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AccueilJurisprudence administrativeN° TA20-2301253

Tribunal Administratif de Bastia — Décision N° TA20-2301253

vendredi 3 avril 2026

JuridictionTribunal Administratif de Bastia
SectionTribunal Administratif de Bastia
N° DossierTA20-2301253
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantGIANSILY

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bastia a rejeté la requête de Mme B... visant à annuler des ordres de recouvrer émis en 2023 pour récupérer des aides agricoles perçues indûment pour les campagnes 2015 et 2016. La juridiction a jugé que les ordres de recouvrer contestés étaient légalement fondés sur de nouvelles décisions de retrait prises en 2025, ce qui rendait sans objet les moyens soulevés contre l'ancienne décision de 2022. Le tribunal a également rejeté les conclusions en suppression de passages des mémoires et les demandes d'allocation de sommes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le n° 2301246, les 5 octobre 2023 et 28 novembre 2025, et des mémoires enregistrés les 8 et 29 décembre 2025 et non communiqués, Mme D... B..., représentée par Me Giansily, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d’annuler les ordres de recouvrer n° APCP20230002800, n° APCP20230002799, n° APCP20230002798 et n° APCP20230002797, émis le 3 juillet 2023, en vue de la récupération d’indus d’aides découplées paiement de base, paiement redistributif, paiement vert et d’aides couplées aux bovins allaitants pour la campagne 2015 ;

2°) de la décharger de la somme de 43 936,28 euros ;

3°) de prononcer la suppression de certains passages des mémoires en défense de l’Agence de services et de paiement sur le fondement de l’article L. 741-2 du code de justice administrative ;

4°) de mettre à la charge de l’Agence de services et de paiement la somme de 5 000 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- les ordres de recouvrer sont irréguliers faute de comporter les bases de liquidation de la créance dont ils assurent le recouvrement ;
- ils sont entachés d’incompétence, l’Agence de services et de paiement ne pouvait édicter les ordres de recouvrer en litige, une telle compétence relevant de l’Office du développement agricole et rural de la Corse ;
- le délai dont disposait l’administration pour récupérer les aides découplées et les aides couplées pour la campagne 2015 est prescrit, dès lors que le versement de ces aides datant de l’année 2015, l’administration ne pouvait procéder à la récupération de ces aides en 2023 ;
- les ordres de recouvrer en litige doivent être annulés par voie de conséquence de l’annulation par un jugement nos 2201590, 2201631, 2201632, 2201633 et 2201634 du 11 février 2025 du tribunal administratif de Bastia de la décision du 25 octobre 2022 portant retrait des aides découplées et des aides couplées pour la campagne 2015 ;
- les ordres de recouvrer sont illégaux par voie d’exception d’illégalité de la décision du 25 octobre 2022, aux motifs :
qu’elle est entachée d’incompétence ;
qu’elle n’a pas été précédée d’une procédure contradictoire, en méconnaissance des dispositions de l’article L. 121-1 du code des relations entre le public et l’administration ;
que le délai dont disposait l’administration pour récupérer les aides découplées et les aides couplées pour la campagne 2015 est prescrit, le versement de ces aides datant de l’année 2015 et l’administration ne pouvant procéder à la récupération de ces aides en 2022 ;
qu’elle méconnaît l’article L. 242-1 du code des relations entre le public et l’administration ;
qu’elle procède à une inexacte application des dispositions de l’article 4 du règlement (UE) n° 1307/2013 du Parlement européen et du Conseil du 17 décembre 2013 ;
qu’elle procède à une inexacte application de l’article 60 du règlement (UE) n° 1306/2013 du Parlement européen et du Conseil du 17 décembre 2013 et de l’article L. 341-3 du code rural et de la pêche maritime ;
qu’elle méconnaît le considérant 24 du règlement n° 1782/2003 du Conseil du 29 septembre 2003 ;
qu’elle est entachée d’un détournement de pouvoir.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 14 novembre et 15 décembre 2025, l’Agence de services et de paiement conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge de Mme B... en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- les ordres de recouvrer sont légalement fondés sur de nouvelles décisions de retrait du 5 août 2025 et du 17 juin 2025 ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par un mémoire, enregistré le 29 février 2024 et non communiqué, le préfet de la Haute-Corse conclut à sa mise hors de cause, dès lors qu’il n’est pas compétent pour défendre les intérêts de l’Etat dans cette instance.



II. Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le n° 2301247, les 5 octobre 2023 et 28 novembre 2025, et des mémoires enregistrés les 8 et 29 décembre 2025 et non communiqués, Mme D... B..., représentée par Me Giansily, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) d’annuler les ordres de recouvrer n° APCP20230001153, n° APCP20230001152, n° APCP20230001151 et n° APCP20230001150, émis le 14 juin 2023, en vue de la récupération d’indus d’aides découplées paiement de base, paiement redistributif, paiement vert et d’aides couplées aux bovins allaitants pour la campagne 2016 ;

2°) de la décharger de la somme de 38 547,01 euros ;

3°) de prononcer la suppression de certains passages des mémoires en défense de l’Agence de services et de paiement sur le fondement de l’article L. 741-2 du code de justice administrative ;

4°) de mettre à la charge de l’Agence de services et de paiement la somme de 5 000 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- les ordres de recouvrer sont irréguliers faute de comporter les bases de liquidation de la créance dont ils assurent le recouvrement ;
- ils sont entachés d’incompétence, l’Agence de services et de paiement ne pouvait édicter les ordres de recouvrer en litige, une telle compétence relevant de l’Office du développement agricole et rural de la Corse ;
- le délai dont disposait l’administration pour récupérer les aides découplées et les aides couplées pour la campagne 2016 est prescrit, le versement de ces aides datant de l’année 2016 et l’administration ne pouvant procéder à la récupération de ces aides en 2023 ;
- les ordres de recouvrer en litige doivent être annulés par voie de conséquence de l’annulation par un jugement nos 2201590, 2201631, 2201632, 2201633 et 2201634 du 11 février 2025 du tribunal administratif de Bastia de la décision du 25 octobre 2022 portant retrait des aides découplées et des aides couplées pour la campagne 2016 ;
- les ordres de recouvrer sont illégaux par voie d’exception d’illégalité de la décision du 25 octobre 2022, aux motifs :
qu’elle est entachée d’incompétence ;
qu’elle n’a pas été précédée d’une procédure contradictoire, en méconnaissance des dispositions de l’article L. 121-1 du code des relations entre le public et l’administration ;
que le délai dont disposait l’administration pour récupérer les aides découplées et les aides couplées pour la campagne 2016 est prescrit, le versement de ces aides datant de l’année 2016, l’administration ne pouvait procéder à la récupération de ces aides en 2022 ;
qu’elle méconnaît l’article L. 242-1 du code des relations entre le public et l’administration ;
qu’elle procède à une inexacte application des dispositions de l’article 4 du règlement (UE) n° 1307/2013 du Parlement européen et du Conseil du 17 décembre 2013 ;
qu’elle procède à une inexacte application de l’article 60 du règlement (UE) n° 1306/2013 du Parlement européen et du Conseil du 17 décembre 2013 et de l’article L. 341-3 du code rural et de la pêche maritime ;
qu’elle méconnaît le considérant 24 du règlement n° 1782/2003 du Conseil du 29 septembre 2003 ;
qu’elle est entachée d’un détournement de pouvoir.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 15 novembre et 15 décembre 2025, l’Agence de services et de paiement conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge de Mme B... en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- les ordres de recouvrer sont légalement fondés sur des nouvelles décisions de retrait du 5 août 2025 et du 17 juin 2025 ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par un mémoire, enregistré le 29 février 2024 et non communiqué, le préfet de la Haute-Corse conclut à sa mise hors de cause, dès lors qu’il n’est pas compétent pour défendre dans cette instance.


III. Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le n° 2301253, les 6 octobre 2023 et 28 novembre 2025, et des mémoires enregistrés les 8 et 29 décembre 2025 et non communiqués, Mme D... B..., représentée par Me Giansily, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) d’annuler les ordres de recouvrer n° APCP20230000158, n° APCP20230000159, n° APCP20230000160 et n° APCP20230000161, émis le 26 avril 2023, en vue de la récupération d’indus d’aides découplées paiement de base, paiement redistributif, paiement vert et d’aides couplées aux bovins allaitants pour la campagne 2017 ;

2°) de la décharger de la somme de 36 259,24 euros ;

3°) de prononcer la suppression de certains passages des mémoires en défense de l’Agence de services et de paiement sur le fondement de l’article L. 741-2 du code de justice administrative ;

4°) de mettre à la charge de l’Agence de services et de paiement la somme de 5 000 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- les ordres de recouvrer sont irréguliers faute de comporter les bases de liquidation de la créance dont ils assurent le recouvrement ;
- ils sont entachés d’incompétence, l’Agence de services et de paiement ne pouvait édicter les ordres de recouvrer en litige, une telle compétence relevant de l’Office du développement agricole et rural de la Corse ;
- le délai dont disposait l’administration pour récupérer les aides découplées et les aides couplées pour la campagne 2017 est prescrit, le versement de ces aides datant de l’année 2017, l’administration ne pouvait procéder à la récupération de ces aides en 2023 ;
- les ordres de recouvrer en litige doivent être annulés par voie de conséquence de l’annulation par un jugement nos 2201590, 2201631, 2201632, 2201633 et 2201634 du 11 février 2025 du tribunal administratif de Bastia de la décision du 25 octobre 2022 portant retrait des aides découplées et des aides couplées pour la campagne 2017 ;
- les ordres de recouvrer sont illégaux par voie d’exception d’illégalité de la décision du 25 octobre 2022, aux motifs :
qu’elle est entachée d’incompétence ;
qu’elle n’a pas été précédée d’une procédure contradictoire, en méconnaissance des dispositions de l’article L. 121-1 du code des relations entre le public et l’administration ;
que le délai dont disposait l’administration pour récupérer les aides découplées et les aides couplées pour la campagne 2017 est prescrit, le versement de ces aides datant de l’année 2017, l’administration ne pouvait procéder à la récupération de ces aides en 2022 ;
qu’elle méconnaît l’article L. 242-1 du code des relations entre le public et l’administration ;
qu’elle procède à une inexacte application des dispositions de l’article 4 du règlement (UE) n° 1307/2013 du Parlement européen et du Conseil du 17 décembre 2013 ;
qu’elle procède à une inexacte application de l’article 60 du règlement (UE) n° 1306/2013 du Parlement européen et du Conseil du 17 décembre 2013 et de l’article L. 341-3 du code rural et de la pêche maritime ;
qu’elle méconnaît le considérant 24 du règlement n° 1782/2003 du Conseil du 29 septembre 2003 ;
qu’elle est entachée d’un détournement de pouvoir.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 15 novembre et 15 décembre 2025, l’Agence de services et de paiement conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge de Mme B... en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- les ordres de recouvrer sont légalement fondés sur de nouvelles décisions de retrait du 5 août 2025 et du 17 juin 2025 ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par un mémoire, enregistré le 29 février 2024 et non communiqué, le préfet de la Haute-Corse conclut à sa mise hors de cause, dès lors qu’il n’est pas compétent pour défendre dans cette instance.



IV. Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le n° 2301256, les 6 octobre 2023, 3 juin et 28 novembre 2025, et des mémoires enregistrés les 8 et 29 décembre 2025 et non communiqués, Mme D... B..., représentée par Me Giansily, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) d’annuler les ordres de recouvrer n° APCP20231160806, n° APCP20231160807, n° APCP20231160808 et n° APCP20231160809, émis le 29 mars 2023, en vue de la récupération d’indus d’aides découplées paiement de base, paiement redistributif, paiement vert et d’aides couplées aux bovins allaitants pour la campagne 2018 ;

2°) de la décharger de la somme de 29 220,46 euros ;
3°) de prononcer la suppression de certains passages des mémoires en défense de l’Agence de services et de paiement sur le fondement de l’article L. 741-2 du code de justice administrative ;

