Le Tribunal administratif de Nîmes, statuant par ordonnance, a rejeté la requête de M. B... comme étant manifestement irrecevable. Le requérant demandait l'annulation du refus de la CAF de lui accorder le RSA et l'injonction au département de réexaminer sa situation. La juridiction a constaté que le recours administratif préalable obligatoire devant le président du conseil départemental, prévu à l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles, n'avait été introduit qu'après la saisine du tribunal. En application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, le défaut de ce recours préalable rend la requête irrecevable.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 3 et 4 mars 2026, M. A... B... demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision du 19 février 2026 par laquelle la caisse d’allocations familiales de Vaucluse a refusé de lui accorder le bénéfice du revenu de solidarité active ;
2°) d’enjoindre au département de Vaucluse de réexaminer sa situation, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (...) peuvent, par ordonnance : (...) 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser ou qu’elles n’ont pas été régularisées à l’expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ». Aux termes du premier alinéa de l’article R. 412-1 du même code : « La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation ». Selon le troisième alinéa de l’article R. 612-1 de ce code : « La demande de régularisation mentionne que, à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l’expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l’information prévue à l’article R. 611-7 ».
2. Aux termes de l’article L. 262-47 du code de l’action sociale et des familles : « Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l’objet, préalablement à l’exercice d’un recours contentieux, d’un recours administratif auprès du président du conseil départemental (…) ». L’institution par ces dispositions d’un recours administratif, préalable obligatoire à la saisine du juge, a pour effet de laisser à l’autorité compétente pour en connaître le soin d’arrêter définitivement la position de l’administration. Il s’ensuit que la décision prise à la suite du recours préalable est seule susceptible d’être déférée au juge administratif en ce qu’elle se substitue à la décision initiale.
3. Il ressort des pièces produites par le requérant en réponse à la demande de régularisation qui lui a été adressée par le tribunal, que M. B... n’a formé, à l’encontre de la décision du 19 février 2026 refusant de lui accorder le bénéfice du revenu de solidarité active, le recours administratif obligatoire prévu à l’article L. 262-47 du code de l’action sociale et des familles que le 4 mars 2026, soit postérieurement à l’enregistrement de sa requête, le 3 mars 2026. Il s’ensuit que, faute pour M. B... d’avoir saisi l’administration du recours obligatoire prévu à l’article L. 262-47 du code de l’action sociale et des familles préalablement à l’introduction de son recours contentieux, sa requête est manifestement irrecevable et doit être rejetée en application des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....
Fait à Nîmes, le 24 mars 2026.
Le président,
Christophe Ciréfice
La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
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