mardi 15 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2300486 |
| Type | Décision |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | COQUE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 7 février 2023, 26 septembre et 12 novembre 2024, M. D C, représenté par Me Hequet, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 10 mars 2022 par laquelle le maire de Jonquières a constaté la caducité du permis de construire qui lui a été délivré le 15 juillet 2004 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 30 décembre 2022 par lequel le maire de Jonquières a refusé de lui délivrer un permis de construire modificatif ;
3°) d'enjoindre au maire de Jonquières de lui délivrer le permis de construire sollicité dans un délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir ou, à défaut, de réexaminer sa demande dans le même délai ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Jonquières la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions attaquées ont été signées par une autorité incompétente ;
- elles sont insuffisamment motivées ;
- en estimant que le permis de construire qui lui a été délivré le 15 juillet 2004 était caduc, le maire de Jonquières a commis une erreur d'appréciation ;
- la méconnaissance des dispositions du plan d'exposition aux bruits de la base aérienne 115 d'Orange Caritat ne pouvait légalement fonder le refus de permis de construire modificatif.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 septembre 2024 et un mémoire enregistré le 18 novembre 2024 et non communiqué, la commune de Jonquières, représentée par Me Coque, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 5 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lahmar,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- et les observations de Me Rouault, substituant Me Hequet et représentant le requérant, et celles de Me Coque, représentant la commune de Jonquières.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 15 juillet 2004, le maire de Jonquières a délivré à M. C un permis de construire un ensemble immobilier composé de cinq logements sur un terrain situé avenue de la Libération. Par décision du 10 mars 2022, le maire de Jonquières a constaté la caducité de cette autorisation. Le recours gracieux formé par M. C à l'encontre de cette décision, le 12 mai 2022, a fait l'objet d'un rejet implicite. En outre, le 15 novembre 2022, M. C a sollicité la délivrance d'un permis de construire modificatif portant sur le garage, les terrasses et les menuiseries des bâtiments projetés. Le requérant demande au tribunal d'annuler, d'une part, la décision du 10 mars 2022 constatant la caducité du permis de construire qui lui a été accordé le 15 juillet 2004 et, d'autre part, l'arrêté du 30 décembre 2022 par lequel le maire de Jonquières a refusé de lui délivrer le permis de construire modificatif demandé.
Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :
2. En premier lieu, les décisions contestées ont été signées pour le maire de Jonquières par son adjoint délégué à l'urbanisme, M. B A. Par arrêté du 15 juillet 2020, transmis en préfecture le lendemain de son édiction et dont les mentions n'ont pas été contestées suite à sa production, le maire de Jonquières a accordé une délégation de fonctions et de signature à M. A en matière d'urbanisme notamment. Est, en outre, produit à l'instance un certificat établi par le maire de Jonquières attestant de l'affichage de l'arrêté du 15 juillet 2020 à compter du lendemain de son édiction et pour une durée de deux mois. Au regard de ces éléments, le requérant n'est pas fondé à soutenir que les décisions litigieuses auraient été signées par une autorité incompétente.
3. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6. "
4. L'arrêté du 30 décembre 2022 mentionne de manière précise les considérations utiles de droit et de fait qui en constituent le fondement. Le requérant n'est, par suite, pas fondé à soutenir qu'il serait insuffisamment motivé.
5. D'autre part, la péremption du permis de construire instituée par les dispositions de l'article R. 424-17 du code de l'urbanisme est acquise par le seul laps du temps qu'elles prévoient lorsque les constructions n'ont pas été entreprises ou ont été interrompues sans que soit nécessaire l'intervention d'une décision de l'autorité qui a délivré le permis. Ainsi, l'acte constatant la péremption de l'autorisation de construire n'est pas au nombre des décisions qui doivent être motivées. Il en résulte que le moyen tiré de ce que la décision du 10 mars 2022 serait insuffisamment motivée est inopérant et ne peut qu'être écarté.
6. En troisième lieu, d'une part, aux termes de l'article R. 424-17 du code de l'urbanisme : " Le permis de construire, d'aménager ou de démolir est périmé si les travaux ne sont pas entrepris dans le délai de trois ans à compter de la notification mentionnée à l'article R. 424-10 ou de la date à laquelle la décision tacite est intervenue. Il en est de même si, passé ce délai, les travaux sont interrompus pendant un délai supérieur à une année. () "
7. D'autre part, l'autorité compétente, saisie d'une demande en ce sens, peut délivrer au titulaire d'un permis de construire en cours de validité un permis modificatif tant que la construction que ce permis autorise n'est pas achevée, dès lors que les modifications envisagées n'apportent pas à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.
