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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2600219

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2600219

jeudi 12 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2600219
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nîmes a été saisi par Mme A... pour contester une décision du département du Gard la sollicitant en tant qu'obligée alimentaire pour l'aide sociale à l'hébergement de sa mère. Le tribunal a rejeté la requête comme portée devant une juridiction incompétente. Il a rappelé que, selon les articles L. 132-6, L. 132-7 et L. 134-3 du code de l'action sociale et des familles, les litiges relatifs à la mise en jeu et au montant de l'obligation alimentaire relèvent exclusivement du juge judiciaire.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 janvier 2026, Mme B... A... doit être regardée comme demandant au tribunal d’annuler la décision du 29 octobre 2025 de la présidente du conseil départemental du Gard en tant qu’elle l’a sollicitée en tant qu’obligée alimentaire au titre de l’aide sociale à l’hébergement servie à Mme C... A..., ou subsidiairement de limiter le montant de sa contribution.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’action sociale et des familles ;
- le code de l’organisation judiciaire ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) / 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative (…) ».

2. Aux termes de l’article L. 132-6 du code de l’action sociale et des familles : « Les personnes tenues à l'obligation alimentaire instituée par les articles 205 et suivants du code civil sont, à l'occasion de toute demande d'aide sociale, invitées à indiquer l'aide qu'elles peuvent allouer aux postulants et à apporter, le cas échéant, la preuve de leur impossibilité de couvrir la totalité des frais. (…) / La proportion de l'aide consentie par les collectivités publiques est fixée en tenant compte du montant de la participation éventuelle des personnes restant tenues à l'obligation alimentaire (…). L’article L. 132-7 du même code prévoit, que : « En cas de carence de l'intéressé, le représentant de l'Etat ou le président du conseil départemental peut demander en son lieu et place à l'autorité judiciaire la fixation de la dette alimentaire et le versement de son montant, selon le cas, à l'Etat ou au département qui le reverse au bénéficiaire, augmenté le cas échéant de la quote-part de l'aide sociale ». Enfin, l’article L. 134-3 du code dispose : « Le juge judiciaire connaît des litiges : 1° Résultant de l’application de l’article L. 132-6 (...) ».

3. Il résulte des dispositions précitées qu’il n’appartient qu’au juge judiciaire de se prononcer sur les contestations relatives à la mise en jeu et au montant de l’obligation alimentaire, seuls les recours contre les décisions relatives à l’admission à l’aide sociale continuent de relever de la juridiction administrative même en présence d’obligés alimentaires.

4. La requête de Mme A... tend à l’annulation de la décision du 29 octobre 2025 de la présidente du conseil départemental du Gard en tant qu’elle l’a sollicitée au titre de son obligation alimentaire envers Mme C... A.... Ainsi le recours formé par Mme A... relève d’une contestation sur la décision prise par le département du Gard mettant en jeu son obligation alimentaire, décisions dont la contestation relève de la compétence de la juridiction judiciaire. Par suite, la requête et les conclusions de Mme A... doivent être regardées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.



O R D O N N E :


Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....

Copie en sera adressée au département du Gard.

Fait à Nîmes, le 12 février 2026.


La présidente de la 4ème chambre,




C. CHAMOT



La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.




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