mardi 17 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2200926 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | FERRANDINI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 28 juillet 2022, 3 avril 2023 et 20 novembre 2023, la SAS Mareco représentée par Me Ferrandini, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) le remboursement d'un crédit d'impôt pour investissement en Corse pour un montant de 64 698 euros, au titre de son exercice clos le 31 décembre 2020 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société requérante soutient que l'administration a fait une inexacte application des articles L. 324-1-1 et L. 324-3 du code du tourisme dès lors que les investissements qu'elle a réalisés ont permis la construction de chambres d'hôtes et non de meublés de tourisme.
Par des mémoires en défense enregistrés le 27 janvier 2023 et le 2 mai 2023 ainsi qu'un mémoire enregistré le 15 décembre 2023 et non communiqué, le directeur départemental des finances publiques de la Haute-Corse conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les logements ne correspondent pas à la définition de chambre d'hôte fixée par l'article L. 324-3 du code du tourisme, mais à celle de meublés de tourisme au sens de l'article L. 324-1-1 de ce code.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code du tourisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Nathalie Sadat ;
- et les conclusions de Mme Pauline Muller, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS Mareco qui a pour objet social l'hébergement touristique et autre hébergement de courte durée, a sollicité le bénéfice d'un crédit d'impôt pour investissement en Corse au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2020 à raison d'un montant de 64 697 euros correspondant à 30% du montant de travaux immobiliers d'un montant total de 215 659 euros.
2. Aux termes de l'article 244 quater E du code général des impôts dans sa version applicable au litige : " I. - 1° Les petites et moyennes entreprises relevant d'un régime réel d'imposition peuvent bénéficier d'un crédit d'impôt au titre des investissements, autres que de remplacement, financés sans aide publique pour 25 % au moins de leur montant, réalisés jusqu'au 31 décembre 2023 et exploités en Corse pour les besoins d'une activité industrielle, commerciale, artisanale, libérale ou agricole autre que : / a. la gestion ou la location d'immeubles lorsque les prestations ne portent pas exclusivement sur des biens situés en Corse, ainsi que l'exploitation de jeux de hasard et d'argent ; / a bis. la gestion et la location de meublés de tourisme situés en Corse () ".
3. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 324-1-1 du code du tourisme : " I.- Pour l'application du présent article, les meublés de tourisme sont des villas, appartements ou studios meublés, à l'usage exclusif du locataire, offerts à la location à une clientèle de passage qui n'y élit pas domicile et qui y effectue un séjour caractérisé par une location à la journée, à la semaine ou au mois. () ". Aux termes de l'article L. 324-3 du même code : " Les chambres d'hôtes sont des chambres meublées situées chez l'habitant en vue d'accueillir des touristes, à titre onéreux, pour une ou plusieurs nuitées, assorties de prestations. ". Et aux termes de l'article D. 324-13 de ce code : " L'activité de location de chambres d'hôtes mentionnée à l'article L. 324-3 est la fourniture groupée de la nuitée et du petit déjeuner. Elle est limitée à un nombre maximal de cinq chambres pour une capacité maximale d'accueil de quinze personnes. L'accueil est assuré par l'habitant. ".
4. Il résulte de l'instruction que, les logements loués par la SAS Mareco sont des appartements qui disposent d'au moins une chambre, d'un coin salon, d'une salle d'eau, d'un wc, d'une terrasse et d'une piscine privatives. Pour contester l'appréciation portée par l'administration, la requérante produit notamment une attestation de l'architecte du projet qui déclare que les logements loués et la résidence principale de la requérante disposent d'un seul accès sur la voie publique, mais également des plans de la construction, plusieurs avis de clients déposés sur la fiche entreprise du moteur de recherche google ou sur le site internet airbnb des logements ainsi qu'une réponse ministérielle. Toutefois, d'une part, la circonstance que les logements loués et la résidence principale disposent d'un seul accès sur une voie privée qui dessert la commune ne saurait sérieusement remettre en cause l'existence d'accès privatifs auxdits logements, cet élément ayant d'ailleurs été utilisé par la requérante, elle-même, pour faire la promotion de ses biens, celle-ci indiquant sur son site internet " des entrées sur deux niveaux différents ", ce qui est d'ailleurs confirmé par les plans produits. D'autre part, si la requérante conteste que les logements disposent d'un coin repas, les captures d'écran des sites internet des plateformes de location révèlent que chaque logement loué dispose d'un réfrigérateur, d'un four à microondes, de vaisselles et couverts, d'un congélateur, d'une bouilloire électrique, d'une cafetière, d'ustensiles de barbecue, d'une " plancha " et d'une table à manger ainsi que d'un espace de repas en plein air, la représentante de la SAS Mareco, exploitante desdits logements ayant d'ailleurs indiqué, en réponse au commentaire d'un client qui signalait aux voyageurs l'absence de cuisine, " Je rectifie quand même que la suite est équipée de cafetière, de bouilloire, grand frigo + grand congélateur, micro-ondes et également plancha () ". Enfin, dès lors que la circonstance que la qualification de chambres d'hôte n'empêche pas que ces logements soient situés dans un bâtiment annexe de la résidence de l'habitant, comme peuvent l'être les granges d'un corps de ferme, ne signifie pas que la localisation de logements meublés sur une parcelle propriété de la requérante soit suffisante pour recevoir cette qualification, en l'absence d'éléments justifiant que les clients sont accueillis chez l'habitant, alors au demeurant que la requérante ne justifie ni même n'allègue qu'elle accueillerait les clients dans sa résidence, la circonstance qu'elle propose un petit-déjeuner, du reste pris dans les logements et non à son domicile, s'avère insuffisante pour sérieusement contester l'appréciation portée par l'administration.
5. Il résulte de ce qui précède que la société requérante n'est pas fondée à demander le remboursement du crédit d'impôt pour investissement en Corse au titre des investissements qu'elle a réalisés au cours de son exercice clos le 31 décembre 2020. Par suite, ses conclusions au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ne sauraient être accueillies.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de la SAS MARECO est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SAS MARECO et au directeur départemental des finances publiques de la Haute-Corse.
Délibéré après l'audience du 3 décembre 2024, où siégeaient :
- Mme Anne Baux, présidente ;
- M. Jan Martin, premier conseiller ;
- Mme Nathalie Sadat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 décembre 2024.
La rapporteure,
Signé
N. SADATLa présidente,
Signé
A. BAUX
La greffière,
Signé
R. ALFONSI La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
M. B A
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**Solution rendue** : Le Conseil d'État rejette le pourvoi de la métropole du Grand Nancy. **Motif principal** : Aucun moyen sérieux n'est retenu, la cour administrative d'appel ayant correctement qualifié la voie d'accès d'équipement public et suffisamment motivé sa décision. **Portée** : Confirmation de la condamnation de la métropole à rembourser les frais de voirie et de signalisation imposés au pétitionnaire.
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