jeudi 25 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2200980 |
| Type | Décision |
| Recours | Autorisation |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | DUJARDIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 21 février 2022 et le 27 octobre 2022, M. C B, représenté par Me Dujardin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 décembre 2021 par lequel la préfète du Tarn lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de 30 jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Tarn de lui délivrer un titre de séjour temporaire sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative ou à défaut de réexaminer sa situation sur le fondement de l'article L. 911-2 du code de justice administrative ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros, à verser à son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
La décision portant refus de titre de séjour :
- est entachée d'un vice de procédure tiré de l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ;
- est insuffisamment motivée ;
- est entaché d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- est entachée d'une erreur de fait en ce qu'il justifie d'une communauté de vie avec son épouse française d'au moins six mois sur le territoire français ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il remplit les conditions de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
La décision portant obligation de quitter le territoire :
- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre ;
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'une erreur de droit au regard du 6° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences qu'elle emporte pour sa situation personnelle ;
- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
La décision portant fixation du pays de destination :
- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire ;
- est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;
- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 août 2022, le préfet du Tarn conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la requête est tardive et que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 16 décembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 3 janvier 2023.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Katz a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant tunisien né le 7 août 1988, est entré en France le 12 juin 2021 muni d'un passeport revêtu d'un visa court séjour valable du 25 août 2021 au 24 mai 2022. Le 14 juillet 2018, il contracte un mariage en Tunisie avec une ressortissante française, Mme A D. Le 2 septembre 2021, il sollicite la délivrance d'un titre de séjour en qualité de conjoint de Français. Par un arrêté du 9 décembre 2021, la préfète du Tarn a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligé à quitter le territoire dans le délai de 30 jours et a fixé le pays de destination. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne l'ensemble de l'arrêté :
2. L'arrêté attaqué mentionne l'ensemble des considérations précises de fait et de droit qui en constitue un fondement. L'arrêté attaqué est ainsi suffisamment motivé, et il ne ressort pas de cette motivation que le préfet se serait abstenu de procéder à un examen réel et sérieux de la situation personnelle du requérant. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation et du défaut d'examen réel et sérieux de la situation personnelle du requérant dont serait entachée cet arrêté, doivent être écartés.
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger marié avec un ressortissant français, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an lorsque les conditions suivantes sont réunies : 1° La communauté de vie n'a pas cessé depuis le mariage ; 2° Le conjoint a conservé la nationalité française ; 3° Lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, il a été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français ". " Aux termes de l'article L. 412-1 du code précité : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1 ". Aux termes de l'article L. 423-2 du même code : " L'étranger, entré régulièrement et marié en France avec un ressortissant français avec lequel il justifie d'une vie commune et effective de six mois en France, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable ".
4. Il résulte des dispositions combinées des articles L. 423-1 et L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que la première délivrance d'une carte de séjour temporaire en qualité de conjoint d'un ressortissant français, est en principe subordonnée à la production par l'étranger d'un visa long séjour. Il résulte en revanche des dispositions de l'article L. 423-2 de ce même code, que la carte de séjour précitée peut être délivrée sans présentation d'un visa long séjour, lorsque l'étranger justifie cumulativement d'une entrée régulière sur le territoire français, d'un mariage en France et d'une communauté de vie effective d'au moins six mois sur le territoire.
5. En l'espèce, M. B, qui s'est marié avec sa compagne le 14 juillet 2018 en Tunisie, est entré en France le 12 juin 2021 muni d'un passeport revêtu d'un visa court séjour valable du 25 août 2021 au 24 mai 2022. Si le requérant fait valoir l'existence d'une communauté de vie effective et continue avec sa compagne depuis le 14 juillet 2018, il ressort toutefois des pièces du dossier qu'à la date de sa demande d'admission au séjour, il ne justifiait pas de six mois de communauté de vie en France tel que requis par les dispositions de l'article L. 423-2 du code précité. En tout état de cause, M. B ne présentait pas de visa long séjour requis par l'article L. 412-1 du même code pour l'obtention d'une carte de séjour sur le fondement de l'article L. 423-1 dudit code. Dans ces conditions, c'est sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation sur sa situation personnelle, ni d'erreur de droit dans l'application de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que la préfète du Tarn a pu refuser au requérant le titre de séjour demandé.
6. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B, est entré en France le 12 juin 2021 après avoir passé la majeure partie de sa vie dans son pays d'origine, la Tunisie, pour rejoindre sa compagne de nationalité française. Si l'intéressé se prévaut de la présence sur le territoire français d'un cousin, de sa compagne et des deux enfants de cette dernière, il ne fait toutefois valoir aucun obstacle à son retour en Tunisie pour solliciter un visa long séjour en qualité de conjoint de français. Au demeurant, il ne démontre pas davantage l'impossibilité pour la cellule familiale de se reconstituer hors de France, sa compagne et ses deux enfants ayant également tous trois la nationalité tunisienne. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée aurait porté une atteinte excessive au respect de son droit à la vie privée et familiale tel que protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
7. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 432-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; () 4° Dans le cas prévu à l'article L. 435-1 ". Le préfet n'est tenu de saisir la commission que du seul cas des étrangers qui remplissent effectivement les conditions fixées par les articles visés par les dispositions du L. 432-12 du code précité. Il résulte du point 5 du présent jugement que M. B ne remplit pas les conditions pour bénéficier d'un titre de séjour sur le fondement des stipulations dont il se prévaut. Par suite, et dès lors que le requérant n'a pas sollicité son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait dû consulter la commission du titre de séjour avant de lui opposer un refus de séjour.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :
8. En premier lieu, la décision portant refus de titre de séjour n'étant pas illégale, le requérant ne peut exciper de l'illégalité de cette décision pour contester l'obligation de quitter le territoire français.
9. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point 6 du présent jugement, le moyen tiré de la méconnaissance du 6° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
10. En troisième et dernier lieu, M. B qui ne démontre pas que le centre de sa vie privée et familiale se situe en France, n'est pas fondé à soutenir que la mesure d'éloignement prise à son encontre porterait une atteinte excessive au respect de son droit à la vie privée et familiale. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences que la mesure d'éloignement emporterait pour sa situation personnelle, doit également être écarté.
En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de destination :
11. En premier lieu, les décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire n'étant pas illégales, le requérant ne peut exciper de l'illégalité de ces décisions pour contester la décision portant fixation du pays de destination.
12. En deuxième lieu, tel qu'il a été exposé au point 2 de ce présent jugement, il ne ressort pas des termes de l'arrêté attaqué que le préfet se serait abstenu de procéder à un examen réel et sérieux de l'ensemble de la situation du requérant. En tout état de cause, M. B ne verse aucune pièce au dossier permettant de démontrer qu'il encourt, en cas de retour dans le pays dont il a la nationalité, des risques de traitements inhumains ou dégradants au sens de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme.
13. En troisième et dernier lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 6 de ce présent jugement.
14. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B, doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction et les conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2: Le présent jugement sera notifié à M. C B, à Me Dujardin et à la préfète du Tarn.
Délibéré après l'audience du 4 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Katz, président,
Mme Jorda, conseillère,
Mme Péan, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 mai 2023.
L'assesseure la plus ancienne
V. JORDA
Le président-rapporteur,
D. KATZ La greffière,
F. DEGLOS
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Rennes — N° TA35-2504243
Le Tribunal Administratif de Rennes a rejeté la requête d'un professeur demandant l'annulation du refus de son placement en congé de longue maladie et de son placement en disponibilité d'office pour raison de santé. Le tribunal a jugé que l'administration n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en se fondant sur les avis défavorables des conseils médicaux, qui n'avaient pas constaté le caractère invalidant et de gravité confirmée requis par les articles L. 822-6 et suivants du code général de la fonction publique. Il a également écarté les autres moyens soulevés, notamment ceux relatifs à la motivation et à la procédure.
08/04/2026
Tribunal Administratif de Rennes — N° TA35-2506604
Le Tribunal Administratif de Rennes a rejeté la requête d'un maître de conférences demandant l'annulation du rejet implicite de sa demande de télétravail à temps complet pour raison de santé. Le tribunal a jugé que la décision implicite de rejet, née du silence gardé par l'université, était entachée d'une erreur de droit car elle méconnaissait l'obligation d'aménagement pesant sur l'employeur public envers un agent reconnu travailleur handicapé, au sens de l'article L. 5213-6 du code du travail et de l'article 20 quater de la loi du 13 juillet 1983. En conséquence, le tribunal a annulé cette décision implicite de rejet.
08/04/2026
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La décision concerne un litige portant sur le calcul de la cotisation foncière des entreprises (CFE) pour un établissement commercial exploité par la SAS Oléa Exploitation. Le Tribunal Administratif de Rennes a rejeté la demande de la société, qui contestait la méthode de pondération des surfaces utilisée par l'administration fiscale pour déterminer l'assiette de l'impôt. Le tribunal a jugé que les coefficients de réduction appliqués, fondés notamment sur le critère d'accessibilité à la clientèle, étaient conformes aux dispositions des articles 1498 du code général des impôts et 324 Z de son annexe III.
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Tribunal Administratif de Rennes — N° TA35-2302143
Le Tribunal Administratif de Rennes a rejeté la demande d'un contribuable visant à obtenir la décharge de rappels de TVA et de pénalités pour la période 2013-2017. Le tribunal a jugé que l'activité d'agent commercial exercée constituait bien une activité économique imposable à la TVA, et que son défaut de déclaration caractérisait une activité occulte. Cette qualification a permis à l'administration d'appliquer le délai de reprise étendu de dix ans prévu à l'article L. 176 du livre des procédures fiscales et la majoration de 80% prévue à l'article 1728 du code général des impôts.
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