LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2601163

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2601163

lundi 1 juin 2026

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2601163
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Avocat requérantLUTZ LOUIS-MARIE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 mai 2026, et un mémoire complémentaire du 28 mai 2026, M. A... C..., représenté par Me Lutz, demande au juge des référés dans le dernier état de ses écritures :

1°) d’ordonner la suspension de l’exécution de la délibération n° 2026 / 35 du 27 avril 2026 par laquelle le conseil municipal d’Etupes a approuvé le budget primitif 2026 ;

2°) d’enjoindre à la commune d’Etupes d’inscrire le vote du budget à l’ordre du jour du prochain conseil municipal ;

3°) de lui octroyer le bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ;

4°) de mettre à la charge de la commune d’Etupes une somme de 1 200 euros à verser à son avocat, lequel renonce dans cette hypothèse à percevoir le montant de l’aide juridictionnelle, sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. C... soutient que :

- L’urgence est caractérisée car le budget primitif constitue l’acte d’autorisation des dépenses et des recettes de la commune et son exécution est immédiate. Or, le budget voté est insincère, erroné, et porte une atteinte grave et immédiate aux intérêts financiers de la commune et des contribuables communaux. En l’absence de documents concordants, les conseillers municipaux n’ont pas reçu une information de débattre un budget qui fait peser des charges considérables sur les contribuables communaux. Enfin, l’exécution budgétaire rend toute annulation ultérieure illusoire créant une situation financière irréversible.

- S’agissant de l’existence d’un doute sérieux : il y a eu méconnaissance de l’article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales car la note de synthèse jointe à la convocation du conseil municipal était erronée (écarts avec les chiffres réellement soumis au vote) et incomplète. Le principe de sincérité budgétaire de l’article L. 1612-4 du code général des collectivités territoriales n’a pas été respecté (discordance avec la note de synthèse autour d’un solde d’exécution reporté négatif de – 843 420,34 euros, dissimulation de ce report négatif aux élus). La délibération attaquée est également entachée de vice de forme car elle ne mentionne pas directement les montants globaux du budget adopté et renvoie à des annexes contradictoires entre elles, ce qui nuit à sa lisibilité.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 mai 2026, la commune d’Etupes, représentée par M. D..., son maire en exercice, a conclu au rejet de la requête et à la mise à la charge de M. C... du paiement d’une somme de 500 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que la situation d’urgence n’est pas caractérisée et qu’aucun moyen n’est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la délibération attaquée.

Vu les autres pièces du dossier, notamment la requête en annulation enregistrée le 8 mai 2026 sous le n°2601162.

Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme B... pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Au cours de l’audience publique qui s’est tenue le 29 mai 2026 en présence de Mme Chiappinelli, greffière, Mme B... a lu son rapport et entendu les observations de :
- Me Lutz, représentant M. C..., qui maintient ses conclusions par les mêmes moyens, et indique que la note de synthèse n’a pas permis aux conseillers de voter de façon éclairée. Il a souligné l’impact d’un emprunt de plus de 800 000 euros sur les finances de la commune, et l’urgence à faire revoter le budget eu égard à cette charge non clairement évoquée dans la note de synthèse.
Invité à répondre à ses questions par la juge des référés, M. C..., présent à l’audience a précisé qu’à sa connaissance l’exécution du budget primitif, tel qu’il avait été voté le 27 avril 2026 n’entrainait pas d’empêchement de fonctionner pour un service public communal. Il a également indiqué ne pas savoir s’il y avait eu un retour d’observations du préfet lors de la transmission de la délibération au contrôle de légalité ou de saisine de la Chambre régionale des Comptes (CRC).
- M. D..., maire d’Etupes, présent à l’audience a confirmé ses observations écrites et soutient que le budget voté le 27 avril 2026 n’entrainera aucun blocage de fonctionnement au niveau communal, et que la délibération transmise au contrôle de légalité n’a fait l’objet d’aucune remarque du préfet et que la CRC n’a pas été saisie.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.


Considérant ce qui suit :


Sur la demande d’aide juridictionnelle provisoire :

Aux termes de l’article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique : « Dans les cas d’urgence sous réserve de l’appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d’office, l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d’aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ». En l’espèce, il y a lieu, eu égard à l’urgence qui s’attache à ce qu’il soit statué sur la requête de M. C..., de prononcer son admission provisoire au bénéfice de l’aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin de suspension :

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision». Aux termes du premier alinéa de l’article R. 522-1 de ce code : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire ».

3. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision administrative contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L’urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l’ensemble des circonstances de l’affaire.

4. Au cas d’espèce, en admettant même que le budget primitif 2026 voté par le conseil municipal de la commune d’Etupes le 27 avril 2026 serait insincère, erroné, et porterait une atteinte grave et immédiate aux intérêts financiers de la commune et des contribuables communaux, il n’est pas établi en l’état du dossier et à l’issue des débats à l’audience, que le préfet du Doubs auquel la délibération en litige a été adressée au titre du contrôle budgétaire et de légalité, a jugé utile de s’en saisir ou d’en saisir la chambre régionale des comptes, ni que les irrégularités relevées par M. C... dans ses écritures auraient pour effet de compromettre gravement, à brève échéance, le fonctionnement et la continuité des services publics de la commune. Si afin d’établir la situation d’urgence dont il se prévaut, le requérant invoque également l’exécution budgétaire qui rend toute annulation ultérieure illusoire en créant une situation financière irréversible, par principe, l’urgence au sens des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative ne saurait découler de la nature de l’acte attaqué, mais doit reposer sur une démonstration objective du requérant, laquelle n’est pas apportée en l’espèce.

5. Il résulte de ce qui précède, sans qu’il soit besoin d’examiner les moyens dont le requérant soutient qu’ils seraient propres à créer un doute sérieux sur la légalité de la délibération attaquée, que le présent recours doit être rejeté sans qu’il soit besoin d’examiner les conclusions à fin d’injonction présentées à titre accessoire.

Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative :

6. Il n’y a pas lieu dans les circonstances de l’espèce de mettre à la charge de M. C... une somme sur le fondement de ces dispositions.

7. La commune d’Etupes n’est pas la partie perdante dans le cadre du présent litige, il n’y a donc pas lieu de mettre à sa charge une somme sur le fondement de ces dispositions.


O R D O N N E :


Article 1er : M. C... est admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C... est rejeté.

Article 3 : Les conclusions de la commune d’Etupes présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... C... et à la commune d’Etupes.

Copie en sera transmise pour information au préfet du Doubs.


Fait à Besançon, le 1er juin 2026.


La juge des référés,





F. B...


La République mande et ordonne au préfet du Doubs en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière
2

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA33Plein contentieux

Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2604449

Le Tribunal administratif de Bordeaux, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A... B.... Ce dernier demandait, en pleine vague de chaleur et avant un rendez-vous médical, sa réintégration dans un hébergement d'urgence, invoquant une atteinte grave à ses libertés fondamentales (droit à l'hébergement, droit à la vie et à l'intégrité physique). Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie ou que la demande était manifestement mal fondée, au vu des nombreux hébergements déjà proposés au requérant. La décision s'appuie sur les articles L. 345-2 et suivants du code de l'action sociale et des familles, qui garantissent l'accès à l'hébergement d'urgence, mais dont la carence n'a pas été caractérisée en l'espèce.

01/06/2026

← Retour aux décisions