8. Pour refuser de délivrer le permis de construire modificatif sollicité par M. C, le maire de Jonquières s'est notamment fondé sur le motif tiré de la caducité du permis de construire initial qui lui a été délivré le 15 juillet 2004, lequel constitue également le fondement de la première décision contestée du 10 mars 2022. A cet égard, il ressort des pièces du dossier que le délai de validité du permis de construire du 15 juillet 2004, dont la date de notification ne ressort pas des pièces du dossier, a commencé à courir au plus tard le 22 janvier 2005, date à laquelle M. C a déclaré l'ouverture du chantier. Pour contester la caducité du permis de construire susvisé, le requérant a produit à l'instance un récapitulatif des travaux réalisés chaque année entre 2004 et 2022, auquel il a joint des photographies. Cependant, dans la mesure où ces photographies ne sont pas datées, elles ne permettent pas d'établir la date à laquelle les travaux allégués auraient été effectués. Il en va de même des factures versées à l'instance, qui sont en grande majorité relatives à l'achat de matériaux ou à la location de matériel, et qui ne permettent donc pas de démontrer la réalité des travaux allégués et la période à laquelle ils auraient été exécutés. En particulier, à supposer même que des travaux significatifs d'exécution du permis de construire auraient été effectués dans le délai de trois ans suivant le 22 janvier 2005, les pièces produites par M. C pour les années 2013 à 2018 au moins ne sont pas de nature à justifier que les travaux n'auraient pas fait l'objet d'une interruption de plus d'un an au cours de cette période. Ces éléments sont, au surplus, corroborés par la circonstance que seuls trois des cinq logements autorisés par le permis de construire du 15 juillet 2004 avaient été finalisés en 2022, date à laquelle les fondations des deux logements restants commençaient seulement à être réalisées, de sorte que les travaux déjà effectués, sur une période de dix-huit ans, ne peuvent être regardés comme suffisants, au regard de l'ampleur totale du projet, pour avoir fait obstacle à la péremption du permis. Pour finir, ni les attestations produites par des particuliers, témoignant de l'avancée régulière des travaux, ni les différents arrêtés par lesquels le maire de Jonquières a autorisé M. C à occuper temporairement le domaine public pour leur exécution, ni les pièces relatives à la mise en location des trois logements achevés ne sont de nature à démontrer que le permis de construire du 15 juillet 2004 n'était pas caduc aux dates d'édiction des décisions litigieuses. Il s'ensuit qu'en constatant la péremption de cette autorisation dans sa décision du 10 mars 2022 puis en rejetant la demande de permis de construire modificatif formée par le requérant pour ce même motif dans son arrêté du 30 décembre 2022, le maire de Jonquières n'a pas commis d'erreur d'appréciation.
9. En dernier lieu, il résulte de l'instruction que le maire de Jonquières aurait pris la même décision de refus de permis de construire à laquelle procède l'arrêté du 30 décembre 2022 s'il s'était uniquement fondé sur le motif tiré de la caducité du permis de construire initial du 15 juillet 2004. Dès lors, le moyen de la requête dirigé contre l'autre motif de refus fondant cette décision, relatif à la méconnaissance des dispositions du plan d'exposition aux bruits de la base aérienne 115 d'Orange Caritat, est sans influence sur sa légalité.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées ainsi, par voie de conséquence, que les conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Jonquières, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une quelconque somme au titre des frais non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du requérant la somme de 1 200 euros à verser à la commune de Jonquières.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : M. C versera à la commune de Jonquières une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et à la commune de Jonquières.
Délibéré après l'audience du 1er avril 2025 où siégeaient :
- Mme Boyer, présidente,
- Mme Lahmar, conseillère,
- Mme Hoenen, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 avril 2025.
La rapporteure,
L. LAHMAR
La présidente,
C. BOYERLa greffière,
N. LASNIER
La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2512959
Le Tribunal Administratif de Grenoble rejette la requête de M. A... visant à annuler l'arrêté préfectoral refusant le renouvellement de son titre de séjour de travailleur saisonnier et lui enjoignant de quitter le territoire. La juridiction estime que l'arrêté est régulier, suffisamment motivé et ne procède pas d'une erreur manifeste d'appréciation, en relevant que la carte de séjour sollicitée est soumise à des conditions spécifiques, notamment le maintien de la résidence habituelle hors de France, prévues à l'article L. 421-34 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la CEDH et d'autres dispositions du CESEDA sont également écartés.
02/04/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2513014
Le Tribunal Administratif de Grenoble a examiné un recours pour excès de pouvoir contre un arrêté préfectoral rejetant une demande de titre de séjour et ordonnant l'éloignement. Le tribunal a annulé la décision de la préfète de l'Isère, considérant qu'elle portait une atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale de la requérante, au regard notamment de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention relative aux droits de l'enfant. Il a enjoint à l'administration de réexaminer la situation de l'intéressée sous deux mois.
02/04/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2200418
Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté la demande d'indemnisation de trois anciens associés d'une société de traiteur. Les requérants estimaient que l'État avait commis une faute en refusant initialement l'aide du fonds de solidarité COVID-19, causant la liquidation de leur entreprise. Le tribunal a jugé que le refus initial de l'administration était justifié, car la société ne remplissait pas une condition d'éligibilité (l'absence de dette fiscale impayée au 31 décembre 2019), et que le lien de causalité entre ce refus et la liquidation n'était pas établi. La décision s'appuie sur les dispositions du décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 relatif au fonds de solidarité.
02/04/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2203658
Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté la requête de la société DNB Promotion, qui demandait l'annulation du refus de permis de construire et l'injonction de le délivrer. La juridiction a jugé recevable le recours mais a écarté le moyen d'incompétence du signataire de l'arrêté, ce dernier agissant en vertu d'une délégation régulière. L'examen des autres moyens, notamment ceux relatifs aux conditions d'accès au projet (article 8.1 du PLUi) et à la voirie (article R. 111-2 du code de l'urbanisme), n'est pas rapporté dans l'extrait fourni.
02/04/2026