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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2501220

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2501220

jeudi 10 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2501220
TypeOrdonnance
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Dijon a rejeté la requête de M. B A contestant un arrêté préfectoral du 30 septembre 2024 lui faisant obligation de quitter le territoire français. La requête a été jugée manifestement irrecevable car introduite tardivement, au-delà du délai de recours d'un mois prévu par le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le tribunal a constaté que le délai, interrompu par une demande d'aide juridictionnelle, avait expiré le 27 mars 2025, alors que la requête n'a été enregistrée que le 4 avril 2025. En conséquence, les conclusions aux fins d'annulation, d'injonction et d'astreinte ont été rejetées sur le fondement du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 avril 2025, M. B A, représenté par Me Faivre, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 30 septembre 2024 par lequel le préfet de la Nièvre lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai en fixant le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre à la préfète de la Nièvre de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement sous astreinte de 150 euros par jour de retard et, à défaut, dans ce même délai et sous la même astreinte, de procéder au réexamen de sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et relatif à l'aide juridictionnelle et à l'aide à l'intervention de l'avocat dans les procédures non juridictionnelles ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ".

Sur les conclusions aux fins d'annulation d'injonction et d'astreinte :

2. En premier lieu, il résulte des dispositions combinées des articles L. 611-1, L. 614-1 et L. 911-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'étranger, pour contester, devant le tribunal administratif, une décision portant obligation de quitter le territoire français ainsi que la décision relative au séjour, la décision relative au délai de départ volontaire et l'interdiction de retour sur le territoire français qui, le cas échéant, l'accompagnent, dispose d'un délai d'un mois à compter de la notification de ces décisions. Aux termes de l'article R. 421-5 du code de justice administrative : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".

3. En second lieu, l'article 43 du décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 prévoit notamment que lorsqu'une action en justice ou un recours doit être intenté avant l'expiration d'un délai devant les juridictions de première instance, l'action ou le recours est réputé avoir été intenté dans le délai si la demande d'aide juridictionnelle s'y rapportant est adressée ou déposée au bureau d'aide juridictionnelle avant l'expiration de ce délai et si la demande en justice ou le recours est introduit dans un nouveau délai de même durée à compter de la date à laquelle le demandeur de l'aide juridictionnelle ne peut plus contester la décision d'admission ou de rejet de sa demande ou, en cas d'admission, de la date, si elle est plus tardive, à laquelle un auxiliaire de justice a été désigné.

4. D'une part, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 30 septembre 2024 -lequel comportait la mention des voies et délais de recours- a été notifié à M. A le 30 septembre 2024 et que le délai de recours contentieux d'un mois franc dont disposait l'intéressé pour contester cet arrêté a été interrompu le 11 octobre 2024 -date à laquelle l'intéressé a adressé une demande d'aide juridictionnelle-. D'autre part, ce délai de recours contentieux a recommencé à courir le 26 février 2025, date à laquelle le bâtonnier de Dijon a désigné l'avocat de M. A auquel l'aide juridictionnelle totale a été accordée par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Bobigny du 11 février 2025. Or la requête de M. A n'a été enregistrée au greffe du tribunal que le 4 avril 2024 soit après l'expiration, le 27 mars 2025 à minuit, du délai de recours contentieux qui avait recommencé à courir le 26 février 2025.

5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A sont tardives et donc manifestement irrecevables. Ces conclusions ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par le requérant peuvent dès lors être rejetées en application du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Sur les frais liés au litige :

6. Les dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, une quelconque somme au bénéfice du conseil de M. A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à la préfète de la Nièvre.

Une copie de cette ordonnance sera transmise, pour information, au ministre de l'intérieur.

Fait à Dijon le 10 avril 2025.

Le président de la 3ème chambre,

L. Boissy

La République mande et ordonne à la préfète de la Nièvre, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier

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