jeudi 20 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2500920 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | C |
| Avocat requérant | POIX BASTIEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 mars 2025, M. B A, représenté par Me Poix, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 16 janvier 2025 par laquelle le directeur de l'EHPAD " Les hortensias " l'a suspendu de ses fonctions ;
2°) d'enjoindre à l'EHPAD " Les hortensias " de le rétablir dans ses fonctions dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le requérant soutient que :
a) la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision attaquée a pour effet de rendre impossible l'exercice de son activité professionnelle, a des conséquences psychiques importantes et le prive d'une partie de sa rémunération et porte ainsi une atteinte grave et immédiate à ses intérêts ;
b) plusieurs moyens sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- le directeur de l'EHPAD " Les hortensias " a méconnu l'article L. 121-2 du code des relations entre le public et l'administration et le principe du respect des droits de la défense et a ainsi entaché la décision attaquée de vices de procédure ;
- la décision attaquée est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- le conseil de discipline n'a pas été saisi en méconnaissance de l'article L. 531-1 du code général de la fonction publique ;
- les faits qui lui sont reprochés n'ayant pas un caractère de vraisemblance suffisant et aucun péril pour le service n'étant identifié, le directeur de l'EHPAD " Les hortensias " a méconnu l'article L. 531-1 du code général de la fonction publique ;
- la décision attaquée est entachée d'un détournement de pouvoir.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 13 mars 2025 sous le n° 2500921.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Boissy, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 531-1 du code général de la fonction publique : " Le fonctionnaire, auteur d'une faute grave, qu'il s'agisse d'un manquement à ses obligations professionnelles ou d'une infraction de droit commun, peut être suspendu par l'autorité ayant pouvoir disciplinaire qui saisit, sans délai, le conseil de discipline. / Le fonctionnaire suspendu conserve son traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement. Sa situation doit être définitivement réglée dans le délai de quatre mois ".
2. M. A a été recruté par l'EHPAD " Les Hortensias " en qualité d'ouvrier professionnel en août 2006. Par une décision du 16 janvier 2025, le directeur de cet établissement l'a suspendu de ses fonctions à titre conservatoire sur le fondement de l'article L. 531-1 du code général de la fonction publique. Le requérant demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette décision du 16 janvier 2025.
Sur les conclusions à fin de suspension :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
4. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des éléments fournis par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
5. En se bornant à indiquer que la décision attaquée rend impossible l'exercice de son activité professionnelle, a des conséquences psychiques importantes et le prive d'une partie de sa rémunération, le requérant n'établit pas que l'exécution de cette décision porterait atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à sa situation personnelle et professionnelle. La condition d'urgence exigée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est donc en l'espèce pas remplie.
6. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition relative au doute sérieux, les conclusions à fin de suspension présentées par le requérant doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Le rejet des conclusions à fin de suspension n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction présentées par le requérant doivent dès lors être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'EHPAD " Les hortensias ", qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, le versement de la somme que demande M. A au titre des frais que celui-ci a exposés et qui ne sont pas compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Une copie de cette ordonnance sera transmise, pour information, à l'EHPAD " Les hortensias ".
Fait à Dijon le 20 mars 2025.
Le juge des référés,
L. Boissy
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
Le greffier