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AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2401450

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2401450

jeudi 5 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2401450
TypeOrdonnance
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Besançon a été saisi par M. A B pour contester deux décisions du 22 mars 2024 : le refus de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées de lui accorder l'allocation aux adultes handicapés (AAH) et le refus du président du conseil départemental du Doubs de lui délivrer la carte mobilité inclusion (CMI) mention stationnement. S'agissant de l'AAH, le tribunal a estimé que le litige relevait de la compétence du juge judiciaire en application des articles L. 241-6 et L. 241-9 du code de l'action sociale et des familles, et a transmis cette partie du dossier au tribunal judiciaire de Montbéliard. Concernant la CMI, le tribunal a constaté que M. B n'avait pas justifié avoir exercé le recours préalable obligatoire auprès du président du conseil départemental, comme l'exige l'article R. 241-17-1 du même code, et a rejeté cette partie de la requête comme manifestement irrecevable.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 juillet 2024 et complétée le 22 août 2024, M. A B soumet au tribunal :

1°) la décision du 22 mars 2024 par laquelle la présidente de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées a rejeté sa demande tendant à obtenir l'allocation aux adultes handicapés (AAH) ;

2°) la décision du 22 mars 2024 par laquelle le président du conseil départemental du Doubs a rejeté sa demande tendant à obtenir tendant à obtenir la carte mobilité inclusion (CMI) portant la mention stationnement ;

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de l'organisation judiciaire ;

- le décret n°2015-233 du 27 février 2015 modifié par le décret du 29 novembre 2018 ;

- l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, prévues aux articles

R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative () () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".

Sur les conclusions portant sur l'AAH :

2. Aux termes de l'article L. 241-6 du code de l'action sociale et des familles : " I. - La commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées est compétente pour : () 3º Apprécier : a) Si l'état ou le taux d'incapacité de la personne handicapée justifie l'attribution () pour l'adulte, de l'allocation prévue aux articles L. 821-1 et L. 821-2 du code de la sécurité sociale () ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 241-9 du même code : " Les décisions relevant du 1º du I de l'article L. 241-6 [du code de l'action sociale et des familles] (), ainsi que celles relevant des 2°, 3° et 5° du I du même article [L 241-6] peuvent faire l'objet de recours devant les tribunaux judiciaires spécialement désignés en application de l'article L. 211-16 du code de l'organisation judiciaire () ". Aux termes de l'article R. 142-10 du code de la sécurité sociale : " Le tribunal judiciaire territorialement compétent est celui dans le ressort duquel demeure le demandeur () ".

3. Ainsi, les conclusions aux fins d'annulation de la décision du 22 mars 2024 relative à l'AAH ne relèvent pas de la compétence du juge administratif mais de celle du juge judiciaire.

4. Il résulte de ce qui précède aux points 2 et 3 et sur le fondement de l'article 32 du décret du 27 février 2015 modifié par le décret du 29 novembre 2018, qu'il y a lieu de transmettre le dossier de la procédure relative à l'AAH au tribunal judiciaire de Montbéliard compétent pour statuer sur la requête de M. B en application des articles L. 211-16 et D. 211-10-3 du code de l'organisation judiciaire.

Sur les conclusions portant sur la CMI portant la mention stationnement :

5. En vertu des dispositions combinées de l'article L. 241-6, de l'article L. 146-9 et du 3° du I de l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles, le président du conseil départemental, au vu de l'appréciation de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH), attribue, à titre définitif ou pour une durée déterminée, la carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement pour personnes handicapées " à toute personne physique atteinte d'un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu'elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements.

6. D'une part, aux termes de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation () ". L'article R. 612-1 du même code prévoit que : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser ".

7. D'autre part, aux termes de l'article R. 241-17-1 du code de l'action sociale et des familles : " Le recours préalable obligatoire formé contre une décision relative à la carte " mobilité inclusion " destinée aux personnes physiques est formé, par tout moyen lui conférant date certaine, devant le président du conseil départemental. / Ce recours préalable comprend une lettre de saisine et une copie de la décision contestée ou, lorsqu'elle est implicite, une copie de l'accusé réception de la demande ayant fait naître cette décision. La lettre de saisine peut exposer les motifs de la contestation et les éléments insuffisamment ou incorrectement pris en compte. / Ce recours préalable est examiné selon les mêmes modalités que la demande initiale. Le silence gardé pendant plus de deux mois par l'auteur de la décision, à partir de la date à laquelle le recours préalable obligatoire a été présenté auprès du président du conseil départemental, vaut décision de rejet de la demande ". En vertu de ces dispositions, la personne qui entend contester la décision statuant sur une demande de carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement pour personnes handicapées " doit, avant de saisir le juge, former un recours préalable adressé au président du conseil départemental et la décision prise à la suite de ce recours préalable, qui se substitue à la décision initiale, est seule susceptible d'être contestée devant le juge administratif.

8. Le 13 août 2024, le greffe du tribunal a invité M. B, en application de l'article R. 612-1 du code de justice administrative, à régulariser sa requête au regard des dispositions combinées de l'article R. 412-1 du même code et de l'article R. 241-17-1 du code de l'action sociale et des familles. Invité à régulariser sa requête par une demande qui lui a été adressée le 13 août 2024 à 9h18 au moyen de l'application " télérecours citoyen ", qui lui a été notifiée le même jour à 13h00, M. B s'est borné en date du 22 août 2024 à transmettre les décisions du 22 mars 2024. Toutefois, dans le délai de quinze jours qui lui était imparti et, en tout état de cause, à la date de la présente ordonnance, il n'a pas justifié avoir exercé le recours préalable mentionné au point 7, produit la décision prise sur ce recours préalable ou justifié de l'impossibilité de produire cette décision. Ainsi, les conclusions concernant la CMI portant la mention stationnement qui n'ont pas été régularisées, sont manifestement irrecevables et peuvent être rejetées sur le fondement du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : Les conclusions de M. B aux fins d'annulation de la décision du 22 mars 2024 portant sur l'allocation aux adultes handicapés sont rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.

Article 2 : Le dossier de la requête de M. B concernant l'allocation aux adultes handicapés est transmis au tribunal judiciaire de Montbéliard (Pôle social).

Article 3 : Le surplus des conclusions présentées par M. B est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au président du tribunal judiciaire de Montbéliard.

Une copie de cette ordonnance sera adressée, pour information, au département du Doubs et à la maison départementale des personnes handicapées du Doubs.

Fait à Besançon le 5 septembre 2024.

La présidente de la 2ème chambre,

S. Grossrieder

La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice et au préfet du Doubs, en ce qui les concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier

N°2401450

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