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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2304835

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2304835

jeudi 26 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2304835
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation2ème chambre
Avocat requérantSCP GOUTAL ALIBERT & ASSOCIÉS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nîmes a rejeté la requête de Mme C..., une ancienne agent territorial, qui demandait réparation pour des préjudices liés à un harcèlement moral présumé et aux conséquences d'un accident de service. La juridiction a jugé que la requérante n'apportait pas d'éléments suffisants pour établir l'existence d'un harcèlement moral au sens de l'article L. 133-2 du code général de la fonction publique, et que les faits allégués étaient en partie prescrits. Concernant l'accident de service, le tribunal a estimé que le lien de causalité avec les préjudices invoqués n'était pas démontré, et a en conséquence rejeté la demande d'expertise.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête et un mémoire enregistrés les 27 décembre 2023 et 5 janvier 2026, Mme B... C..., représentée par Me Cagnon, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner la commune de Saint-Gilles à lui verser la somme de 20 000 euros à parfaire en réparation des préjudices moral et professionnel qu’elle estime avoir subis, assortie des intérêts légaux capitalisés ;

2°) d’ordonner une expertise avant dire droit visant notamment à évaluer et à liquider les autres préjudices qu’elle aurait subis ;

3°) de condamner la commune de Saint-Gilles aux dépens ;

4°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Gilles la somme de 2 000 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- son recours de plein contentieux indemnitaire est recevable ;
- elle a été victime d’une situation de harcèlement moral de la part de sa hiérarchie, ayant entrainé une dégradation de ses conditions de travail, l’obligeant à exercer des fonctions incompatibles avec son état de santé ;
- elle est également en droit d’obtenir la réparation des préjudices qu’elle a subis en lien direct avec l’accident de service dont elle a été la victime sur le fondement du régime de responsabilité sans faute ;
- son préjudice moral doit être réparé à hauteur de 10 000 euros de même que son préjudice professionnel ;
- une expertise sera utile et nécessaire à l’évaluation de l’ensemble des autres préjudices à caractère patrimonial et extrapatrimonial, temporaires et permanents, qu’elle a subis.

Par des mémoires en défense enregistrés les 15 décembre 2025 et 17 février 2026, la commune de Saint-Gilles, représentée par Me Dyens, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à la modification du périmètre et du contenu de l’expertise et, en tout état de cause, à ce que soit mise à la charge de Mme C... une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors qu’elle n’est pas dirigée contre la décision portant rejet de sa demande indemnitaire préalable ;
- les créances nées de la supposée situation de harcèlement moral dont Mme C... aurait été victime en 2016 et 2017 sont prescrites en application de l’article 1er de la loi du 31 décembre 1968 ;
- elle n’a commis aucune faute ;
- il n’y a pas de lien de causalité entre les préjudices dont il est demandé réparation, dont l’existence n’est en outre pas démontrée, et la faute que la requérante lui impute ;
- l’expertise sollicitée ne présente aucune utilité ;
- si une expertise était ordonnée, la mission devrait être confiée à un collège d’experts et limitée à la seule affectation en lien avec le service dont la nature doit être précisée ; l’évaluation de certains chefs de préjudices doit être exclue dès lors qu’ils ont déjà été évalués ou que la requérante ne démontre pas même leur existence.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Ruiz, première conseillère,
- les conclusions de M. Chaussard, rapporteur public,
- et les observations de Me Cagnon, représentant Mme C... et de Me Alibert, représentant la commune de Saint-Gilles.

Considérant ce qui suit :

Mme C..., adjointe technique territoriale, exerçait les fonctions d’agent territorial spécialisé des écoles maternelles au sein de l’école Jean Moulin de la commune de Saint-Gilles. Elle a fait valoir ses droits à pension depuis le 1er février 2025. S’estimant victime de faits de harcèlement moral, elle a sollicité, par demande indemnitaire préalable du 4 septembre 2023, l’indemnisation de ses préjudices. Par décision du 2 novembre 2023, la commune de Saint-Gilles a refusé de faire droit à ses prétentions. Par la présente requête, Mme C... doit être regardée comme recherchant la responsabilité de la commune de Saint-Gilles en raison, d’une part, de la situation de harcèlement moral dont elle aurait été victime et, d’autre part, des conséquences de l’accident reconnu imputable au service survenu le 20 janvier 2017, sur le fondement du régime de responsabilité sans faute à prouver.

