LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2301084

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2301084

jeudi 4 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2301084
TypeDécision
PublicationC
Avocat requérantWEBER KIM

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 22 avril 2023, M. A B, représenté par Me Weber, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la délibération, en date du 12 décembre 2022, par laquelle le jury de la licence professionnelle " Management des activités commerciales " de l'institut universitaire de technologie (IUT) Dijon-Auxerre l'a ajourné à ce diplôme, ensemble la décision du président de l'université du 1er mars 2023 rejetant son recours gracieux ;

3°) d'enjoindre au président de l'Université de Bourgogne d'organiser pour lui de nouvelles épreuves dans l'unité d'enseignement (UE) 4 " Projet tuteuré " et dans l'UE 5 " Stage ", hormis la certification voltaire, " devant un autre jury d'examen, désigné et réuni en une tout autre composition, cette fois-ci régulière ", cela dans les quinze jours suivant la notification de l'ordonnance à venir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Université de Bourgogne le paiement à son conseil de la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que les décisions attaquées le privent de la possibilité de s'inscrire en master 1 de l'école de commerce ISCOD, dont il a réussi le teste d'admission ;

- il est fait état de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de ces décisions ; en effet :

•aucun élément ne permet de s'assurer, d'une part, que le président et les membres du jury d'examen ont bien été nommés par le président de l'université, d'autre part, que ce jury a siégé dans une composition régulière au regard de l'article L. 613-1 du code de l'éducation et de l'article 11 de l'arrêté du 17 novembre 1999 relatif à la licence professionnelle, alors que tout laisse à penser que le directeur de la formation a décidé seul de l'organisation et des modalités des épreuves litigieuses ;

•le jury n'a pas respecté les règles de déroulement de l'oral de soutenance de stage qu'il a avait lui-même fixées pour l'UE 4, en mettant un terme à l'épreuve au bout de 15 minutes au lieu de 50 minutes, ce qui l'a privé d'une garantie ;

•le principe d'égalité des candidats a été méconnu en ce qu'il a dû se rendre à l'IUT d'Auxerre pour passer les épreuves litigieuses alors que ses camarades les ont passées à Mâcon ;

•le président du jury, qui lui est hostile en raison de ses précédents recours, a manqué d'impartialité et s'est même montré malveillant en ignorant ses problèmes de santé au lieu d'aménager en conséquence sa formation, en lui infligeant les seules notes défavorables de son cursus et en se fondant sur des considérations sans rapport avec la qualité de son travail.

Par un mémoire en défense enregistré le 2 mai 2023, l'Université de Bourgogne conclut au rejet de la requête.

Elle soutient qu'aucun des moyens invoqués n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées, dès lors que :

- les membres du jury ont été régulièrement désignés par le directeur de l'IUT, auquel cette compétence a été déléguée ;

- ce jury s'est réuni dans une composition régulière

- M. B a été avisé de la durée de l'épreuve de soutenance, qui a été respectée ;

- il n'a été porté aucune atteinte à l'égalité entre les candidats ;

- il n'a pas davantage été porté atteinte à l'exigence d'impartialité.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête au fond n° 2301086 enregistrée le 22 avril 2023.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- l'arrêté du 6 décembre 2019 portant réforme de la licence professionnelle ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Kieffer greffière d'audience :

- le rapport de M. Zupan, juge des référés ;

- les observations de Me Weber, pour M. B, qui a repris les faits, moyens et conclusions exposés dans le mémoire introductif d'instance ;

- les observations de M. C, représentant l'université de Bourgogne, qui a repris les faits, moyens et conclusions exposés dans le mémoire en défense.

L'instruction a été déclarée close à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B était, au cours de l'année scolaire 2020-2021, étudiant en licence professionnelle mention " Management des activités commerciales " en alternance à l'institut universitaire de technologie (IUT) de Dijon-Auxerre, relevant de l'Université de Bourgogne. Par délibération du 8 septembre 2021, le jury d'attribution de la licence l'a déclaré ajourné à ce diplôme, en raison de sa défaillance aux épreuves de l'unité d'enseignement (UE) 4 " Projet tuteuré " et de l'UE 5 " Stage ". Cette délibération ayant été suspendue par ordonnance du juge des référés du 24 novembre 2001, de nouvelles épreuves ont été organisées pour M. B dans les unités d'enseignement en cause, épreuves qui ont abouti à une nouvelle décision d'ajournement prise par le jury d'examen le 16 décembre 2021. Par jugement du 23 juin 2022, le tribunal a annulé les délibérations des 8 septembre et 16 décembre 2021, ainsi que les décisions portant rejet des recours gracieux de M. B, et enjoint à l'Université de Bourgogne de définir et de mettre en place les modalités propres à permettre à l'intéressé de repasser les épreuves des UE 4 et 5, en y intégrant une part d'oralité, avec un contenu déterminé au plus près des indications portées sur la " fiche filière " de la licence, et en laissant à l'étudiant un délai raisonnable pour présenter ces épreuves, compatible avec une recherche de stage ou un travail de substitution. De nouvelles épreuves ont ainsi été organisées pour M. B en exécution de ce jugement. Elles ont cependant été sanctionnées par une troisième décision d'ajournement, selon délibération du jury du 12 décembre 2022. M. B demande au juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution de cette délibération, ensemble la décision du président de l'université du 1er mars 2023 rejetant son recours gracieux.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Il y a lieu d'admettre M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, en application de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 visée ci-dessus.

Sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction :

3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

4. En l'état de l'instruction, aucun des moyens susvisés, invoqués par M. B, n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité des décisions en litige. Par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, les conclusions tendant à ce que soit ordonnée la suspension de l'exécution de ces décisions doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions aux fins d'injonctions présentées par M. B.

Sur les frais liés au litige :

5. Ces dispositions font obstacle à ce que l'Université de Bourgogne, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, soit condamnée à verser à M. B lui-même ou à son avocat, par combinaison avec l'article 37 de la loi susvisée du 10 juillet 1991, la somme réclamée en remboursement des frais exposés et non compris dans les dépens ;

O R D O N N E :

Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B et à l'Université de bourgogne.

Fait à Dijon, le 4 mai 2023.

Le président du tribunal,

juge des référés,

D. ZUPAN

La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

← Retour aux décisions