4°) de mettre à la charge de l’Agence de services et de paiement la somme de 5 000 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- les ordres de recouvrer sont irréguliers faute de comporter les bases de liquidation de la créance dont ils assurent le recouvrement ;
- ils sont entachés d’incompétence, l’Agence de services et de paiement ne pouvait édicter les ordres de recouvrer en litige, une telle compétence relevant de l’Office du développement agricole et rural de la Corse ;
- le délai dont disposait l’administration pour récupérer les aides découplées et les aides couplées pour la campagne 2018 est prescrit, le versement de ces aides datant de l’année 2018, l’administration ne pouvait procéder à la récupération de ces aides en 2023 ;
- les ordres de recouvrer en litige doivent être annulés par voie de conséquence de l’annulation par un jugement nos 2201590, 2201631, 2201632, 2201633 et 2201634 du 11 février 2025 du tribunal administratif de Bastia de la décision du 25 octobre 2022 portant retrait des aides découplées et des aides couplées pour la campagne 2018 ;
- les ordres de recouvrer sont illégaux par voie d’exception d’illégalité de la décision du 25 octobre 2022 aux motifs :
qu’elle est entachée d’incompétence ;
qu’elle n’a pas été précédée d’une procédure contradictoire, en méconnaissance des dispositions de l’article L. 121-1 du code des relations entre le public et l’administration ;
que le délai dont disposait l’administration pour récupérer les aides découplées et les aides couplées pour la campagne 2018 est prescrit, le versement de ces aides datant de l’année 2018, l’administration ne pouvait procéder à la récupération de ces aides en 2022 ;
qu’elle méconnaît l’article L. 242-1 du code des relations entre le public et l’administration ;
qu’elle procède à une inexacte application des dispositions de l’article 4 du règlement (UE) n° 1307/2013 du Parlement européen et du Conseil du 17 décembre 2013 ;
qu’elle procède à une inexacte application de l’article 60 du règlement (UE) n° 1306/2013 du Parlement européen et du Conseil du 17 décembre 2013 et de l’article L. 341-3 du code rural et de la pêche maritime ;
qu’elle méconnaît le considérant 24 du règlement n° 1782/2003 du Conseil du 29 septembre 2003 ;
qu’elle est entachée d’un détournement de pouvoir.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 15 novembre et 15 décembre 2025, l’Agence de services et de paiement conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge de Mme B... en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- les ordres de recouvrer sont légalement fondés sur de nouvelles décisions de retrait du 5 août 2025 et du 17 juin 2025 ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par un mémoire, enregistré le 29 février 2024 et non communiqué, le préfet de la Haute-Corse conclut à sa mise hors de cause, dès lors qu’il n’est pas compétent pour défendre dans cette instance.


V. Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le n° 2301257, les 6 octobre 2023 et 28 novembre 2025, et des mémoires enregistrés les 8 et 29 décembre 2025 et non communiqués, Mme D... B..., représentée par Me Giansily, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d’annuler les ordres de recouvrer n° APCP20231030145, n° APCP20231030147 et n° APCP20231030148, émis le 15 février 2023, en vue de la récupération d’indus d’aides découplées paiement de base, paiement redistributif et paiement vert pour la campagne 2019 ;

2°) de la décharger de la somme de 16 635,91 euros ;

3°) de prononcer la suppression de certains passages des mémoires en défense de l’Agence de services et de paiement sur le fondement de l’article L. 741-2 du code de justice administrative ;

4°) de mettre à la charge de l’Agence de services et de paiement la somme de 5 000 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- les ordres de recouvrer sont irréguliers faute de comporter les bases de liquidation de la créance dont ils assurent le recouvrement ;
- ils sont entachés d’incompétence, l’Agence de services et de paiement ne pouvait édicter les ordres de recouvrer en litige, une telle compétence relevant de l’Office du développement agricole et rural de la Corse ;
- le délai dont disposait l’administration pour récupérer les aides découplées pour la campagne 2019 est prescrit, le versement de ces aides datant de l’année 2019, l’administration ne pouvait procéder à la récupération de ces aides en 2023 ;
- les ordres de recouvrer en litige doivent être annulés par voie de conséquence de l’annulation par un jugement du tribunal nos 2201590, 2201631, 2201632, 2201633 et 2201634 du 11 février 2025 du tribunal administratif de Bastia de la décision du 25 octobre 2022 portant retrait des aides découplées pour la campagne 2019 ;
- les ordres de recouvrer sont illégaux par voie d’exception d’illégalité de la décision du 25 octobre 2022 aux motifs :
qu’elle est entachée d’incompétence ;
qu’elle n’a pas été précédée d’une procédure contradictoire, en méconnaissance des dispositions de l’article L. 121-1 du code des relations entre le public et l’administration ;
qu’elle méconnaît l’article L. 242-1 du code des relations entre le public et l’administration ;
qu’elle procède à une inexacte application des dispositions de l’article 4 du règlement (UE) n° 1307/2013 du Parlement européen et du Conseil du 17 décembre 2013 ;
qu’elle procède à une inexacte application de l’article 60 du règlement (UE) n° 1306/2013 du Parlement européen et du Conseil du 17 décembre 2013 et de l’article L. 341-3 du code rural et de la pêche maritime ;
qu’elle méconnaît le considérant 24 du règlement n° 1782/2003 du Conseil du 29 septembre 2003 ;
qu’elle est entachée d’un détournement de pouvoir.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 30 octobre et 15 décembre 2025, l’Agence de services et de paiement conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge de Mme B... en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- les ordres de recouvrer sont légalement fondés sur de nouvelles décisions de retrait du 5 août 2025 et du 17 juin 2025 ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par un mémoire, enregistré le 29 février 2024 et non communiqué, le préfet de la Haute-Corse conclut à sa mise hors de cause, dès lors qu’il n’est pas compétent pour défendre dans cette instance.


Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Doucet ;
- les conclusions de M. Halil, rapporteur public ;
- et les observations de Me Giansilly, représentant Mme B....

Considérant ce qui suit :

1. Mme B... a bénéficié d’aides découplées et d’aides couplées au titre des régimes de soutien relevant de la politique agricole commune pour les campagnes 2015 à 2018 et d’aides découplées au titre des régimes de soutien relevant de la politique agricole commune pour la campagne 2019. Par cinq décisions du 25 octobre 2022 portant « rejet des aides découplées, paiement de base, paiement redistributif, paiement vert, aides aux bovins allaitants », le préfet de la Haute-Corse a procédé au retrait des aides versées pour les campagnes 2015 à 2019. Par un jugement nos 2201590, 2201631, 2201632, 2201633 et 2201634 du 11 février 2025, le tribunal administratif de Bastia a annulé ces cinq décisions. L’Agence de services et de paiement a émis, le 3 juillet 2023 pour la campagne 2015, le 14 juin 2023 pour la campagne 2016, le 26 avril 2023 pour la campagne 2017, le 29 mars 2023 pour la campagne 2018 et le 15 février 2023 pour la campagne 2019, dix-neuf ordres de recouvrer correspondant aux indus d’aides versées à Mme B... durant l’ensemble de ces campagnes. Par les présentes requêtes, Mme B... demande l’annulation de ces ordres de recouvrer et la décharge des montants correspondants.

2. Les requêtes n° 2301246, n° 2301247, n° 2301253, n° 2301256 et n° 2301257 présentées par Mme B... présentent à juger les mêmes questions et ont fait l’objet d’une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur la fin de non-recevoir tirée de l’irrecevabilité des mémoires en défense de l’Agence de services et de paiement :

3. Si Mme B... soutient que la signataire des mémoires en défense dans les présentes instances ne justifie pas d’une délégation de signature l’autorisant à représenter l’Agence de services et de paiement en justice, l’arrêté n° 2019/24/PDG du 14 février 2019 du président-directeur général de l’Agence de services et de paiement, publié le 21 février suivant au bulletin officiel du Ministère de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire, donne compétence à Mme E... C... pour « signer les mémoires contentieux ». Par suite, Mme B... n’est pas fondée à soutenir que les écritures en défense présentées par l’Agence de services et de paiement seraient irrecevables.

Sur les conclusions à fin d’annulation et de décharge :

4. En raison des effets qui s’y attachent, l’annulation pour excès de pouvoir d’un acte administratif, qu’il soit ou non réglementaire, emporte, lorsque le juge est saisi de conclusions recevables, l’annulation par voie de conséquence des décisions administratives consécutives qui n’auraient pu légalement être prises en l’absence de l’acte annulé ou qui sont en l’espèce intervenues en raison de l’acte annulé. Il en va ainsi, notamment, des décisions qui ont été prises en application de l’acte annulé et de celles dont l’acte annulé constitue la base légale.

