mardi 25 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2401100 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | CH 2 JU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 avril 2024, la société par actions simplifiée Transac Immo demande au tribunal de prononcer la réduction de la cotisation primitive de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2023, dans les rôles de la commune de Nevers, à raison d'un local à usage de bureaux, sis Résidence l'Europe, 22 avenue Pierre-Bérégovoy, sur le territoire de cette commune.
Elle soutient que :
- la valeur locative, d'un montant de 4 023 euros est surévaluée, dès lors que plusieurs agents immobiliers l'ont évaluée à 1 800 euros mensuels, prix auquel il est commercialisé ;
- la surface prise en compte par l'administration est erronée : elle est de 330 mètres carrés et non de 394 mètres carrés ;
- le local n'a une surface de plain-pied que de 100 mètres carrés ; le reste de la surface est en sous-sol et est considéré comme des caves par les agents immobiliers, d'autant que de grosses poutres structurelles compliquent une éventuelle installation ;
- même en comparant le local litigieux avec d'autres locaux de même surface et de plain-pied, la taxe foncière correspondante demeure plus élevée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 juillet 2024, la directrice régionale des finances publiques de Bourgogne-Franche-Comté et du département de la Côte-d'Or conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées par une lettre du 31 juillet 2024 que cette affaire était susceptible, à compter du 16 septembre 2024, de faire l'objet d'une clôture d'instruction à effet immédiat en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative.
La clôture de l'instruction a été fixée au 18 septembre 2024 par ordonnance du même jour.
Le président du tribunal administratif de Dijon a désigné M. Hugez, premier conseiller, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Irénée Hugez,
- et les conclusions de M. Thierry Bataillard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société par actions simplifiée (SAS) Transac Immo, dont le siège est à Ornans dans le Doubs, et qui exerce une activité de marchand de biens, est propriétaire d'un local à usage de bureaux, sis Résidence l'Europe, 22 avenue Pierre-Bérégovoy sur le territoire de la commune de Nevers dans la Nièvre, à raison duquel elle a été assujettie à la taxe foncière sur les propriétés bâties au titre de l'année 2023. Par une décision explicite, en date du 15 février 2024, l'administration fiscale a rejeté sa réclamation contentieuse préalable du 18 janvier 2024 tendant à la réduction de cette taxe. Par sa requête, la SAS Transac Immo doit être regardée comme demandant au tribunal de prononcer la réduction de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties, à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2023, à raison du local précité.
Sur les conclusions à fin de réduction :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 1498 du code général des impôts : " I. - La valeur locative de chaque propriété bâtie ou fraction de propriété bâtie, autres que les locaux mentionnés au I de l'article 1496, que les établissements industriels mentionnés à l'article 1499 et que les locaux dont la valeur locative est déterminée dans les conditions particulières prévues à l'article 1501, est déterminée selon les modalités prévues aux II ou III du présent article. / Les propriétés mentionnées au premier alinéa sont classées dans des sous-groupes, définis en fonction de leur nature et de leur destination. A l'intérieur d'un sous-groupe, elles sont classées par catégories, en fonction de leur utilisation, de leurs caractéristiques physiques, de leur situation et de leur consistance. Les sous-groupes et catégories de locaux sont déterminés par décret en Conseil d'Etat. / II. - A. - La valeur locative de chaque propriété bâtie ou fraction de propriété bâtie mentionnée au I est déterminée en fonction de l'état du marché locatif à la date de référence du 1er janvier 2013, sous réserve de la mise à jour prévue au III de l'article 1518 ter. / Elle est obtenue par application d'un tarif par mètre carré déterminé conformément au 2 du B du présent II à la surface pondérée du local définie au C du présent II. () / C. - La surface pondérée d'un local est obtenue à partir de la superficie de ses différentes parties, réduite, le cas échéant, au moyen de coefficients fixés par décret, pour tenir compte de leur utilisation et de leurs caractéristiques physiques respectives. () ". Aux termes de l'article 324 Z de l'annexe III du même code : " Pour l'application du C du II de l'article 1498 du code général des impôts, la surface pondérée d'un local est la somme, le cas échéant arrondie au mètre carré inférieur, des superficies de ses différentes parties, affectées, le cas échéant, du coefficient mentionné au troisième alinéa. / La superficie des différentes parties d'un local, y compris celle des dégagements et sanitaires, est la superficie réelle, mesurée au sol, entre murs ou séparations et arrondie au mètre carré inférieur. / Lorsque l'une de ces parties a une valeur d'utilisation réduite par rapport à l'affectation principale du local, la superficie de cette partie est réduite par application d'un coefficient fixé à 0,5 lorsque cette partie est couverte et à 0,2 dans le cas contraire. ".