Sur la fin de non-recevoir :

La décision par laquelle une autorité administrative rejette une demande indemnitaire préalable n’a pour seul objet que de lier le contentieux à l’égard de l’objet de la demande et doit conduire le juge à se prononcer sur les droits à indemnisation et non à examiner les vices propres dont serait, le cas échéant, entachée cette décision dont le requérant n’a pas à solliciter l’annulation. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense tirée de ce que la requête de Mme C... serait irrecevable pour ne pas comprendre de conclusions à fin d’annulation de cette décision ne saurait être accueillie.

Sur les conclusions à fin d’indemnisation :

En ce qui concerne l’existence d’une situation de harcèlement moral :

Aux termes de l’article L. 133-2 du code général de la fonction publique : « Aucun agent public ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel ». Il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile.

Il résulte de l’instruction que Mme C... a exercé ses fonctions dans un climat de tension marqué, en octobre 2016, par des relations conflictuelles impliquant la direction de l’école Jean Moulin de Saint-Gilles, les agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles et les enseignants de cet établissement, ayant conduit à la dégradation de son état de santé et à son placement en congé pour invalidité temporaire imputable au service (CITIS) à compter du 20 janvier 2017. A cet égard, ni les mentions portées sur le certificat d’arrêt de travail par son médecin relatives à un « syndrome anxio-dépressif secondaire à harcèlement moral » et le certificat médical du Dr A... faisant état d’un « état anxio-dépressif dans un contexte de difficultés professionnelles », exclusivement fondées sur les déclarations effectuées par la requérante lors des consultations, ni les attestations de collègues de travail produites, qui témoignent seulement de ce que Mme C... était psychologiquement affectée par la situation générale de l’école, ne traduisent une quelconque volonté de lui nuire personnellement ou une dégradation objective de ses conditions de travail. De même, la circonstance que le maire de cette commune ait initialement illégalement refusé de reconnaître l’imputabilité au service de la pathologie de la requérante et ait interjeté appel du jugement du tribunal administratif de Nîmes du 18 juillet 2019 qui a prononcé l’annulation de sa décision la plaçant en congé de maladie ordinaire, ne suffit à révéler une volonté de nuire à la requérante de la part de la commune qui a, par ailleurs, en concertation avec le rectorat, mis en œuvre des mesures visant à apaiser au plus vite la situation et à remédier au conflit, lequel, au demeurant, ne visait pas personnellement Mme C.... Si la requérante fait valoir que la commune a manifesté une réticence à prendre les mesures d’exécution du jugement d’annulation en ne régularisant pas sa situation administrative et financière, il résulte de l’instruction que Mme C... n’a pas répondu à ses demandes tendant à la production des pièces nécessaires, notamment de ses arrêts maladie et des justificatifs des rémunérations qu’elle avait perçues au titre de la prévoyance santé. En outre, si la requérante a saisi la cour administrative d'appel de Marseille d’une demande d’exécution de l’arrêt confirmant l’annulation de la décision portant refus de reconnaissance de l’imputabilité au service de son état de santé et a sollicité qu’il soit enjoint à la collectivité d’adopter un « arrêté la plaçant en arrêt imputable au service du 20 janvier 2017 au 14 décembre 2020 », au vu des éléments fournis par l’intéressée, la Cour, dans son arrêt du 3 juin 2025, a enjoint à la reconnaissance de cette imputabilité pour la seule période allant du 20 janvier 2017 au 5 mars 2018 et la commune s’est ensuite conformée à cette injonction. Par ailleurs, si Mme C... soutient que, lors de sa reprise de fonctions, le 21 décembre 2020, elle aurait été mutée d’office et se serait vue confier des missions ne respectant pas les préconisations médicales liées à son état de santé, ce qui serait à l’origine de l’accident de service survenu le 2 janvier 2021, de son placement en CITIS et de son inaptitude totale et définitive à l’exercice de toutes fonctions, il résulte toutefois de l’instruction qu’elle a été réaffectée sur un poste correspondant à son cadre d’emploi d’agente technique territoriale, sans dégradation de ses conditions statutaires et de travail, que la copie de la fiche de poste qu’elle a produite mentionne expressément de façon manuscrite les restrictions préconisées par la médecine du travail, et notamment celles relatives au port de charges, et qu’il n’est pas démontré que sa hiérarchie lui aurait demandé d’y déroger ni qu’elles seraient incompatibles avec ses missions. De plus, il ne saurait se déduire des pièces produites, et notamment de l’expertise psychiatrique réalisée en vue de se prononcer sur son aptitude, qui indique que Mme C... présentait « un état dépressif au décours de difficultés professionnelles », qu’une dégradation objective de ses conditions de travail serait à l’origine de son inaptitude totale et définitive à l’exercice de toutes fonctions. Enfin, la commune a fait droit aux multiples demandes de communication de son dossier administratif et la requérante n’apporte aucun élément de nature à établir qu’elle retiendrait une partie de celui-ci. Au regard de l’ensemble de ces éléments, la requérante ne saurait être regardée comme ayant été victime d’une situation de harcèlement moral.

Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires présentées par Mme C... sur le fondement d’un harcèlement moral qu’elle estime constitutif d’une faute de la commune de Saint-Gilles ne sont pas fondées et doivent, dès lors, sans que soit utile d’ordonner une expertise visant à évaluer ses éventuels préjudices en lien avec celle-ci, être rejetées.

En ce qui concerne la responsabilité sans faute :

Les dispositions des articles L. 27 et L. 28 du code des pensions civiles et militaires de retraite et 65 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l’Etat qui instituent, en faveur des fonctionnaires victimes d’accidents de service ou de maladies professionnelles, une rente viagère d’invalidité en cas de mise à la retraite et une allocation temporaire d’invalidité en cas de maintien en activité doivent être regardées comme ayant pour objet de réparer les pertes de revenus et l’incidence professionnelle résultant de l’incapacité physique causée par un accident de service ou une maladie professionnelle. Les dispositions instituant ces prestations déterminent forfaitairement la réparation à laquelle les fonctionnaires concernés peuvent prétendre, au titre de ces chefs de préjudice, dans le cadre de l’obligation qui incombe aux collectivités publiques de garantir leurs agents contre les risques qu’ils peuvent courir dans l’exercice de leurs fonctions. Ces dispositions ne font en revanche obstacle ni à ce que le fonctionnaire qui subit, du fait de l’invalidité ou de la maladie, des préjudices patrimoniaux d’une autre nature ou des préjudices personnels, obtienne de la personne publique qui l’emploie, même en l’absence de faute de celle-ci, une indemnité complémentaire réparant ces chefs de préjudice ni à ce qu’une action de droit commun pouvant aboutir à la réparation intégrale de l’ensemble du dommage soit engagée contre la collectivité, dans le cas notamment où l’accident ou la maladie serait imputable à une faute de nature à engager la responsabilité de cette collectivité.

S’agissant de la prescription :

Aux termes de l’article 1er de la loi du 31 décembre 1968 : « Sont prescrites, au profit de l'Etat, des départements et des communes, sans préjudice des déchéances particulières édictées par la loi, et sous réserve des dispositions de la présente loi, toutes créances qui n'ont pas été payées dans un délai de quatre ans à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle les droits ont été acquis. / (…) ». Aux termes de son article 2 : « La prescription est interrompue par : (…) / Tout recours formé devant une juridiction, relatif au fait générateur, à l'existence, au montant ou au paiement de la créance, quel que soit l'auteur du recours et même si la juridiction saisie est incompétente pour en connaître, et si l'administration qui aura finalement la charge du règlement n'est pas partie à l'instance. / (…) ».

