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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2202735

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2202735

jeudi 27 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2202735
TypeDécision
RecoursAutorisation
PublicationD
FormationCH 1 JU
Avocat requérantSCP AUDARD & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 octobre 2022, M. B A D, représenté par Me Audard, conteste la décision, en date du 31 août 2022, par laquelle le président du conseil départemental de la Côte-d'Or a refusé de lui délivrer une carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement pour personnes handicapées ".

Il soutient que :

- en raison des séquelles d'un accident du travail survenu le 14 janvier 2021, il bénéficie de la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé ;

- ses douleurs au dos, à l'épaule droite et dans la jambe droite limitent sa capacité à marcher, l'empêchent de rester debout longtemps et lui contre-indiquent le port de charges lourdes, de sorte qu'il doit être accompagné pour certaines courses.

La requête a été communiquée au département de la Côte-d'Or, qui n'a pas produit d'observations.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

La rapporteure publique, sur sa proposition, a été dispensée de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. C ;

- et les observations de Me Audard, pour M. A D, qui a repris les faits, moyens et conclusions exposés dans la requête, y ajoutant que, au vu des renseignements donnés par l'expert du pôle social du tribunal judiciaire, le droit au bénéfice de la carte sollicitée est démontré.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A D conteste la décision, en date du 31 août 2022, par laquelle le président du conseil départemental de la Côte-d'Or, confirmant sur recours administratif préalable obligatoire une précédente décision, a refusé de lui délivrer une carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement pour personnes handicapées ".

2. Aux termes de l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles : " I. - La carte " mobilité inclusion " destinée aux personnes physiques est délivrée par le président du conseil départemental au vu de l'appréciation, sur le fondement du 3° du I de l'article L. 241-6, de la commission mentionnée à l'article L. 146-9. Elle peut porter une ou plusieurs des mentions prévues aux 1° à 3° du présent I, à titre définitif ou pour une durée déterminée. / () 3° La mention " stationnement pour personnes handicapées " est attribuée à toute personne atteinte d'un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu'elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements ". Le IV de l'article R. 241-12-1 du même code dispose : " Pour l'attribution de la mention " stationnement pour personnes handicapées ", un arrêté des ministres chargés des personnes handicapées, des personnes âgées et des anciens combattants définit les modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, en tenant compte notamment de la limitation du périmètre de marche de la personne ou de la nécessité pour celle-ci de recourir systématiquement à certaines aides techniques ou à une aide humaine lors de tous ses déplacements à l'extérieur ". Selon l'annexe de l'arrêté ministériel du 3 janvier 2017 susvisé, pris pour l'application de ces dispositions : " 1. Critère relatif à la réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied : La capacité et l'autonomie de déplacement à pied s'apprécient à partir de l'activité relative aux déplacements à l'extérieur. / Une réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied correspond à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité et peut se retrouver chez des personnes présentant notamment un handicap lié à des déficiences motrices ou viscérales (exemple : insuffisance cardiaque ou respiratoire). / Ce critère est rempli dans les situations suivantes : [a] - la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ; ou ; [b] - ou la personne a systématiquement recours à l'une des aides suivantes pour ses déplacements extérieurs : - une aide humaine ; - une prothèse de membre inférieur ; - une canne ou tous autres appareillages manipulés à l'aide d'un ou des deux membres supérieurs (exemple : déambulateur) ; - un véhicule pour personnes handicapées : une personne qui doit utiliser systématiquement un fauteuil roulant pour ses déplacements extérieurs remplit les conditions d'attribution de la carte de stationnement pour personnes handicapées, y compris lorsqu'elle manœuvre seule et sans difficulté le fauteuil ; ou [c] - la personne a recours, lors de tous ses déplacements extérieurs, à une oxygénothérapie. / 2. Critère relatif à l'accompagnement par une tierce personne pour les déplacements : Ce critère concerne les personnes atteintes d'une altération d'une fonction mentale, cognitive, psychique ou sensorielle imposant qu'elles soient accompagnées par une tierce personne dans leurs déplacements. (). 3. Dispositions communes : La réduction de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied ou le besoin d'accompagnement doit être définitif ou d'une durée prévisible d'au moins un an pour attribuer la carte de stationnement pour personnes handicapées ".

3. Il résulte de l'instruction que M. A D conserve les séquelles d'un accident du travail survenu en janvier 2021, à l'origine d'un traumatisme de la ceinture scapulaire droite, et souffre en outre de douleurs lombaires résultant d'une discopathie de l'étage vertébral L5-S1. Si les pièces médicales communiquées à la maison départementale des personnes handicapées de Saône-et-Loire dans le cadre de l'instruction de la demande de carte mobilité inclusion ne permettaient pas de relever que les conditions fixées par les dispositions citées ci-dessus étaient remplies, le requérant verse aux débats les notes de l'audience qui s'est tenue le 24 mars 2023 devant le pôle social du tribunal judiciaire de Dijon dans le cadre de l'examen de ses autres prétentions au titre de l'aide sociale, retraçant les conclusions orales de l'expert auquel cette juridiction a fait appel, et d'où il ressort notamment que l'intéressé, qui est en état de " grande dépendance ", ne peut se déplacer sans l'aide d'une canne. La circonstance que ce document est postérieur à la décision attaquée ne saurait faire obstacle à ce qu'il soit pris en compte, dès lors que, le litige relevant du contentieux de pleine juridiction, le tribunal statue au regard des dispositions applicables et de la situation de fait existant à la date à laquelle il rend sa propre décision. Par ailleurs, eu égard aux causes du handicap, il y a lieu de considérer que ce dernier est durablement installé. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'inexacte application des dispositions citées au point précédent doit être accueilli.

5. Compte tenu de ce qui précède, d'où résulte la reconnaissance du droit de M. A D au bénéfice de la carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement ", il y a lieu de faire injonction au président du conseil départemental de la Côte-d'Or de lui délivrer une telle carte dans le mois suivant la notification du présent jugement, avec une durée de validité devant être fixée, dans les circonstances de l'espèce, à deux ans.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du président du conseil départemental de la Côte-d'Or du 31 août 2022 est annulée.

Article 2 : Il est fait injonction au président du conseil départemental de la Côte-d'Or de délivrer à M. A D, dans le mois suivant la notification du présent jugement, une carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement " d'une durée de deux ans.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A D et au département de la Côte-d'Or.

Copie en sera adressée à la maison départementale des personnes handicapées de la Côte-d'Or.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 avril 2023.

Le président,

D. CLa greffière,

C. CHAPIRON

La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

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