mardi 21 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2202425 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 4ème chambre magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | DELHAYE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 août 2022, Mme B C, représentée par Me Delhaye, avocat, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision en date du 8 mars 2022 par laquelle la commission de médiation du droit au logement opposable de Vaucluse a rejeté sa demande en vue d'une offre de logement dans les conditions prévues au II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, ainsi que la décision en date du 7 juin 2022 rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à cette autorité, à titre principal, de faire droit à sa demande, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande dans un délai de deux mois ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme C soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut d'examen réel et personnalisé ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit dans l'application des dispositions de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation en rajoutant des conditions non prévues par cet article, s'agissant de l'absence de déclaration, par une autorité compétente, du caractère impropre à l'habitation, insalubre et indécent, et s'agissant du défaut de mise en demeure et de procédure judiciaire préalable ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur dans l'appréciation des critères prévus à l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, deux des six situations prévues par cet article correspondant à sa propre situation, à savoir le logement impropre à l'habitation insalubre ou dangereux et l'hébergement dans un logement non décent avec au moins un mineur ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de la réalisation de travaux à faire par le propriétaire.
La requête a été communiquée à la préfète de Vaucluse, qui n'a pas produit d'observations.
Le bureau d'aide juridictionnelle a admis Mme C au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 27 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- l'arrêté du 24 juillet 2013 relatif au nouveau formulaire de demande de logement locatif social et aux pièces justificatives fournies pour l'instruction de la demande de logement locatif social ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Brossier, vice-président, pour statuer sur les litiges énumérés par l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
En application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative, la rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A a été présenté au cours de l'audience publique, en l'absence des parties.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C demande l'annulation de la décision du 8 mars 2022 par laquelle la commission départementale de médiation du droit au logement opposable de Vaucluse a rejeté sa demande de logement social enregistrée sur le fondement des dispositions de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, ainsi que la décision du 7 juin 2022 rejetant son recours gracieux.
2. Aux termes de l'article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le droit à un logement décent et indépendant, mentionné à l'article 1er de la loi n° 90-449 du 31 mai 1990 visant à la mise en œuvre du droit au logement, est garanti par l'Etat à toute personne qui, résidant sur le territoire français de façon régulière et dans des conditions de permanence définies par décret en Conseil d'Etat, n'est pas en mesure d'y accéder par ses propres moyens ou de s'y maintenir. Ce droit s'exerce par un recours amiable puis, le cas échéant, par un recours contentieux dans les conditions et selon les modalités fixées par le présent article et les articles L. 441-2-3 et L. 441-2-3-1 ".
3. Aux termes du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation : "La commission de médiation peut être saisie par toute personne qui, satisfaisant aux conditions réglementaires d'accès à un logement locatif social, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande de logement dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4. Elle peut être saisie sans condition de délai lorsque le demandeur, de bonne foi, est dépourvu de logement, menacé d'expulsion sans relogement, hébergé ou logé temporairement dans un établissement ou un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, logé dans des locaux impropres à l'habitation ou présentant un caractère insalubre ou dangereux. Elle peut également être saisie, sans condition de délai, lorsque le demandeur est logé dans des locaux manifestement suroccupés ou ne présentant pas le caractère d'un logement décent, s'il a au moins un enfant mineur, s'il présente un handicap au sens de l'article L. 114 du code de l'action sociale et des familles ou s'il a au moins une personne à charge présentant un tel handicap. (). Dans un délai fixé par décret, la commission de médiation désigne les demandeurs qu'elle reconnait prioritaires et auxquels un logement doit être attribué en urgence. Elle détermine pour chaque demandeur, en tenant compte de ses besoins et de ses capacités, les caractéristiques de ce logement. Elle notifie par écrit au demandeur sa décision qui doit être motivée () ".
4. Les recours contre les décisions des commissions de médiation sur les demandes d'une personne tendant à être déclarée prioritaire et devant être logée d'urgence relèvent du contentieux de l'excès de pouvoir. Il appartient au juge administratif, lorsqu'il est saisi d'un recours formé à l'encontre d'une décision de la commission de médiation refusant à un demandeur de le reconnaître prioritaire pour l'accès à un logement décent et indépendant dans le cadre du droit garanti par l'État selon les dispositions de l'article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation, d'apprécier l'urgence et le caractère prioritaire de la demande de logement à la date de la décision attaquée.
5. Mme C a présenté devant la commission départementale de médiation du droit au logement opposable une demande tendant à l'attribution d'un logement social aux motifs qu'elle est logée dans des locaux présentant un caractère insalubre ou dangereux et qu'elle vit dans un logement non décent avec enfant mineur à charge.
