mardi 1 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2200924 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | FERRANDINI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 juillet 2022, M. A B, représenté par Me Ferrandini, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires à l'impôt sur le revenu, à la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus et aux prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2019 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le requérant soutient que :
- le montant d'acquisition des parts sociales qu'il a cédées en 2019 a été minoré par l'administration qui aurait dû ajouter les frais exposés pour procéder à cette acquisition ;
- les pénalités au taux de 40 % pour manquement délibéré n'auraient pas dû lui être appliquées en raison de sa bonne foi.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 janvier 2023, le directeur départemental des finances publiques de la Haute-Corse conclut au rejet de la requête et demande à titre subsidiaire qu'une pénalité de 10 % soit substituée à la majoration de 40 % dans l'hypothèse où le tribunal faisait droit à la contestation du requérant au regard de la pénalité de 40 % visée par l'article 1729 du code général des impôts. Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Nathalie Sadat, conseillère ;
- et les conclusions de Mme Pauline Muller, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a cédé les parts sociales qu'il détenait au sein de la SAS Acquarut. A la suite d'un contrôle sur pièces de ses déclarations de revenus, le pôle de contrôle des revenus et du patrimoine de Haute-Corse lui a adressé une proposition de rectification au titre de ses revenus 2019 en raison d'une omission de déclaration de plus-value de cessions de titres non cotés en appliquant des pénalités pour manquement délibéré. En dépit des contestations de l'intéressé, cette rectification a été maintenue et un rôle supplémentaire d'impôts sur le revenu et prélèvements sociaux au titre de l'année 2019 portant sur une somme de 166 852 euros a été mis en recouvrement le 30 septembre 2021. Par une réclamation contentieuse du 28 octobre 2021, M. B a demandé le dégrèvement partiel des sommes mises en recouvrement. Par une lettre du 19 mai 2022, l'administration a notifié une acceptation partielle de cette réclamation et dégrevé les sommes imposées au titre de l'année 2019 à hauteur d'un montant de 53 905 euros. M. B demande la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires à l'impôt sur le revenu, à la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus et aux prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2019.
Sur le bien-fondé de l'imposition :
2. Aux termes des dispositions de l'article 150-0 A du code général des impôts dans leur version applicable au litige : " 1. Sous réserve des dispositions propres aux bénéfices industriels et commerciaux, aux bénéfices non commerciaux et aux bénéfices agricoles ainsi que des articles 150 UB et 150 UC, les gains nets retirés des cessions à titre onéreux, effectuées directement, par personne interposée ou par l'intermédiaire d'une fiducie, de valeurs mobilières, de droits sociaux, de titres mentionnés au 1° de l'article 118 et aux 6° et 7° de l'article 120, de droits portant sur ces valeurs, droits ou titres ou de titres représentatifs des mêmes valeurs, droits ou titres, sont soumis à l'impôt sur le revenu () ". Aux termes de l'article 150-0 D du même code dans sa version applicable au litige : " 1. Les gains nets mentionnés au I de l'article 150-0 A sont constitués par la différence entre le prix effectif de cession des titres ou droits, net des frais et taxes acquittés par le cédant, et leur prix effectif d'acquisition par celui-ci diminué, le cas échéant, des réductions d'impôt effectivement obtenues dans les conditions prévues à l'article 199 terdecies-0 A, ou, en cas d'acquisition à titre gratuit, leur valeur retenue pour la détermination des droits de mutation () ". Enfin, aux termes de l'article 74-0 B de l'annexe II à ce code : " Le prix de cession et le prix d'acquisition définis au premier alinéa du 1 de l'article 150-0 D du code général des impôts comprennent toutes les charges et indemnités stipulées au profit du cédant ou d'un tiers, à quelque titre que ce soit, en rémunération de l'opération ".
3. Le requérant soutient que si l'administration a pris en compte un montant d'acquisition de ses parts sociales de 76 260 euros, cette somme a été minorée car il convient d'y intégrer les frais d'acquisition comprenant notamment la rémunération d'intermédiaires, des frais de souscription ainsi que les intérêts des emprunts souscrits pour réaliser l'opération d'acquisition. Toutefois, si comme le soutient le requérant, le prix d'acquisition des parts sociales peut être augmenté des frais et taxes acquittés à cette occasion qui peuvent être des intérêts correspondants à un emprunt souscrit pour l'acquisition, il lui incombe de fournir tous les éléments en sa possession relatifs à la détermination de ce prix. Or, en l'espèce, alors que l'administration s'est fondée sur plusieurs actes enregistrés au service de publicité foncière et d'enregistrement de Bastia et notamment sur la déclaration n° 2759 " cession de droits sociaux non constatée par un acte ", qui indiquent tous le même prix d'acquisition de 76 260 euros, le requérant ne produit aucun justificatif.
