LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2301794

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2301794

mardi 10 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2301794
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantSCP VPNG AVOCATS ASSOCIES

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Toulouse, statuant en référé, a été saisi par Mme A D d’une demande d’expertise médicale afin d’évaluer les préjudices subis lors de sa césarienne du 17 décembre 2019 au CHU de Toulouse, en raison d’une erreur médicale non contestée (injection prématurée de carbétocine). Le CHU de Toulouse ne s’est pas opposé à cette demande, tandis que la CPAM de la Haute-Garonne a réservé ses droits. La juge des référés a fait droit à la requête en ordonnant une nouvelle expertise, confiée à un collège d’experts (gynécologue-obstétricien et psychiatre), sur le fondement des articles R. 532-1 du code de justice administrative et L. 761-1 du même code, afin de déterminer la nature et l’étendue des préjudices de Mme D, notamment le stress post-traumatique et le déficit fonctionnel permanent.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

aa

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS

La vice-présidente, juge des référés Par une requête, enregistrée le 3 avril 2023, Mme A D, agissant en son nom propre et en qualité de représentante légale de sa fille C, représentée par Me Binard, demande à la juge des référés :

1°) de prescrire, en application des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, une expertise afin que soient déterminées la nature et l'étendue de ses préjudices, suite à la césarienne qu'elle a subie lors de son accouchement, le 17 décembre 2019 ;

2°) de mettre à la charge du CHU de Toulouse les entiers dépens, ainsi que, sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, une somme de 1200 euros.

Elle soutient que la césarienne qui a été pratiquée le 17 décembre 2019 a entraîné de multiples préjudices et notamment des angoisses et des difficultés à l'endormissement.

Par un mémoire, enregistré le 17 avril 2023, la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de la Haute-Garonne, représentée par Me Noy, demande à la juge des référés de réserver ses droits dans l'attente du rapport d'expertise.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 avril 2023, le CHU de Toulouse, représenté par Me Cara, conclut :

1°) ne pas s'opposer à la demande d'expertise formulée par la requérante ;

2°) à ce que la mission d'expertise, dont il entend repréciser les termes, soit confiée à un collège d'experts spécialistes en gynécologie-obstétrique et en psychiatrie ;

3°) à la mise à la charge de la requérante des entiers dépens.

Vu :

-l'ordonnance de référé du tribunal administratif de Toulouse n° 2301800, du 13 mars 2024 ;

-le rapport d'expertise des professeurs Demarquez et Dallay, et du docteur B, du 23 mars 2022 ;

-l'ordonnance de référé du tribunal administratif de Toulouse n° 2003808, du 28 octobre 2020 ;

-les correspondances de Me Cara des 2 et 16 avril 2024 ;

-les autres pièces du dossier.