Il résulte de l’instruction que l’accident dont a été victime Mme C... a été déclaré le 20 janvier 2017 et le maire, par arrêté du 26 avril 2017, a refusé de reconnaître son imputabilité au service. Toutefois, le délai de prescription quadriennale a été interrompu par le recours exercé contre cet arrêté devant le tribunal administratif de Nîmes dont le jugement en ayant prononcé l’annulation, en date du 18 janvier 2019, a fait l’objet ensuite d’un appel devant la cour administrative d’appel de Marseille qui a confirmé ce jugement et l’imputabilité au service de l’accident du 20 janvier 2017 dans un arrêt du 1er avril 2021. Dans ces conditions, le délai de prescription n’a recommencé à courir que le 1er janvier 2022 et n’était pas expiré lorsque la requérante a saisi la commune de Saint-Gilles d’une demande indemnitaire préalable le 30 août 2023 tendant à la réparation des préjudices en liaison avec ce fait générateur. L’exception de prescription opposée en défense par cette commune doit, donc, être écartée.

S’agissant du lien de causalité :

Il résulte de l’instruction, tel qu’il a déjà été dit, que Mme C... a été victime, le 20 janvier 2017, d’un accident reconnu imputable au service par arrêté du 15 octobre 2025 pris en exécution du jugement du tribunal de céans du 18 janvier 2019 confirmé en appel et devenu définitif, et a été rétroactivement placée en congé pour invalidité temporaire imputable au service du 20 janvier 2017 au 5 mars 2018. L’existence d’un lien de causalité entre le service et cet accident est donc établie. Mme C..., en vertu du principe rappelé au point 6 du présent jugement, est fondée à obtenir réparation de l’ensemble des préjudices à caractère personnel subis consécutivement à cet accident ainsi que ceux à caractère patrimonial qui n’auraient pas été indemnisés forfaitairement.

S’agissant des préjudices :


Quant à l’utilité d’une mesure d’expertise :

Eu égard notamment à l’ancienneté des faits et de l’accident de service, intervenu le 20 janvier 2017, de la nature exclusivement psychologique de la pathologie dont s’est trouvée affectée la requérante, de la qualité des pièces et des nombreuses expertises médicales réalisées et figurant au dossier et de la faculté dont disposait la requérante de produire à l’instance les pièces qu’elle estimait nécessaires à l’établissement de la preuve de l’existence de ses préjudices, il n’apparait pas utile d’ordonner avant dire droit l’expertise sollicitée par Mme C... afin d’évaluer ses préjudices. Les conclusions qu’elle a présentées à cette fin et celles tendant à ce que les dépens soient mis à la charge de la commune de Saint-Gilles doivent être rejetées

Quant aux préjudices patrimoniaux :

En premier lieu, il résulte du principe rappelé au point 6 du présent jugement que Mme C..., en l’absence de faute démontrée comme étant à l’origine de son accident de service du 20 janvier 2017, n’est pas fondée à obtenir réparation des préjudices à caractère patrimonial relatifs à sa perte de gains professionnels actuels ou futurs et à l’incidence professionnelle actuelle ou future.

En deuxième lieu, en l’absence de mesure d’expertise ordonnée avant dire droit, Mme C... n’est pas fondée à demander l’indemnisation des frais divers qu’elle serait susceptible d’exposer dans le cadre des opérations d’expertise.

Quant aux préjudices à caractère personnel :

Il résulte de l’instruction, et notamment des pièces médicales et rapports d’expertise du docteur A... produits, que l’accident de service en cause a pris la forme d’une décompensation ayant affecté Mme C..., née en 1966 d’un syndrome dépressif sévère durant un peu plus de treize mois, ayant conduit à son placement en CITIS jusqu’au 5 mars 2018, à son hospitalisation du 18 au 23 avril 2017 puis du 8 au 12 août 2017 pour des soins psychiatriques à la clinique La Camargue, des consultations médicales régulières et un important traitement médicamenteux anxiolytique. Elle a ainsi subi un déficit fonctionnel temporaire total durant neuf jours d’hospitalisation et partiel durant treize mois impliquant des troubles dans ses conditions d’existence dont il sera fait une juste appréciation en fixant à 2 000 euros le montant de son indemnisation.