3. Il résulte de l'article 1498 du code général des impôts, de l'article 310 Q de l'annexe II et de l'article 324 Z de l'annexe III au même code, que pour le calcul de la valeur locative d'une propriété bâtie relevant de l'article 1498, les coefficients de pondération de superficie mentionnés à l'article 324 Z ne sont pas applicables aux surfaces utilisées pour une activité correspondant à l'affectation principale de ce local, appréciée au regard de la catégorie dans laquelle il est classé.
4. D'une part, dès lors que la surface d'un local, pour la détermination de sa valeur locative au sens de l'article 1498 du code général des impôts, est déterminée par application des règles définies à l'article 324 Z de l'annexe III de ce code, et notamment que la superficie des différentes parties d'un local est la superficie réelle, mesurée au sol, entre murs ou séparations, la société requérante ne peut utilement se prévaloir de la surface " loi Carrez " de son local. D'autre part, alors que le précédent propriétaire a déclaré l'ensemble des surfaces comme des surfaces à usage de bureaux, que le plan annexé à l'acte de vente produit à l'instance mentionne notamment l'usage des locaux situés au sous-sol en salles de réunion et salle de projection, la seule attestation produite, mentionnant " 170 mètres carrés de caves " apparaît insuffisante, en l'absence de tout autre élément probant, tel que des photographies, et de toute argumentation précise relative à certaines pièces, précisément identifiées, de la partie des locaux en souplexe, pour établir qu'une partie de la surface en litige serait utilisée pour une activité ne correspondant pas à l'affectation principale des locaux en litige, à savoir une activité de bureaux, et aurait une valeur d'utilisation réduite par rapport à l'affectation principale de ces locaux, en raison de ses caractéristiques physiques ou de l'usage qui peut en être fait. Par suite, le moyen tiré de l'erreur commise dans la détermination de la surface du local doit être, en l'état de l'instruction, écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes du 2 du B du II de l'article 1498 du code général des impôts : " Les tarifs par mètre carré sont déterminés sur la base des loyers moyens constatés dans chaque secteur d'évaluation par catégorie de propriétés. / A défaut, lorsque les loyers sont en nombre insuffisant ou ne peuvent être retenus, ces tarifs sont déterminés par comparaison avec les tarifs fixés pour les autres catégories de locaux du même sous-groupe du même secteur d'évaluation. / A défaut d'éléments suffisants ou pouvant être retenus au sein du même secteur d'évaluation, ces tarifs sont déterminés par comparaison avec ceux qui sont appliqués pour des propriétés de la même catégorie ou, à défaut, du même sous-groupe dans des secteurs d'évaluation présentant des niveaux de loyers similaires, dans le département ou dans un autre département. / Les tarifs par mètre carré peuvent être majorés de 1,1,1,15,1,2 ou 1,3 ou minorés de 0,7,0,8,0,85 ou 0,9, par application d'un coefficient de localisation destiné à tenir compte de la situation particulière de la parcelle d'assise de la propriété au sein du secteur d'évaluation. ". Aux termes de l'article 1518 F du même code : " Les décisions prises en application des articles 1504 et 1518 ter ne peuvent pas être contestées à l'occasion d'un litige relatif à la valeur locative d'une propriété bâtie. ". Aux termes du 1 du I de l'article 1504 de ce code : " Pour la détermination des valeurs locatives des propriétés et fractions de propriétés mentionnées au I de l'article 1498, la commission départementale des valeurs locatives prévue à l'article 1650 B dispose d'un délai de trois mois à compter de la date à laquelle lui sont remis les avant-projets élaborés par l'administration fiscale pour établir des projets de : / a) Délimitation des secteurs d'évaluation prévus au 1 du B du II de l'article 1498 ; / b) Tarifs déterminés en application du 2 du même B ; / c) Définition des parcelles auxquelles s'applique le coefficient de localisation mentionné au même 2. ". Aux termes de l'article 310 Q de l'annexe II au code général des impôts : " Pour l'application du second alinéa du I de l'article 1498 du code général des impôts, les propriétés bâties mentionnées au premier alinéa de ce même I sont classées selon les sous-groupes et catégories suivants : / () Sous-groupe II : bureaux et locaux divers assimilables : / Catégorie 1 : locaux à usage de bureaux d'agencement ancien. () ". L'immeuble dans lequel se situent les locaux en litige a été classé en secteur 5 et bénéficie d'un coefficient de localisation de 1.