5. En l’espèce, il est constant que les décisions du 25 octobre 2022 constituaient la base légale des ordres de recouvrer en litige. Or, ces décisions ont été annulées par un jugement nos 2201590, 2201631, 2201632, 2201633 et 2201634 du 11 février 2025 du tribunal administratif de Bastia. Si l’Agence de services et de paiement sollicite en défense une « substitution de base légale », faisant valoir que les décisions annulées ont été remplacées, en exécution de l’injonction tendant au réexamen prononcée par le tribunal dans son jugement précité du 11 février 2025, par de nouvelles décisions de retrait des 17 juin et 5 août 2025 du préfet de la Haute-Corse, ces actes ne peuvent entrer en vigueur que pour l’avenir en vertu du principe de non-rétroactivité des actes administratifs et ne pouvaient donc, à la date d’émission des ordres de recouvrer en litige, fonder les indus qu’ils recouvrent. Ainsi, il y a lieu d’annuler les ordres de recouvrer attaqués, par voie de conséquence de l’annulation des décisions qui en constituaient le fondement légal.

6. Il résulte de ce qui précède, sans qu’il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que Mme B... est fondée à demander l’annulation des ordres de recouvrer en litige et, eu égard au motif d’annulation retenu, la décharge de la somme totale de 164 598,90 euros.

Sur les conclusions présentées au titre de l’article L. 741-2 du code de justice administrative :

7. En vertu des dispositions de l’article 41 de la loi du 29 juillet 1881 reproduites à l’article L. 741-2 du code de justice administrative, les tribunaux administratifs peuvent, dans les causes dont ils sont saisis, prononcer, même d’office, la suppression des écrits injurieux, outrageants ou diffamatoires.

8. Les passages des mémoires en défense de l’Agence de services et de paiement débutant par « Cette agression physique » et se terminant par « au comportement des consorts A... et B... », commençant par « Au mépris de son devoir de prudence » et se terminant par « mes observations exposées supra », dont la suppression est demandée par Mme B..., n’excèdent pas le droit à la libre discussion et ne présentent pas un caractère injurieux ou outrageant. Les conclusions tendant à leur suppression doivent, par suite, être rejetées.

9. En revanche, les passages des mémoires de l’Agence de services et de paiement commençant par « Le conseil de » et se terminant par « d’éviter l’engorgement du tribunal » et commençant par « J’observe que le conseil de » et se terminant par « pour la manifestation de la vérité » excèdent le droit à la libre discussion et présentent un caractère injurieux à l’encontre du conseil de Mme B.... Par suite, il y a lieu d’en prononcer la suppression.

Sur les frais liés aux litiges :

10. Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme B..., qui n’est pas la partie perdante dans les présentes instances, la somme que l’Agence de services et de paiement demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

11. Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l’Agence de services et de paiement la somme globale de 2 500 euros au titre des frais exposés par Mme B... dans les présentes instances et non compris dans les dépens.


D E C I D E :


Article 1er : Les ordres de recouvrer n° APCP20230002800, n° APCP20230002799, n° APCP20230002798 et n° APCP20230002797, émis le 3 juillet 2023, n° APCP20230001153, n° APCP20230001152, n° APCP20230001151 et n° APCP20230001150, émis le 14 juin 2023, n° APCP20230000158, n° APCP20230000159, n° APCP20230000160 et n° APCP20230000161, émis le 26 avril 2023, n° APCP20231160806, n° APCP20231160807, n° APCP20231160808 et n° APCP20231160809, émis le 29 mars 2023, n° APCP20231030145, n° APCP20231030147 et n° APCP20231030148, émis le 15 février 2023, sont annulés.

Article 2 : Mme B... est déchargée de la somme de 164 598,90 euros

Article 3 : Les passages des mémoires de l’Agence de services et de paiement, enregistrés les 30 octobre, 14, 15 novembre et 15 décembre 2025, tels que mentionnés au point 9 du présent jugement sont supprimés.

Article 4 : L’Agence de services et de paiement versera à Mme B... la somme globale de 2 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme D... B... et à l’Agence de services et de paiement.

Copie en sera adressée au préfet de la Haute-Corse et à la ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire.

Délibéré après l’audience du 20 mars 2026, à laquelle siégeaient :

Mme Castany, présidente ;
M. Carnel, conseiller ;
Mme Doucet, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 avril 2026.

La rapporteure,

Signé

A. Doucet
La présidente,

Signé

C. Castany
La greffière,

Signé
H. Celik


La République mande et ordonne à la ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,

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