LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2003145

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2003145

vendredi 16 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2003145
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème chambre
Avocat requérantSCP MASSAL VERGANI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 20 octobre 2020, M. A B, représenté par Me Vergani, demande au tribunal :

- d'annuler l'arrêté du 11 septembre 2020 par lequel le préfet du Gard lui a ordonné de se dessaisir des armes de toute catégorie en sa possession et lui a interdit d'acquérir des armes, types d'arme et munitions de toute catégorie,

- de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le tribunal correctionnel, par un jugement du 14 janvier 2015, lui a fait interdiction d'acquérir et/ou de détenir des armes de catégorie A, B et C pour une durée de trois ans ; par suite, à la date de délivrance des récépissés de déclarations d'armes, soit les 14 mai 2019 et 7 août 2020 et de la décision contestée, il n'était sous le coup d'aucune interdiction d'acquérir et/ou de détenir une arme ; le préfet du Gard a commis une erreur de droit tirée de la violation manifeste de l'article L 312-3 2° du Code de la sécurité intérieure ;

- le préfet du Gard fait état de son inscription au fichier du traitement des antécédents judiciaires (TAJ) pour justifier la décision contestée, étant précisé que les faits qui ont conduit à cette inscription sont ceux qui ont été jugé par le tribunal correctionnel et qu'il ne s'agit pas de faits distincts et surabondants ; par suite, la violation de l'article 10 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 est manifeste et entache d'irrégularité la décision contestée ;

- au vu de l'ancienneté des faits, de son comportement et de sa personnalité, c'est à tort que le préfet du Gard considère que son comportement laisserait craindre une utilisation dangereuse de ses armes pour autrui et/ou pour lui-même aux seuls motifs de sa condamnation selon jugement du 14 janvier 2015 et de son inscription au TAJ ; par suite, l'erreur de fait et d'appréciation est manifeste.

Par un mémoire en défense enregistré le 23 décembre 2020, la préfète du Gard conclut au rejet de la requête.

Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés dans la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 78-17 de la loi du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés ;

- le code de procédure pénale ;

- le code de la sécurité intérieure ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. D C ;

- et les conclusions de Mme Wendy Lellig, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 11 septembre 2020, la préfète du Gard ordonné à M. B de se dessaisir de l'ensemble de ses armes et lui a interdit d'en acquérir de nouvelles aux motifs d'une part que la confiscation de ses armes, ordonnée par le juge judiciaire le 16 janvier 2015 lui interdisant d'en acquérir ou détenir en application du 2° de l'article L. 312-3 du code de la sécurité intérieure et d'autre part que les faits de menace de mort qu'il a commis le 14 janvier 2015 révèlent un comportement qui laisse craindre une utilisation dangereuse de ses armes pour lui-même ou pour autrui au sens de l'article L. 312-3-1 du code de la sécurité intérieure. M. B demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 312-3-1 du code de la sécurité intérieure : " L'autorité administrative peut interdire l'acquisition et la détention des armes, munitions et de leurs éléments des catégories A, B et C aux personnes dont le comportement laisse craindre une utilisation dangereuse pour elles-mêmes ou pour autrui ". Aux termes de l'article L. 312-11 du même code : " Sans préjudice des dispositions de la sous-section 1, le représentant de l'Etat dans le département peut, pour des raisons d'ordre public ou de sécurité des personnes, ordonner à tout détenteur d'une arme, de munitions et de leurs éléments de toute catégorie de s'en dessaisir. / () ". Aux termes de l'article L. 312-13 de ce code : " Il est interdit aux personnes ayant fait l'objet de la procédure prévue à la présente sous-section d'acquérir ou de détenir des armes, munitions et leurs éléments de toute catégorie. / Cette interdiction est levée par le représentant de l'Etat dans le département s'il apparaît que l'acquisition ou la détention d'armes, de munitions et de leurs éléments par la personne concernée n'est plus de nature à porter atteinte à l'ordre public ou à la sécurité des personnes ". Il résulte de l'article R. 312-67 du même code que, contrairement à ce que soutient le requérant, le préfet peut ordonner le dessaisissement d'une arme lorsqu'il résulte de l'enquête qu'il a diligentée, laquelle peut donner lieu à la consultation des traitements automatisés de données personnelles mentionnés à l'article 26 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978, que le comportement du demandeur ou du déclarant est incompatible avec la détention d'une arme.

3. La mesure de dessaisissement d'armes litigieuse est notamment fondée sur la circonstance que l'enquête administrative diligentée par l'autorité préfectorale, ayant donné lieu à la consultation du fichier TAJ, prévu à l'article 230-6 du code de procédure pénale, a fait apparaître que le président du tribunal de grande instance d'Alès, par une ordonnance du 16 janvier 2015, avait homologué la proposition de peine formée par le procureur de la République à l'encontre de M. B pour des faits de menace de mort réitérée et de port et transport sans motif légitime d'une arme et de munitions de catégorie C, commis le 14 janvier 2015 à Alès, Bagard et Saint-Jean du Pin. M. B a été condamné notamment à une peine de 9 mois d'emprisonnement avec sursis, à une obligation de suivi médical et à la confiscation de ses armes.

4. Le requérant fait valoir qu'il a scrupuleusement respecté ses obligations consécutivement à la condamnation dont il a fait l'objet, le caractère isolé des faits pour lesquels il a été condamné et plus généralement le sérieux dont il fait preuve dans son comportement personnel et professionnel. Toutefois, M. B ne conteste pas la matérialité de ces faits, qui ne sont pas suffisamment anciens à la date de la décision attaquée et qui, par leur gravité, étaient de nature à faire regarder son comportement passé comme n'étant pas compatible avec la détention d'une arme. Dans ces circonstances, la préfète du Gard n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées du code de la sécurité intérieure. Elle était fondée pour ce seul motif à ordonner à M. B de se dessaisir des armes en sa possession et en lui interdisant d'en acquérir ou détenir de nouvelles.

5. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté de la préfète du Gard du 11 septembre 2020.

Sur les frais liés au litige :

6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie tenue aux dépens ou la partie perdante, une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète du Gard.

Délibéré après l'audience du 2 décembre, à laquelle siégeaient :

M. Peretti, président,

M. Parisien, premier conseiller,

Mme Bertrand, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2022.

Le rapporteur,

P. C

Le président,

P. PERETTI

Le greffier,

D. BERTHOD

La République mande et ordonne à la préfète du Gard en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2003145

Décisions similaires

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 516229

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.

01/06/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 515333

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de Mme A..., magistrate, qui demandait le report et l'encadrement de ses auditions par l'inspection générale de la justice (IGJ) dans le cadre d'une enquête administrative. La requérante invoquait une atteinte grave à ses droits de la défense, à sa dignité et à l'indépendance juridictionnelle. Le juge a estimé que l'audition prévue du 4 au 7 mai 2026, qui ne préjugeait pas de l'issue de l'enquête ni d'éventuelles poursuites disciplinaires, n'était pas susceptible de porter une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'étant pas retenue comme caractérisant une illégalité grave.

03/05/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 509298

Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.

09/04/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 507528

Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi de La Poste contre l'ordonnance ayant suspendu la révocation de M. B..., estimant qu'aucun moyen sérieux n'est soulevé.

09/04/2026

← Retour aux décisions