Sur les pénalités :
4. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré () ". Aux termes de l'article 195 A du livre des procédures fiscales : " En cas de contestation des pénalités fiscales appliquées à un contribuable au titre des impôts directs, de la taxe sur la valeur ajoutée et des autres taxes sur le chiffre d'affaires, des droits d'enregistrement, de la taxe de publicité foncière et du droit de timbre, la preuve de la mauvaise foi et des manœuvres frauduleuses incombe à l'administration ".
5. Pour justifier l'application des pénalités pour manquement délibéré, le service s'est fondé sur la circonstance que l'intéressé n'a porté sur sa déclaration de revenus qu'un montant total de 1 416 euros en omettant d'y mentionner la plus-value de 393 335 euros. Il s'est également fondé sur l'absence de déclaration de la plus-value réalisée au titre de la cession de parts sociales sur la déclaration annexe n° 2074 relative aux plus ou moins-values réalisées en 2019 ou sur la déclaration complémentaire n° 2042 C en indiquant que l'intéressé ne pouvait ignorer le montant exact de la plus-value réalisée au titre de la cession de ces parts sociales, cette plus-value ressortant des prix d'acquisition et de cession mentionnés dans la déclaration n° 2759 qu'il a renseignée. Par ailleurs, le service a pris en compte la circonstance que les parts étaient détenues au sein d'une société familiale. Pour arguer de sa bonne foi, le requérant se prévaut de l'existence d'une garantie de passif. Toutefois, il ne conteste pas ne pas avoir déclaré cette plus-value au titre de ses revenus alors qu'il a rempli le formulaire déclaratif n° 2759 et s'agissant de la garantie de passif, au sujet de laquelle il ne produit aucun élément, il ne se prévaut d'aucun texte qui prévoirait que l'échéance de la période couverte par cette garantie serait la date du fait générateur de l'impôt. Dans ces conditions, l'administration apporte la preuve qui lui incombe de l'intention délibérée de M. B d'éluder l'impôt.
6. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander la décharge des cotisations supplémentaires à l'impôt sur le revenu, à la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus et aux prélèvements sociaux assortis de pénalités auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2019. Sa requête doit donc être rejetée, y compris ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié M. A B et au directeur départemental des finances publiques de la Haute-Corse.
Délibéré après l'audience du 18 mars 2025, où siégeaient :
- M. Pierre Monnier, président ;
- M. Jan Martin, premier conseiller ;
- Mme Nathalie Sadat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er avril 2025.
La rapporteure,
signé
N. SADATLe président,
signé
P. MONNIER
La greffière,
signé
H. MANNONI
La République mande et ordonne ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
R. SAFFOUR
Tribunal Administratif de Montpellier — N° TA34-2502339
Le Tribunal Administratif de Montpellier a rejeté les requêtes de la SA Montpellier Rugby Club visant à obtenir la décharge de la cotisation foncière des entreprises (CFE) pour les années 2022 à 2024. Le tribunal a jugé que le club disposait bien, pour les besoins de son activité professionnelle, du contrôle et de l'utilisation matérielle du stade Yves du Manoir, mis à sa disposition par la métropole via des conventions d'occupation. Cette décision s'appuie sur les dispositions des articles 1467 et 1467 A du code général des impôts définissant l'assiette de la CFE.
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Le Tribunal Administratif de Montpellier a rejeté la requête d'un ressortissant marocain demandant l'annulation d'un arrêté préfectoral d'obligation de quitter le territoire français (OQTF). Le tribunal a jugé que l'absence d'information sur le recours suspensif lors de la notification était sans effet sur la légalité de l'acte, et que l'exclusion du pays de renvoi à un État de l'espace Schengen ne constituait pas une atteinte disproportionnée aux droits du requérant, qui séjournait irrégulièrement. La décision s'appuie sur les articles L. 721-3 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
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