Vu la décision en date du 2 décembre 2024, par laquelle la présidente du tribunal administratif a désigné Mme Viseur-Ferré, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Par une ordonnance n° 2003808, du 28 octobre 2020, la juge des référés du tribunal administratif a ordonné une expertise portant sur l'état de santé de Mme D et de sa fille C. L'expertise a été confiée au Pr. Dallay, gynécologue-obstétricien, assisté, en qualité de sapiteurs, par le Pr. Demarquez, pédiatre, et par le Dr. E, psychiatre. Le rapport d'expertise définitif a été rendu le 23 mars 2022. Il en ressort que, le 17 décembre 2019, Mme D a été hospitalisée pour que soit pratiquée sur elle une césarienne. Avant le début de l'intervention, l'équipe médicale a malencontreusement déclenché, prématurément, une perfusion de solution injectable de carbétocine, provoquant une vive douleur liée aux contactions utérines, ainsi qu'une gêne respiratoire. Il y a lieu de regarder cette injection comme constitutive d'une " erreur médicale non contestée ", ainsi que le précise le rapport précité, le tribunal administratif ayant d'ailleurs accordé à Mme D une somme de 4 634 euros à titre de provision sur la réparation de son entier préjudice, par ordonnance n° 2301800, du 13 mars 2024. La césarienne, programmée le 17 décembre 2019, a alors été réalisée en urgence (" code rouge "), l'administration par voie intraveineuse ayant occasionné une hypertonie utérine avec une bracycardie fœtale. Mme D a donné, à l'issue de cette intervention, naissance à sa fille C, laquelle, brièvement placée en réanimation, a fait bientôt l'objet d'un examen qui s'est révélé normal sur les plans respiratoire et neurologique. Réexaminée six mois après sa naissance, aucune anomalie n'est relevée quant à l'état de santé de l'enfant. A l'âge de 21 mois, les paramètres anthropométriques de l'enfant sont également normaux, traduisant une " excellente évolution ". Les suites de la césarienne " code rouge " ont été marquées, pour Mme D, par des épisodes d'angoisse et des difficultés à s'endormir. Des molécules anxiolytiques et sédatives lui ont alors été prescrites, traitement qu'elle ne semble pas avoir observé en totalité, selon le rapport précité, pas plus qu'elle n'a mis en place le suivi psychiatrique qui lui était préconisé à la suite de sa grossesse, la requérante présentant déjà, antérieurement à sa grossesse et a priori au moins dès 2015, un niveau d'anxiété important. Les professeurs Demarquez et Dallay, ainsi que le docteur E, ont retenu dans leur rapport un préjudice psychologique (stress post-traumatique) en lien direct avec les conditions de réalisation de la césarienne de Mme D, évaluant ce préjudice à 10% de déficit fonctionnel depuis le 17 décembre 2019 et les souffrances endurées à 3 sur 7. La date de consolidation n'ayant pu être déterminée au jour de l'expertise, il a été préconisé par les experts qu'une nouvelle expertise soit éventuellement réalisée, sous réserve de l'observance des soins médicaux adaptés, six mois après la date de l'expertise initiale. Cette expertise " de consolidation " a eu lieu le 13 février 2024, hors la présence du centre hospitalier universitaire (CHU) de Toulouse, lequel a renoncé, par une correspondance du 16 avril 2024, à se prévaloir de ce manquement aux règles du contradictoire. Dans ce rapport, ultérieurement transmis au tribunal, les Dr. B et Dallay ont conclu que la date de consolidation de l'état de santé de Mme D pouvait être fixée au 4 décembre 2023, que les souffrances endurées pouvaient être évaluées à 3 sur une échelle de 7, que le déficit fonctionnel permanent était de 5% et qu'il n'existait pas de préjudices en dehors d'un préjudice sexuel, selon les dires du conjoint de la requérante. La requérante demande à la juge des référés, par une requête enregistrée le 3 avril 2023, de prescrire une expertise, afin que soient déterminées la nature et l'étendue de ses préjudices, consécutivement à sa prise en charge au CHU de Toulouse le 17 décembre 2019.

2. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction ".

3. L'utilité d'une mesure d'expertise demandée au juge des référés sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher. Il appartient au juge des référés, saisi en application de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, d'apprécier l'utilité de la mesure d'expertise demandée au vu des pièces du dossier, notamment des expertises déjà réalisées, et des motifs de droit et de fait qui justifient, selon la demande, cette mesure. La seule circonstance qu'une expertise ait déjà été réalisée ne dispense toutefois pas le juge d'apprécier l'utilité d'une nouvelle expertise demandée.

4. Il n'est pas contesté que Mme D n'a, dans un premier temps, pas observé les traitements préconisés par les spécialistes dès après son accouchement et ne semble pas non plus avoir engagé la prise en charge adaptée recommandée par le rapport d'expertise initial, avant que puisse être réalisée une éventuelle expertise de consolidation. Celle-ci ayant pu être entreprise et le rapport de consolidation effectué le 13 février 2024 par les Dr. B et Dallay finalement transmis au tribunal, il en ressort que l'expertise a répondu aux demandes de la requérante, en concluant que la date de consolidation pouvait être fixée au 4 décembre 2023, que les souffrances endurées pouvaient être évaluées à 3 sur une échelle de 7, que le déficit fonctionnel permanent était de 5% et qu'il n'existait pas de préjudices en dehors d'un préjudice sexuel, selon les dires du conjoint de la requérante. Il suit de là que la demande de Mme D, tendant au prononcé d'une nouvelle expertise, ne présente pas l'utilité requise par l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Elle doit donc être rejetée. Il appartient à la requérante, dans ces conditions, de donner aux conclusions dudit rapport les suites contentieuses qu'elle croira utiles.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D, au centre hospitalier universitaire de Toulouse et à la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Garonne.

Fait à Toulouse, le 10 décembre 2024

La vice-présidente, juge des référés,

Cécile VISEUR-FERRÉ

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme :

La greffière,

Décisions similaires

TA83Plein contentieux

Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2301720

01/07/2026

TA77Plein contentieux

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2517965

01/07/2026

TA77Plein contentieux

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2209847

01/07/2026

TA77Plein contentieux

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2302791

01/07/2026

← Retour aux décisions