lundi 17 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2500335 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | Référés |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 février 2025, M. A B, représenté par Me Pintrel, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 février 2025 par lequel le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud a procédé au retrait de son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il n'a pas cumulé une durée de présence sur le territoire français de plus de six mois, mais seulement, au total et en tenant compte de ses deux séjours sur le territoire français, une durée de 80 jours, soit moins de trois mois ; il n'a pas décidé de fixer sa résidence sur le territoire français étant retourné dans son pays d'origine le 15 novembre 2024, pour ne revenir en France que le 30 janvier 2025 ; il remplit donc toujours l'ensemble des conditions fixées par les dispositions de l'article R. 432-3, 2° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 13 mars 2025 à 14 heures 30 en présence de Mme Alfonsi, greffière d'audience, Mme Baux a lu son rapport.
La clôture de l'instruction est intervenue, en application à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant marocain, né le 12 novembre 1997, a été placé en retenue le 20 février 2025, pour vérification de son droit de circulation et de son droit au séjour. Par deux arrêtés en date du 21 février 2025, le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud a d'une part, procédé au retrait de son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an et d'autre part, l'a assigné à résidence dans le département de la Corse-du-Sud pour une durée de quarante-cinq jours. Le requérant demande au tribunal de prononcer l'annulation de l'arrêté qui procède au retrait de son titre de séjour, l'oblige à quitter le territoire français sans délai et prononce à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
2. Aux termes de l'article L. 421-34 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce un emploi à caractère saisonnier, tel que défini au 3° de l'article L. 1242-2 du code du travail, et qui s'engage à maintenir sa résidence habituelle hors de France, se voit délivrer une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " travailleur saisonnier " d'une durée maximale de trois ans. / Cette carte peut être délivrée dès la première admission au séjour de l'étranger. / Elle autorise l'exercice d'une activité professionnelle et donne à son titulaire le droit de séjourner et de travailler en France pendant la ou les périodes qu'elle fixe et qui ne peuvent dépasser une durée cumulée de six mois par an. / La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail. ". Aux termes de l'article L. 432-5 de ce code : " " Si l'étranger cesse de remplir l'une des conditions exigées pour la délivrance de la carte de séjour dont il est titulaire (), la carte de séjour peut lui être retirée par une décision motivée () ". Enfin, selon les termes de l'article R. 432-3 du même code : " Sans préjudice des dispositions des articles R. 421-36, R. 421-37, R. 421-40 et R. 424-4, le titre de séjour est retiré dans les cas suivants : () / 3° L'étranger titulaire de la carte de séjour temporaire ou de la carte de séjour pluriannuelle cesse de remplir l'une des conditions exigées pour sa délivrance ; () ".
3. Il résulte de la combinaison des dispositions citées au point précédent que le préfet peut, après avoir mis l'intéressé à même de présenter ses observations, retirer, par une décision motivée, une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " travailleur saisonnier " lorsque son titulaire cesse de remplir l'une des conditions exigées pour sa délivrance.
4. Pour retirer la carte de séjour pluriannuelle de M. B, le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud s'est fondé sur les circonstances tirées de ce que l'intéressé ne justifiait ni d'un contrat de travail en cours de validité ni de l'autorisation de travail y afférente au sens et pour l'application des dispositions de l'article L 421-34 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, citées au point 2 et de ce qu'il avait ainsi cessé de remplir l'une des conditions exigées pour la délivrance de carte de séjour pluriannuelle portant la mention " travailleur saisonnier. Par suite, c'est sans méconnaitre les dispositions susmentionnées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni sans entacher la décision attaquée d'une erreur manifeste d'appréciation que le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud a pu procéder au retrait de la carte de séjour pluriannuelle de l'intéressé.
5. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 21 février 2025.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à A B et au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mars 2025.
La présidente du tribunal,
Signé
A. BauxLa greffière,
Signé
R. Alfonsi
La République mande et ordonne au préfet de la Corse-du-Sud en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Une greffière,
H. Mannoni
Tribunal Administratif de Bastia — N° TA20-2600466
Le Tribunal Administratif de Bastia, statuant en référé, a rejeté la demande d'annulation de l'arrêté d'assignation à résidence de M. B..., ressortissant marocain. Le juge a estimé que l'arrêté préfectoral du 3 décembre 2025 était légalement motivé et conforme aux dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'éloignement étant considéré comme une perspective raisonnable. Les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la CEDH et de la disproportion des obligations ont été écartés.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Bastia — N° TA20-2600482
Le Tribunal Administratif de Bastia, statuant en référé, a rejeté la demande d'annulation de plusieurs arrêtés préfectoraux (obligation de quitter le territoire, refus de délai de départ volontaire, fixation du pays de destination, interdiction de retour et assignation à résidence) pris à l'encontre d'un ressortissant tunisien. Le juge a estimé que les moyens soulevés, notamment concernant la compétence de l'autorité signataire, la forme des décisions ou leur motivation, n'étaient pas de nature à créer un doute sérieux sur leur légalité dans le cadre de la procédure d'urgence. La décision s'appuie principalement sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
30/03/2026
Tribunal Administratif de Bastia — N° TA20-2600487
Le Tribunal Administratif de Bastia, statuant en référé, a rejeté la requête de M. A... visant à annuler plusieurs arrêtés préfectoraux (refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire, interdiction de retour, assignation à résidence). Le tribunal a jugé que le préfet de la Haute-Corse n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en refusant la délivrance d'un titre de séjour, notamment au regard des dispositions de l'article L. 432-1-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), et que les autres mesures contestées, y compris le refus de délai de départ volontaire, étaient légalement justifiées. Les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'erreur dans l'appréciation de l'insertion professionnelle et familiale n'ont pas été retenus.
30/03/2026
Tribunal Administratif de Bastia — N° TA20-2600100
Le Tribunal administratif de Bastia, statuant en référé, a pris acte du désistement du préfet de la Haute-Corse, qui demandait la suspension d’un certificat d’urbanisme délivré par le maire de Poggio Mezzana pour la construction de trois maisons. Le préfet soutenait que le projet méconnaissait l’article L. 121-8 du code de l’urbanisme et se situait dans un espace stratégique agricole à protéger. Toutefois, la bénéficiaire du certificat ayant renoncé à son projet, le préfet s’est désisté, et le tribunal a donné acte de ce désistement sans se prononcer sur le fond.
03/02/2026