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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2302226

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2302226

mardi 24 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2302226
TypeDécision
Formation1ère Chambre
Avocat requérantTOUZANI

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête enregistrée le 15 juin 2023 sous le n° 2302226, Mme A C épouse B, représentée par Me Touzani, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 14 mars 2023 par lequel la préfète de Vaucluse a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français, lui a accordé un délai de départ volontaire de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée ;

2°) d'enjoindre à la préfète de Vaucluse de lui délivrer un titre de séjour ou, subsidiairement, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour.

Elle soutient que :

- la décision de refus de titre de séjour a été signée par une autorité incompétente ;

- l'arrêté contesté est insuffisamment motivé ;

- la décision de refus de titre de séjour méconnaît l'article L. 426-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est dépourvue de base légale.

La requête a été communiquée à la préfète de Vaucluse qui n'a produit aucun mémoire en défense.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 mai 2023.

II. Par une requête enregistrée le 15 juin 2023 sous le n° 2302227, M. D B, représenté par Me Touzani, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 14 mars 2023 par lequel la préfète de Vaucluse a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français, lui a accordé un délai de départ volontaire de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné ;

2°) d'enjoindre à la préfète de Vaucluse de lui délivrer un titre de séjour ou, subsidiairement, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour.

Il soutient que :

- la décision de refus de titre de séjour a été signée par une autorité incompétente ;

- l'arrêté contesté est insuffisamment motivé ;

- la décision de refus de titre de séjour méconnaît l'article L. 426-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est dépourvue de base légale.

La requête a été communiquée à la préfète de Vaucluse qui n'a produit aucun mémoire en défense.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 mai 2023.

Vu les autres pièces des dossiers ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Mouret, premier conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme et M. B, ressortissants marocains nés respectivement en 1967 et en 1978, déclarent être entrés en France au cours de l'année 2021. Les intéressés, qui sont titulaires d'une carte de résident de longue durée-UE délivrée par les autorités italiennes, ont chacun déposé, le 23 février 2023, une demande de titre de séjour portant la mention " salarié ". Par des arrêtés du 14 mars 2023, la préfète de Vaucluse a refusé de leur délivrer un titre de séjour, leur a fait obligation de quitter le territoire français, leur a accordé un délai de départ volontaire de trente jours et a fixé le pays à destination duquel ils pourront être éloignés. Par leurs requêtes visées ci-dessus, qui ont fait l'objet d'une instruction commune et qu'il y a lieu de joindre pour statuer par un seul jugement, Mme et M. B demandent l'annulation pour excès de pouvoir de l'arrêté du 14 mars 2023 pris à leur encontre.

2. En premier lieu, par un arrêté du 9 décembre 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de Vaucluse le 14 décembre suivant, la préfète de Vaucluse a consenti à M. Christian Guyard, secrétaire général de la préfecture, une délégation à l'effet de signer notamment tous les arrêtés et décisions relevant des attributions de l'Etat dans le département de Vaucluse, à l'exception de certaines catégories d'actes au nombre desquelles ne figurent pas les décisions en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions de refus de titre de séjour en litige doit être écarté.

3. En deuxième lieu, les arrêtés contestés comportent les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, ils sont suffisamment motivés.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 426-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger titulaire de la carte de résident de longue durée-UE, définie par les dispositions de la directive 2003/109/ CE du Conseil du 25 novembre 2003 relative au statut des ressortissants de pays tiers résidents de longue durée, accordée dans un autre Etat membre de l'Union européenne, et qui justifie de ressources stables et suffisantes pour subvenir à ses besoins et, le cas échéant, à ceux de sa famille, ainsi que d'une assurance maladie obtient, sous réserve qu'il en fasse la demande dans les trois mois qui suivent son entrée en France, et sans que la condition prévue à l'article L. 412-1 soit opposable : / 1° La carte de séjour temporaire portant la mention portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " entrepreneur/ profession libérale " s'il remplit les conditions prévues aux articles L. 421-1, L. 421-3 ou L. 421-5 () ". L'article R. 426-4 du même code dispose que : " Lorsqu'il sollicite la délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle dans les conditions mentionnées à l'article L. 426-11, l'étranger titulaire de la carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " accordée dans un autre Etat membre de l'Union européenne doit présenter sa demande dans les trois mois qui suivent son entrée en France ".

5. Pour refuser de délivrer les titres de séjour portant la mention " salarié " sollicités par Mme et M. B, la préfète de Vaucluse a relevé que les demandes des intéressés, enregistrées le 23 février 2023, ont été présentées plus de trois mois après leur entrée sur le territoire français au cours de l'année 2021. Si les requérants, qui admettent avoir travaillé en France au cours des années 2021 et 2022, soutiennent être retournés régulièrement en Italie au cours de cette période ayant précédé, selon eux, leur installation durable en France à compter du mois de janvier 2023, les seules pièces qu'ils versent aux débats ne permettent pas de corroborer leurs allégations, ni de remettre en cause les mentions précises des arrêtés contestés sur ce point. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que les demandes de titre de séjour de Mme et M. B ont été présentées dans les trois mois suivant leur entrée sur le territoire français. Par suite, la préfète de Vaucluse n'a pas fait une inexacte application des dispositions citées au point précédent en rejetant ces demandes.

6. En quatrième et dernier lieu, eu égard à ce qui précède, Mme et M. B ne sont pas fondés à soutenir que les décisions portant obligation de quitter le territoire français prises à leur encontre seraient illégales du fait de l'illégalité des décisions leur refusant la délivrance d'un titre de séjour.

7. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes de Mme et M. B doivent être rejetées, y compris leurs conclusions à fin d'injonction.

D É C I D E :

Article 1er : Les requêtes de Mme et M. B sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C épouse B et M. D B, à la préfète de Vaucluse ainsi qu'à Me Touzani.

Délibéré après l'audience du 10 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Roux, président,

M. Mouret, premier conseiller,

Mme Lahmar, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2023.

Le rapporteur,

R. MOURETLe président,

G. ROUX

La greffière,

A. OLSZEWSKI

La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Nos 2302226, 2302227

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02/04/2026

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