LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA20-2501432

Tribunal Administratif de Bastia — Décision N° TA20-2501432

lundi 24 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Bastia
SectionTribunal Administratif de Bastia
N° DossierTA20-2501432
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Avocat requérantGIUDICI

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bastia a rejeté la demande de M. B... visant à désigner un expert pour délimiter sa parcelle cadastrée section F n° 442 par rapport à la voirie communale de Castello di Rostino. Le juge a estimé que la mesure d'expertise sollicitée était dépourvue d'utilité, car la délimitation du domaine public routier relève de la compétence exclusive de l'autorité administrative via la procédure d'alignement, conformément aux articles L. 2111-14 du code général de la propriété des personnes publiques et L. 112-1 du code de la voirie routière. La solution retenue est le rejet de la requête, sans qu'il soit fait droit à la demande d'expertise.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 22 septembre et 27 octobre 2025, M. A... B..., représenté par Me Giudici, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article R. 532-1 du code de justice administrative, de désigner un expert à l’effet de délimiter la parcelle cadastrée section F n° 442 dont il est propriétaire, sur le territoire de la commune de Castello di Rustino, dans sa partie ouest jouxtant la voirie communale.

Il soutient que :
- la voie communale en cause, située en contrebas de sa parcelle, et qui sans issue et sans aire de retournement, était exclusivement destinée à la circulation pédestre avant qu’il n’accepte de faire rebâtir le mur de soutèment en retrait de sa limite de propriété afin de créer sur cette voie un passage carrossable sur une largeur d’environ trois mètres, qui lui permettait notamment d’accéder à sa propriété ;
- le projet d’aménagement du parking communal mené dans les années 2022-2023, qui a notamment consisté à diviser la parcelle alors cadastrée section F n° 441 en plusieurs parcelles, ne laisse libre que la bande de terre issue de sa propre parcelle, le privant d’accès à sa parcelle, de sorte qu’il a retiré le droit de passage consenti à la commune sur cette partie de son terrain ;
- un litige est survenu avec la commune s’agissant des limites entre sa parcelle et l’ancienne voirie communale, qui a donné lieu à une ordonnance de référé du 4 septembre 2024 du tribunal judiciaire de Bastia et à un procès-verbal de médiation du 19 février 2025 par lequel les parties ont accepté la désignation d’un géomètre afin de déterminer la limite de propriété entre la parcelle cadastrée section F n° 442 et le chemin communal ;
- la proposition de limite de propriété faite par le géomètre entre en contradiction flagrante avec la réalité de son droit de propriété, de sorte qu’il a refusé de signer le procès-verbal de délimitation ;
- l’expertise sollicitée est utile afin de déterminer avec précision la limite de sa propriété.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 23 octobre et 3 novembre 2025, la commune de Castello di Rostino, représentée par Me Lelièvre, conclut au rejet de la requête et à ce qu’une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. B... au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- les conclusions à fin d’expertise sont irrecevables dès lors que la délimitation du domaine public n’appartient pas à un expert mais à l’autorité territoriale chargée de sa conservation, en l’espèce la commune ;
- la mesure d’expertise sollicitée est inutile dès lors que le requérant doit être regardé comme demandant au juge des référés que soit délimité le domaine public routier au droit de sa propriété, alors qu’un arrêté d’alignement a déjà été pris, que la délimitation de la voirie communale a été clairement établie et qu’il ne revient pas à un expert de délimiter le domaine public.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de la voirie routière ;
- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Sur la demande d’expertise :

1. Aux termes de l’article R. 532-1 du code de justice administrative : « Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l’absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d’expertise ou d’instruction. (...) ». L’utilité d’une mesure d’expertise qu’il est demandé au juge des référés d’ordonner sur le fondement de l’article R. 532‑1 du code de justice administrative doit être appréciée, d’une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d’autres moyens et, d’autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l’intérêt que la mesure présente dans la perspective d’un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher.

2. Aux termes de l’article L. 2111-14 du code général de la propriété des personnes publiques : « Le domaine public routier comprend l’ensemble des biens appartenant à une personne publique mentionnée à l’article L. 1 et affectés aux besoins de la circulation terrestre, à l’exception des voies ferrées. ». Aux termes de l’article L. 112-1 du code de la voirie routière : « L’alignement est la détermination par l’autorité administrative de la limite du domaine public routier au droit des propriétés riveraines. Il est fixé soit par un plan d’alignement, soit par un alignement individuel. / Le plan d’alignement, auquel est joint un plan parcellaire, détermine après enquête publique ouverte par l’autorité exécutive de la collectivité territoriale ou de l’établissement public de coopération intercommunale, propriétaire de la voie, et organisée conformément aux dispositions du code des relations entre le public et l’administration la limite entre voie publique et propriétés riveraines. / L’alignement individuel est délivré au propriétaire conformément au plan d’alignement s’il en existe un. En l’absence d’un tel plan, il constate la limite de la voie publique au droit de la propriété riveraine. ». La procédure d’alignement, que seule l’autorité administrative peut mettre en œuvre, permet aux riverains du domaine public routier de connaître la limite de leur propriété avec le domaine public sans pour cela qu’il soit fait appel à un expert.

3. M. B..., qui est propriétaire sur le territoire de la commune de Castello di Rustino de la parcelle cadastrée section F n° 442, demande au juge des référés de désigner un expert chargé de fixer, de manière certaine, la limite de propriété séparant celle-ci de la voirie relevant du domaine public communal.

4. Toutefois, d’une part, il résulte de ce qui précède que ne saurait être confiée à un expert la mission de se prononcer sur une question de délimitation du domaine public. Il résulte par ailleurs de l’instruction que le maire de la commune de Castello di Rustino a pris un arrêté de voirie portant alignement de la voirie le 10 janvier 2025. Si le requérant soutient que cet arrêté se borne à constater la limite de fait de la voie au seul regard de la disposition matérielle des mieux, sans égard pour le droit de propriété, et que cet arrêté n’est pas translatif de propriété, il lui appartient de contester en temps utile, devant le juge de l’excès de pouvoir, le cas échéant par voie d’exception d’illégalité, la limite ainsi arrêtée en s’appuyant, notamment, sur les titres de propriété en sa possession.

5. D’autre part, si M. B... fonde sa demande de désignation d’un expert sur l’utilité de déterminer la surface de son terrain matériellement intégrée à la voirie routière afin de lui permettre de rechercher la juste indemnisation de cette occupation sans titre, il appartient au seul juge administratif, juge du plein contentieux, de déterminer, en fonction de la situation de droit et de fait existant à la date où il statue, une éventuelle situation d’emprise irrégulière. Ainsi, les dispositions précitées de l’article R. 532-1 du code de justice administrative n’autorisent pas le juge des référés à confier à un expert une mission portant sur des questions de droit et, en particulier, il ne lui appartient pas de prescrire une mesure d’expertise qui porterait sur la qualification juridique des faits ou les conséquences juridiques à tirer de constatations de fait.

6. Dans ces conditions, la mesure d’expertise sollicitée ne présente pas le caractère d’utilité exigé par l’article R. 532‑1 du code de justice administrative.

Sur les frais d’instance :

7. Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune de Castello di Rostino présentées sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Castello di Rostino au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et à la commune de Castello di Rostino.


Fait à Bastia, le 24 novembre 2025.


La juge des référés



Anne Baux

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Corse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,




Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions