LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2403331

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2403331

jeudi 6 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2403331
TypeDécision
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantLUKEC ANNE-LISE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 26 septembre 2024, Mme B A épouse D, représentée par Me Lukec, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 3 septembre 2024 par lequel le préfet de la Côte-d'Or a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

S'agissant de la décision portant refus de séjour :

- elle a été prise par une autorité dont la compétence n'est pas justifiée ;

- elle est insuffisamment motivée en ce qu'elle fait état du regroupement familial, qui lui a été refusé, et se fonde sur sa nationalité algérienne, ce qui est discriminatoire ;

- elle a été prise en violation de l'article 6 5° de l'accord franco-algérien et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale, par la voie de l'exception de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;

- elle est entachée des mêmes illégalités que la décision de refus de séjour.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 octobre 2024, le préfet de la Côte-d'Or, représenté par Me Ranou, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de Mme A une somme de 500 euros de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du

7 octobre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La rapporteure publique a été dispensée de prononcer des conclusions à l'audience, sur sa proposition.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience.

A seul été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme C, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante algérienne née le 18 mai 1950, est entrée en France le

2 mars 2018 sous couvert d'un visa de court séjour pour y rejoindre son époux, M. D. Elle s'est maintenue irrégulièrement sur le territoire français à l'expiration de ce visa. Le 23 mars 2023, elle a sollicité un certificat de résidence algérien sur le fondement de l'article 6 5° de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Par arrêté du 3 septembre 2024, dont elle demande l'annulation, le préfet de la Côte-d'Or a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. En premier lieu, par un arrêté du 18 janvier 2024, publié le 22 janvier 2024 au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet de la Côte-d'Or a délégué sa signature à

M. Mougenot, secrétaire général de la préfecture et, en cas d'absence ou d'empêchement de ce dernier, à Mme Ghayou, secrétaire générale adjointe, à l'effet de signer tous arrêtés, décisions, circulaires, rapports, correspondances et documents relevant des attributions de l'Etat dans le département, à l'exception d'actes au nombre desquels ne figure pas les décisions attaquées. Le moyen tiré de ce que Mme Ghayou n'était pas compétente pour signer l'arrêté attaqué manque en fait et doit par suite être écarté.

3. En deuxième lieu, les décisions en litige visent les textes dont elles font application, et rappellent la situation familiale et administrative de la requérante. L'arrêté attaqué comporte ainsi les éléments sur lesquels le préfet s'est fondé pour prononcer une décision de refus de séjour et une obligation de quitter le territoire français, Dès lors, les moyens tirés d'une insuffisance de motivation de ces décisions doivent être écartés.

4. En troisième lieu, la circonstance que l'arrêté attaqué mentionne la nationalité algérienne de Mme A ne peut être regardée comme entachant la décision d'un vice de motivation et ne saurait suffire à établir une discrimination à son encontre.

5. En quatrième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ; () ".

6. Il ressort des pièces du dossier que Mme A est entrée en France pour y rejoindre son époux, qui y réside sous couvert d'un certificat de résidence algérien. Elle entre ainsi dans une catégorie qui ouvre droit au regroupement familial et ne peut dès lors se prévaloir des stipulations précitées, quand bien même la demande de regroupement familial présentée par son époux aurait été refusée.

7. En cinquième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés

d'autrui ".

8. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que Mme A est mariée depuis 1968 à M. D, qui réside en France sous couvert d'un certificat de résidence d'une durée de dix ans délivré en août 2015. Elle a donné naissance à huit enfants en Algérie, dont quatre séjournent régulièrement sur le territoire français et un en Allemagne. Si elle indique que son époux est atteint d'un cancer, le certificat médical produit se borne à faire valoir "que son état de santé nécessite la présence familiale du fait de l'évolution imprévisible de la maladie à moyen et long terme ". Elle n'établit pas dès lors la nécessité de sa présence constante auprès de son époux. Si Mme A soutient qu'elle n'a plus de liens en Algérie, elle ne dément pas les informations figurant dans l'arrêté, qui indique que trois de ses enfants et son frère y demeurent. Elle ne fait enfin état d'aucune considération autre que financière qui s'opposerait à ce qu'elle continue, comme elle indique l'avoir fait dans le passé, à faire des allers-retours entre la France et l'Algérie, ou à ce que son époux présente une nouvelle demande de regroupement familial à son profit. Elle n'est par suite pas fondée à soutenir que la décision lui refusant un titre de séjour et la décision l'obligeant à quitter le territoire français méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il n'apparait pas davantage que ces décisions seraient entachées d'erreur de droit dans l'application de ces stipulations ou d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation.

9. En dernier lieu, il résulte de ce qui précède que Mme A n'établit pas l'illégalité de la décision portant refus de séjour, et n'est par suite pas fondée à exciper de son illégalité à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision l'obligeant à quitter le territoire français.

10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige

11. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement à l'avocat de Mme A de quelque somme que ce soit au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme A la somme que réclame le préfet de la Côte-d'Or au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DÉCIDE :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions du préfet de la Côte-d'Or au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A épouse D, au préfet de la Côte-d'Or et à Me Lukec.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 6 février 2025, à laquelle siégeaient :

M. Olivier Rousset, président,

Mme Marie-Eve Laurent, première conseillère,

Mme Céline Frey première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 mars 2025.

La rapporteure,

M-E C

Le président,

O. Rousset

La greffière,

C. Chapiron

La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition,

La greffière,

Décisions similaires

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-25PA02134

08/04/2026

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-25PA02150

08/04/2026

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-25PA03459

08/04/2026

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-25PA03472

08/04/2026

← Retour aux décisions