Le Tribunal administratif de Bastia a rejeté la requête de M. B... contestant le refus de délivrance d'une carte de mobilité inclusion (CMI) mention « stationnement ». Le requérant n'a pas produit, malgré une demande de régularisation, la décision du président du conseil exécutif de Corse sur le recours administratif préalable obligatoire, ni la preuve de son dépôt, comme l'exige l'article R. 241-17-1 du code de l'action sociale et des familles. En application des articles R. 222-1, R. 412-1 et R. 612-1 du code de justice administrative, la requête a été jugée manifestement irrecevable et rejetée.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 décembre 2025, M. A... B... demande au tribunal d’annuler la décision 12 septembre 2025 par laquelle le président du conseil exécutif de Corse a rejeté sa demande de délivrance d’une carte de mobilité inclusion (CMI) mention « stationnement », pour personnes handicapées.
Par un courrier du 24 décembre 2025, le greffe du tribunal a invité le requérant à produire, dans un délai de quinze jours, la décision par laquelle le président du conseil de l’exécutif de Corse a rejeté son recours administratif préalable obligatoire ou l’accusé de réception du dépôt de ce recours.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…) peuvent, par ordonnance : (…) / 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque (…) elles n’ont pas été régularisées à l’expiration du délai imparti par une demande en ce sens ».
2. Aux termes de l’article R. 412-1 du code de justice administrative : « La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l’acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation. / (…) ». Aux termes de l’article R. 612-1 de ce code : « Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. / (…) / La demande de régularisation mentionne que, à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 ».
3. Aux termes du 1er alinéa de l’article R. 241-17-1 du code de l’action sociale et des familles : « Le recours préalable obligatoire formé contre une décision relative à la carte "mobilité inclusion" destinée aux personnes physiques est formé (…) devant le président du conseil départemental ». Ces dernières dispositions imposent, avant toute contestation devant le tribunal administratif d’une décision de refus d’attribution de carte « mobilité inclusion » portant la mention stationnement pour les personnes handicapées, que le demandeur adresse préalablement un recours au président du conseil départemental, dont la décision est seule susceptible d’être contestée devant le juge.
4. En dépit de la demande de régularisation qui lui a été adressée par le greffe du tribunal le 24 décembre 2025 et dont il a accusé réception, le 26 décembre suivant, M. B... n’a pas produit, dans le délai de quinze jours qui lui était imparti, la décision par laquelle le président du conseil exécutif de Corse aurait statué sur son recours administratif préalable obligatoire, ni la pièce justifiant du dépôt d’un tel recours. Par suite, les conclusions de M. B... tendant à l’annulation de la décision refusant de lui attribuer une carte « mobilité inclusion » portant la mention « stationnement », pour personnes handicapées sont manifestement irrecevables et doivent, dès lors, être rejetées en application des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....
Fait à Bastia, le 20 janvier 2026
La présidente du tribunal,
Signé
A. Baux
La République mande et ordonne au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud en ce qui le concerne et à tous commissaires à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Une greffière,