6. D'une part, il résulte des dispositions précitées de l'article 1518 F du code général des impôts que si les décisions des commissions fixant la délimitation des secteurs d'évaluation, les tarifs par mètre carré par catégorie de propriétés et la définition des parcelles auxquelles s'applique le coefficient de localisation peuvent faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir, elles ne peuvent pas être contestées ultérieurement à l'occasion d'un litige relatif à la valeur locative d'une propriété déterminée. D'autre part, la société requérante ne conteste ni le sous-groupe ni la catégorie dans lesquels ont été classés les locaux en litige, et ne conteste pas davantage que ces locaux se situent dans le secteur 5 et sur une parcelle à laquelle a été affecté un coefficient de localisation de 1. Dans ces conditions, et dès lors qu'il n'est pas contesté que le tarif par mètre carré de 112,80 euros appliqué par l'administration fiscale correspond bien à la grille tarifaire arrêtée par ladite commission, l'unique circonstance tirée de ce que la valeur locative retenue ne correspond pas à celle du loyer dont elle s'acquitte au titre des locaux objet des impositions en litige n'est pas de nature à remettre en cause le bien-fondé de l'imposition. Par suite, ce moyen doit être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la SAS Transac Immo n'est pas fondée à demander la réduction de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2023, dans les rôles de la commune de Nevers, à raison de locaux à usage de bureaux, sis 22 rue Pierre-Bérégovoy, sur le territoire de cette commune. Par suite, sa requête doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SAS Transac Immo est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée Transac Immo et à la directrice régionale des finances publiques de Bourgogne-Franche-Comté et du département de la Côte-d'Or.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 mars 2025.
Le magistrat désigné,
I. Hugez
La greffière,
T. Mateos-Jobard
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Dijon — N° TA21-2403636
Le Tribunal Administratif de Dijon a rejeté la requête de Mme C... visant à contester un indu d'allocation de solidarité spécifique (ASS) et à en obtenir la remise gracieuse. Le juge a considéré que la reprise d'une activité salariée, même minime, imposait une déclaration à France Travail et que les fausses déclarations de la requérante justifiaient la mise à charge de l'indu. La décision s'appuie sur les articles L. 5423-1, L. 5425-1 et R. 5425-2 du code du travail concernant les conditions de cumul de l'ASS avec une activité professionnelle.
12/03/2026
Tribunal Administratif de Dijon — N° TA21-2401336
Le Tribunal Administratif de Dijon a examiné l'opposition de M. A... à une contrainte émise par France Travail pour le recouvrement d'un indu d'allocation de solidarité spécifique. Le tribunal a constaté le décès de M. A... survenu en cours d'instance, mais a jugé que l'affaire était en état d'être jugée à cette date. Il a rappelé que son office consiste à apprécier la régularité et le bien-fondé de la décision de récupération d'indu au regard de l'ensemble des circonstances de fait. La solution retenue n'est pas explicitée dans l'extrait, mais le tribunal s'est fondé sur les dispositions du code du travail, notamment l'article L. 5426-8-2, pour statuer sur le litige.
26/02/2026
Tribunal Administratif de Dijon — N° TA21-2403839
Le Tribunal Administratif de Dijon a été saisi par M. B..., détenu, d’une demande d’indemnisation de 100 euros pour le préjudice moral subi suite à une fouille à nu réalisée le 14 septembre 2024. Le requérant soutenait que cette fouille, qu’il estimait non justifiée et systématique, constituait un traitement inhumain et dégradant contraire à l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme et aux articles L. 225-1 et suivants du code pénitentiaire. Le tribunal a rejeté la requête, jugeant que l’administration pénitentiaire n’avait pas commis de faute de nature à engager sa responsabilité. Il a considéré que la fouille était justifiée par des raisons sérieuses de soupçonner l’introduction d’objets prohibés, qu’elle était proportionnée et qu’elle ne méconnaissait pas les textes applicables.
24/02/2026
Tribunal Administratif de Dijon — N° TA21-2303636
Le Tribunal Administratif de Dijon rejette la demande indemnitaire de M. A..., détenu, qui contestait son placement en régime contrôlé de détention. Le tribunal écarte les moyens de légalité externe (vice de forme et incompétence) en se fondant sur les pièces produites par l'administration. Il juge également que le placement est légal au regard des articles L. 211-4, R. 112-23 et D. 211-36 du code pénitentiaire, qui permettent au chef d'établissement de prévoir des régimes différenciés. En conséquence, aucune faute de nature à engager la responsabilité de l'État n'est retenue.
20/01/2026