Il résulte de l’instruction, et notamment des rapports d’expertise produits, que les souffrances endurées par Mme C... du fait de son accident de service revêtent un caractère modéré dont il sera fait une juste appréciation en fixant à 2 000 euros le montant de l’indemnisation de ce préjudice.

Il résulte également de l’instruction, et notamment des pièces médicales et rapports d’expertise produits, que si Mme C... a été reconnue définitivement inapte à l’exercice de toutes fonctions sur la base d’un avis du conseil médical unique du 3 novembre 2023, c’est en raison d’un état de santé dégradé marqué, une fibromyalgie, des troubles cardiaques, une scoliose lombaire, une ostéoporose sévère compliquée par plusieurs fractures, un syndrome sous-acromial et une tendinite du biceps gauche ayant donné lieu à une intervention chirurgicale au cours de laquelle a été réalisée une acromioplastie et les séquelles d’une entorse du genou assortie d’une rupture des ligaments, autant de pathologies et séquelles sans lien avec l’accident de service en cause du 20 janvier 2017. Si elle souffre, par ailleurs, d’une syndrome dépressif chronique à l’origine d’un déficit fonctionnel permanent évalué à 25 % par l’expertise du docteur A..., il apparait que cette pathologie présente des causes multiples, principalement liées à la dégradation de son état de santé physique et les incapacités qui en découlent, sans lien avec l’accident de service du 20 janvier 2017 et qu’une part limitée de ce préjudice est imputable à cet accident de service. Dans ces conditions, et compte tenu de son âge de cinquante-deux ans à la date de consolidation de son état de santé en 2018, il sera fait une juste appréciation de la seule part du déficit fonctionnel permanent en lien avec l’accident de service en fixant à 3 000 euros le montant de sa réparation.

Il sera fait une juste appréciation du préjudice moral subi par Mme C... du fait de son accident de service en fixant le montant de son indemnisation à la somme de 1 000 euros.

En revanche, Mme C... n’apporte aucun élément de nature à établir l’existence du préjudice esthétique temporaire ni des préjudices d’agrément, sexuel et esthétique permanents dont elle n’est, dès lors, pas fondée à demander réparation.

Il résulte de tout ce qui précède que la commune de Saint-Gilles doit être condamnée à verser la somme de 8 000 euros à Mme C... en réparation des préjudices imputables à l’accident de service dont elle a été victime le 20 janvier 2017.

Sur les intérêts et leur capitalisation :

La somme de 8 000 euros que la commune de Saint-Gilles est condamnée à verser à Mme C... portera intérêts au taux légal à compter du 26 août 2023, date de réception de sa demande indemnitaire préalable, compte tenu des délais postaux et de leur capitalisation à compter du 26 août 2024, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d’intérêts, ainsi qu’à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

Sur les frais liés au litige :

Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu’une somme soit mise à la charge de Mme C..., qui n’est pas la partie perdante dans la présente instance, au titre des frais exposés par la commune de Saint-Gilles et non compris dans les dépens. Il y a lieu en revanche, en application de ces dispositions, de mettre la somme de 1 500 euros à la charge de la commune de Saint-Gilles à verser à Mme C....



D E C I D E :

La commune de Saint-Gilles est condamnée à verser à Mme C... la somme de 8 000 euros, majorée des intérêts légaux à compter du 26 août 2023 et de leur capitalisation à compter du 26 août 2024 et à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
La commune de Saint-Gilles versera à Mme C... une somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Le présent jugement sera notifié à Mme B... C... et à la commune de Saint-Gilles.



Copie en sera adressée à la caisse primaire d’assurance maladie du Gard.


Délibéré après l’audience du 12 mars 2026, à laquelle siégeaient :

M. Roux, président,
Mme Ruiz, première conseillère,
Mme Béréhouc, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 mars 2026.

La rapporteure,




I. RUIZ
Le président,




G. ROUX

La greffière,




B. ROUSSELET-ARRIGONI


La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.



Pour expédition conforme,
La greffière,

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