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AccueilJurisprudence administrativeN° TA20-2500256

Tribunal Administratif de Bastia — Décision N° TA20-2500256

jeudi 13 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Bastia
SectionTribunal Administratif de Bastia
N° DossierTA20-2500256
TypeDécision
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Bastia, statuant en référé, a suspendu l'exécution d'un permis de construire délivré par le maire de San-Nicolao pour une maison individuelle située en zone A du PLU. Saisi par le préfet de la Haute-Corse sur le fondement de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, le juge a estimé que les moyens tirés de la méconnaissance du règlement de la zone A et de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme étaient propres à créer un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté. En revanche, le moyen relatif au PADDUC n'a pas été retenu. La suspension est ordonnée jusqu'à ce que le tribunal statue au fond sur la demande d'annulation.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un déféré, enregistré le 18 février 2025, le préfet de la Haute-Corse demande au juge des référés, sur le fondement du troisième alinéa de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, de suspendre l'exécution de l'arrêté en date du 30 septembre 2024 par lequel le maire de San-Nicolao a délivré à Mme A B un permis de construire une maison individuelle avec garage sur la parcelle cadastrée section B n° 686 située au lieudit " Vangali ".

Le préfet soutient que :

- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions applicables à la zone A du règlement du plan local d'urbanisme de 2006 ;

- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme ;

- le projet méconnaît le plan d'aménagement et de développement durable de la Corse (PADDUC) en ce qu'il se situe dans les espaces stratégiques agricoles.

Vu :

- la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Pierre Monnier, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés présentées sur le fondement du livre V du code de justice administrative ;

- le déféré, enregistré sous le n° 2500257, par lequel le préfet de la Haute-Corse demande l'annulation de l'arrêté dont la suspension est demandée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 13 mars 2025 à 10 heures.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Hélène Nicaise, greffière d'audience, M. Pierre Monnier a lu son rapport et ont été entendues les observations de Mme C pour le préfet de la Haute-Corse.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Le préfet de la Haute-Corse demande au juge des référés, sur le fondement du troisième alinéa de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, de suspendre l'exécution de l'arrêté en date du 30 septembre 2024 par lequel le maire de San-Nicolao a délivré à Mme A B un permis de construire une maison individuelle avec garage sur la parcelle cadastrée section B n° 686, située au lieudit " Vangali ".

2. Aux termes de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, auquel renvoie l'article L. 554-1 du code de justice administrative : " Le représentant de l'Etat dans le département défère au tribunal administratif les actes mentionnés à l'article L. 2131-2 qu'il estime contraires à la légalité dans les deux mois suivant leur transmission. / () / Le représentant de l'Etat peut assortir son recours d'une demande de suspension. Il est fait droit à cette demande si l'un des moyens invoqués paraît, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'acte attaqué () ".

En l'état de l'instruction, les moyens tirés de ce que l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions applicables à la zone A du règlement du plan local d'urbanisme de 2006 ainsi que les dispositions des articles L. 121-8 du code de l'urbanisme sont de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté déféré. En revanche, pour l'application des dispositions de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, le dernier moyen du préfet n'est pas de nature à faire naître un tel doute. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'ordonner la suspension de l'exécution de cet arrêté.

O R D O N N E :

Article 1er : L'exécution de l'arrêté du maire de San-Nicolao en date du 30 septembre 2024 est suspendue.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au préfet de la Haute-Corse, à la commune de San-Nicolao, et à Mme A B.

Copie en sera transmise au ministre de la transition écologique et de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche.

Fait à Bastia, le 13 mars 2025.

Le juge des référés,

Signé

P. MONNIER

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Corse, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Signé

H. NICAISE

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