lundi 17 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2402207 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 novembre 2024, Mme B A entend demander au tribunal d'annuler la décision du 6 août 2024 par laquelle la présidente du conseil départemental du Doubs lui réclame la somme de 261,66 euros au titre d'un trop-perçu d'allocation personnalisée d'autonomie (APA) pour la période du 1er avril 2023 au 31 décembre 2023, ainsi que l'avis des sommes à payer émis le 30 octobre 2024 par le département du Doubs pour le recouvrement de cette somme.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles,
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ". ". Aux termes de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation () ".
2. Aux termes de l'article L. 134-1 du code de l'action sociale et des familles : " Le contentieux relevant du présent chapitre comprend les litiges relatifs aux décisions du président du conseil départemental et du représentant de l'Etat dans le département en matière de prestations légales d'aide sociale prévues par le présent code ". Et aux termes de l'article L. 134-2 du code de l'action sociale et des familles : " Les recours contentieux formés contre les décisions mentionnées à l'article L. 134-1 sont précédés d'un recours administratif préalable exercé devant l'auteur de la décision contestée () ". Il résulte de ces dispositions que la personne qui entend contester une décision relative à l'APA doit obligatoirement, avant de saisir le juge, former un recours administratif préalable devant l'autorité compétente. A défaut d'un tel recours, la contestation portée directement devant le juge administratif est irrecevable.
3. D'une part, dans sa requête dirigée contre la décision du 6 août 2024 du département du Doubs relative à l'APA, Mme A n'établit pas avoir déposé le recours administratif préalable obligatoire auprès de la présidente du conseil départemental du Doubs. En dépit de la demande de régularisation qui lui a été adressée le 27 novembre 2024 par une lettre recommandée avec avis de réception, distribuée le 29 novembre 2024, la requérante n'a pas, à l'expiration du délai de quinze jours qui lui était imparti et, en tout état de cause à la date de la présente ordonnance, justifié avoir exercé le recours administratif préalable obligatoire auprès de la présidente du conseil départemental du Doubs. Ainsi, les conclusions aux fins d'annulation de la décision du 6 août 2024 qui n'ont pas été régularisées, sont entachées d'une irrecevabilité manifeste et doivent être rejetées en application du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
4. D'autre part, Mme A entend demander également l'annulation de l'avis des sommes à payer émis le 30 octobre 2024 ayant pour objet de recouvrer le trop-perçu d'allocation personnalisée d'autonomie d'un montant de 261,66 euros au titre de la période du 1er avril 2023 au 31 décembre 2023. Pour solliciter l'annulation de ce titre exécutoire, la requérante, qui ne conteste pas le bien-fondé de cette dette, se borne à soutenir qu'elle a fait l'erreur de rémunérer trois personnes en espèces, que sa situation financière ne lui permet pas de rembourser ce
trop-perçu et l'oblige à mettre ses dépenses de santé en attente. Toutefois, la situation financière et de précarité alléguée par la requérante est sans incidence sur la régularité et le bien-fondé de cet avis des sommes à payer. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation de l'avis des sommes à payer présentées par Mme A ne peuvent qu'être rejetées en application du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
5. Il résulte de tout ce qui précède, que la requête de Mme A doit être rejetée en application des 4° et 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Fait à Besançon le 17 mars 2025.
La présidente de la 2ème chambre,
S. Grossrieder
La République mande et ordonne au préfet du Doubs en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
No2402207