assuré par l’institution, pour le compte de l’organisme chargé de la gestion du régime d’assurance chômage, de l’Etat ou du fonds de solidarité prévu à l’article L. 5423-24 sont soumis au régime contentieux qui leur était applicable antérieurement à la création de cette institution. ». Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux préparatoires de la loi du 13 février 2008 relative à la réforme de l'organisation du service public de l'emploi dont elles sont issues, que le législateur a souhaité que la réforme, qui s’est notamment caractérisée par la substitution de Pôle emploi, devenu France Travail, à l’Agence nationale pour l’emploi et aux associations pour l'emploi dans l'industrie et le commerce, reste sans incidence sur le régime juridique des prestations et sur la juridiction compétente pour connaître du droit aux prestations, notamment sur la compétence de la juridiction judiciaire s’agissant des prestations servies au titre du régime d’assurance chômage.

3. En l’espèce, Mme B... demande au tribunal de se prononcer sur un litige qui l’oppose à France Travail concernant ses droits à l’allocation d’aide au retour à l’emploi. Il résulte des dispositions citées au point 2 qu’il n’appartient qu’au juge judiciaire de connaître d’un tel recours formé contre France Travail dans le cadre de l’attribution et du service des allocations d’assurance chômage. Par suite, la requête de Mme B... se rapporte à un litige qui ne relève manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative de telle sorte qu’elle doit être rejetée en application des dispositions précitées du 2° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B... et à France Travail Normandie.

Fait à Caen, le 2 mars 2026.

La présidente de la 3ème chambre

SIGNÉ

A. MACAUD

La République mande et ordonne au ministre du travail et des solidarités en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme
La greffière


E. Bloyet

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