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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2403803

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2403803

jeudi 27 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2403803
TypeDécision
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantNDONG NDONG PIERRE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 novembre 2024 et un mémoire enregistré le

26 novembre 2024, M. C A, représenté par Me N'Dong N'Dong demande au

tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 4 juillet 2024 par lequel le préfet de Saône-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;

2°) d'enjoindre au préfet de Saône-et-Loire de réexaminer sa situation et de prendre une nouvelle décision, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

S'agissant de la décision portant refus de séjour :

- elle a été prise par une autorité dont la compétence n'est pas justifiée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- sa demande portait sur une régularisation au titre du travail et non au regard des conditions de l'article L. 421-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et la décision est par suite entachée d'erreur de fait ;

- le préfet a commis une erreur de droit en considérant qu'il aurait dû justifier d'un visa long séjour ;

- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 décembre 2024, le préfet de Saône-et-Loire conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que la requête est tardive et par suite irrecevable.

La demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle de M. A a été rejetée par décision du 23 septembre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La rapporteure publique a été dispensée de prononcer des conclusions à l'audience, sur sa proposition.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience.

A été seulement entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de Mme B, les parties n'étant ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant gambien, né le 24 novembre 1997, est entré en France le

27 janvier 2023 sous couvert d'un titre de séjour italien, et s'y est maintenu plus de trois mois. Il a sollicité le 15 janvier 2024 la délivrance d'un titre de séjour. Il demande l'annulation de l'arrêté du

4 juillet 2024 par lequel le préfet de Saône-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. En premier lieu, l'arrêté contesté a été signé pour le préfet par M. D, adjoint au chef du bureau des migrations et de l'intégration, en vertu d'une délégation consentie à cet effet par le préfet de Saône-et-Loire par décision du 7 mai 2024, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs spécial du même jour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée, qui manque en fait, doit être écarté.

3. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée, ni des autres pièces du dossier, que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. A avant de prononcer la décision en litige. Par suite, le moyen tiré d'un défaut d'examen particulier de la situation personnelle de l'intéressé doit être écarté.

4. En troisième lieu, M. A soutient que sa demande portait sur une régularisation au titre du travail et non au regard des conditions de l'article L.421-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, il ne produit pas cette demande, dont il indique qu'elle a été rédigée par les services administratifs de la mairie ou de la sous-préfecture sur la base des indications qu'il a donné sur sa situation, et il n'établit pas, dès lors, que le préfet aurait examiné sa demande sur un fondement erroné. Pour la même raison, il n'est pas fondé à soutenir que la décision est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle se fonde sur l'absence d'un visa long séjour alors qu'un tel visa n'est pas exigé dans le cadre d'une régularisation par le travail.

5. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1.5. () ".

6. M. A se prévaut de la conclusion d'un contrat de travail avec une société qui a sollicité à son profit une autorisation de travail en avril 2023, pour laquelle il a travaillé pendant deux périodes de 14 semaines puis de 13 mois, et d'une formation professionnelle suivie à l'initiative de cette société. Ces seules circonstances ne sont pas suffisantes à caractériser un motif exceptionnel d'admission au séjour. M. A justifie pour le reste d'une ancienneté de séjour de moins de deux ans à la date de la décision attaquée et ne fait pas état d'une particulière insertion ni de liens particuliers sur le territoire français. Le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation qu'aurait commise le préfet de Saône-et-Loire doit par suite être écarté.

7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur sa recevabilité.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

8. L'exécution du présent jugement n'appelle aucune mesure d'exécution. Les conclusions en injonction doivent par suite être rejetées.

Sur les frais liés au litige

9. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement à l'avocat de M. A de quelque somme que ce soit au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

DÉCIDE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, au préfet de

Saône-et-Loire et à Me N'Dong N'Dong.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 6 mars 2025, à laquelle siégeaient :

M. Olivier Rousset, président,

Mme Marie-Eve Laurent, première conseillère,

Mme Valérie Zancanaro, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mars 2025.

La rapporteure,

M-E B

Le président,

O. Rousset

La greffière,

C. Chapiron

La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition,

La greffière,

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