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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2501236

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2501236

mardi 8 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2501236
TypeOrdonnance
Avocat requérantSCP MARGALL D'ALBENAS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires enregistrées les 28 mars et 4 avril 2025, l'association Agir ensemble à Gaujac doit être regardée comme demandant au juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de suspendre la décision du 21 mars 2025 par laquelle la maire de la commune de Gaujac a refusé de mettre à leur disposition des locaux communaux en vue de l'organisation de réunions de leurs adhérents ;

2°) d'enjoindre à la maire de cette commune de mettre à sa disposition un local communal pour les deux prochaines réunions prévues les 7 et 14 avril 2025 ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Gaujac la somme 1 euro au titre des frais engagés et du préjudice subi du fait de son impossibilité de réunir ses adhérents.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que l'organisation de deux réunions est prévue les 7 et 14 avril prochains et qu'elle ne dispose pas d'autre solution viable et durable permettant de les accueillir que la salle municipale ;

- la décision attaquée méconnaît la liberté de se réunir et la liberté d'accès des associations aux équipements communaux tet est manifestement illégale au regard des dispositions de l'article L. 2144-3 du code général des collectivités territoriales.

Par un mémoire en défense enregistré le 1er avril 2025, la commune de Gaujac représentée par la SELARL Territoires d'Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de la requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné à M. Roux, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;

Ont été entendus au cours de l'audience publique tenue le 2 avril 2025, en présence de Mme Paquier, greffière d'audience :

- le rapport de M. Roux, juge des référés ;

- les observations de M. B, représentant l'association Agir ensemble à Gaujac dont il est le président, qui a reprise et développé les moyens exposés dans ses écritures en insistant sur les raisons politiques et injustifiées qui fondent les refus systématiques de la maire de mettre une salle à dispositions alors que toutes les autres associations en bénéficient et qu'elle a toujours répondu avec diligence aux demandes de précisions et de pièces de la commune ;

- et de Me d'Audigier ainsi que de Mme A, maire de Gaujac, représentant la commune de Gaujac, qui ont repris et développé leur écritures en défense en insistant sur les comportements et attitudes d'opposition agressives et d'intimidation inacceptables de certains membres de l'association à l'égard de la maire qui troubles l'ordre public, l'absence d'indication données quant aux activités de cette nouvelle association et de l'usage qu'elle compte faire de la salle municipale et l'impossibilité de satisfaire sa demande portant sur la mise à disposition mensuelle de celle-ci.

La clôture de l'instruction a été différée au 4 avril 2025 à 16 heures.

L'association " Agir ensemble à Gaujac " a produit des pièces enregistrées le 4 avril 2025 à 9 heures 58 minutes.

La commune de Gaujac a produit des pièces enregistrées le 4 avril 2025 à 13 heures 39 minutes.

Considérant ce qui suit :

1. L'association " Agir ensemble à Gaujac " a déposé auprès des services de la commune de Gaujac, dès le 23 août 2024 une demande de mise à disposition d'une salle communale en vue d'y organiser une réunion d'adhérents le 17 septembre 2024. Après avoir fourni les documents complémentaires demandés par la commune, elle a formulé une nouvelle demande en ce sens le 4 octobre 2025 pour une réunion prévue le 15 novembre suivant. La maire de Gaujac a toujours opposé des décisions de refus à ces diverses demandes. Cette association a formulé la même demande en février 2025 pour des réunions prévues les 3 mars 2025, 7 et 14 avril 2025 et plus largement pour bénéficier de la mise à disposition d'une salle communale le premier lundi de chaque mois. Cette demande a été refusée par une décision de la maire de Gaujac en date du 21 mars 2025. L'association " Agir ensemble à Gaujac " demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de cette décision et d'enjoindre à la maire de Gaujac de mettre à sa disposition une salle communale pour ses réunions des 7 et 14 avril 2025.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes de l'article R. 222-1 de ce code : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () / 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; / () / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens () ".

3. Il résulte de l'instruction, et notamment des échanges intervenus postérieurement à l'audience, que la maire de Gaujac a décidé de mettre à la disposition de l'association " Agir ensemble à Gaujac " une salle municipale les lundi 28 avril et mardi 27 mai 2025 en vue d'y accueillir les deux prochaines réunions de ses adhérents, en application des dispositions de l'article L. 2144-3 du code général des collectivités territoriales. La maire de Gaujac est ainsi implicitement mais nécessairement retiré la décision du 21 février 2025 dont la suspension est sollicitée. Par ailleurs, il ressort du courriel adressé par cette association le 4 avril 2025 à l'avocat de la commune qu'elle a accepté la proposition de mise à disposition de la salle municipale pour l'organisation de ses deux prochaines réunions. Dans ces conditions, les conclusions qu'elle a présentées à fin d'annulation de la décision du 21 février 2025 et d'injonction se trouvent privées de leur objet. Il n'y a donc, en tout état de cause, sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête ou le respect de la condition d'urgence, plus lieu s'y statuer.

Sur les conclusions indemnitaires :

4. Il ne relève pas de l'office du juge des référés saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative de statuer sur les conclusions tendant à la réparation des préjudices subis par une partie. Les conclusions indemnitaires de l'association requérante sont irrecevables et doivent, dès lors, être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit à la demande présentées par l'association requérante et la commune de Gaujac en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions présentées par l'association " Agir ensemble à Gaujac " aux fins d'annulation et d'astreinte

Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à l'association " Agir ensemble à Gaujac " et à la commune de Gaujac.

Fait à Nîmes le 8 avril 2025.

La juge des référés,

G. ROUX

La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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