6. Lors des séances du 8 mars 2022 puis du 7 juin 2022, la commission départementale de médiation a rejeté cette demande aux motifs que le caractère insalubre ou impropre à l'habitation n'a pas été reconnu par une autorité compétente, qu'aucune indécence n'a été constatée par une autorité compétente, que des manquements au règlement sanitaire départemental ont été constatés, que le droit au logement opposable ne se substitue pas aux procédures de droit commun et qu'il appartient à l'intéressée de mettre en demeure son propriétaire de mettre aux normes et en bon état le logement.
7. Aux termes de l'article R. 441-14-1 du même code : " La commission, saisie sur le fondement du II ou du III de l'article L. 441-2-3, se prononce sur le caractère prioritaire de la demande et sur l'urgence qu'il y a à attribuer au demandeur un logement ou à l'accueillir dans une structure d'hébergement, en tenant compte notamment des démarches précédemment effectuées dans le département ou en Ile-de-France dans la région. Peuvent être désignées par la commission comme prioritaires et devant être logées d'urgence en application du II de l'article L. 441-2-3 les personnes de bonne foi qui satisfont aux conditions réglementaires d'accès au logement social et qui se trouvent dans l'une des situations suivantes : () être logées dans des locaux impropres à l'habitation, ou présentant un caractère insalubre ou dangereux. () être handicapées, ou avoir à leur charge une personne en situation de handicap, ou avoir à leur charge au moins un enfant mineur, et occuper un logement soit présentant au moins un des risques pour la sécurité ou la santé énumérés à l'article 2 du décret du 30 janvier 2002 ou auquel font défaut au moins deux des éléments d'équipement et de confort mentionnés à l'article 3 du même décret, soit une surface habitable inférieure aux surfaces mentionnées au 2° de l'article D. 542-14 du code de la sécurité sociale, ou, pour une personne seule, d'une surface inférieure à celle mentionnée au premier alinéa de l'article 4 du même décret. La commission peut, par décision spécialement motivée, désigner comme prioritaire et devant être logée en urgence une personne qui, se trouvant dans l'une des situations prévues à l'article L. 441-2-3, ne répond qu'incomplètement aux caractéristiques définies ci-dessus. ".
8. Il ressort des pièces du dossier que Mme C occupe à Pertuis, avec son frère et un enfant mineur, un appartement de type T3 en rez-de-chaussée d'une maison de village. Il ressort du constat de visite, effectuée le 6 juillet 2021 par un agent de la police municipale de Pertuis, que ce logement comporte plusieurs infractions au règlement sanitaire départemental en présentant notamment une absence d'aération, des traces d'humidité et des infiltrations d'eau. La préfète de Vaucluse ne conteste pas le contenu de ce rapport effectué par un agent assermenté. Dans ces conditions, en ne reconnaissant pas au logement de l'intéressée de caractère impropre à l'habitation ou insalubre ou dangereux au sens de l'article R. 441-14-1 précité, les décisions attaquées sont entachées d'erreur d'appréciation et doivent être annulées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative dispose que : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution () ". Aux termes de l'article L. 911-2 du même code : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé () ".
10. Le présent jugement, qui accueille les conclusions à fin d'annulation de la requête et eu égard au motif de cette annulation, implique nécessairement que la préfète de Vaucluse saisisse à nouveau la commission de médiation du droit au logement opposable de Vaucluse, afin que celle-ci réexamine la demande de Mme C. Il y a donc lieu d'enjoindre à la préfète de saisir à nouveau ladite commission dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
11. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
12. Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une quelconque somme sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions attaquées de la commission de médiation du droit au logement opposable de Vaucluse des 8 mars 2022 et 7 juin 2022 sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de Vaucluse de réunir à nouveau la commission de médiation du droit au logement opposable de Vaucluse afin qu'elle réexamine la demande de Mme C, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête n° 2202425 de Mme C est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, à Me Delhaye et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée à la préfète de Vaucluse.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 février 2023.
Le magistrat désigné,
J. B. A
Le greffier,
E. NIVARD
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Conseil d'État — N° 507200
**Solution rendue** : Le Conseil d'État rejette le pourvoi de la métropole du Grand Nancy. **Motif principal** : Aucun moyen sérieux n'est retenu, la cour administrative d'appel ayant correctement qualifié la voie d'accès d'équipement public et suffisamment motivé sa décision. **Portée** : Confirmation de la condamnation de la métropole à rembourser les frais de voirie et de signalisation imposés au pétitionnaire.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 506535
Le Conseil d’État a rejeté la requête de M. B... contre la sanction de l’AFLD. Il a jugé que la procédure était régulière et que la sanction de quatre ans était proportionnée. Cette décision confirme la rigueur de la lutte antidopage en France.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 504834
Le Conseil d'État rejette le pourvoi de M. B... contre l'ordonnance de la cour administrative d'appel de Marseille. Aucun des moyens soulevés (insuffisance de motivation, erreur de droit, dénaturation des pièces) n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi. La décision confirme que la requête était manifestement dépourvue de fondement sérieux.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 508061
08/04/2026