mardi 19 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2306948 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | COHEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 15 novembre 2023 et 13 juin 2024, M. C A, représenté par Me Cohen, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 20 octobre 2023 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant le pays de destination ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de réexaminer sa situation et de lui délivrer un récépissé sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de la décision à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat les entiers dépens du procès et la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, dans l'hypothèse où il ne serait pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle, sur le fondement du seul article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée et révèle un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation de sa situation personnelle et des conséquences disproportionnées qu'elle emporte ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la décision attaquée est dépourvue de base légale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est dépourvue de base légale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 décembre 2023, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués par M. A ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 mars 2024.
Par une ordonnance du 17 juin 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 16 juillet 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Cherrier,
- et les observations de Me Cohen, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant tchadien né le 20 février 2002, est entré en France le 19 septembre 2022 sous couvert d'un visa de long séjour " étudiant ", valable du 22 juillet 2022 au 22 juillet 2023, dont il a sollicité le renouvellement le 31 mai 2023. Il demande l'annulation de l'arrêté du 20 octobre 2023 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant le pays de destination.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. M. A ayant été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 mars 2024, ses conclusions aux fins d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire sont devenues sans objet. Par suite, il n'y a pas lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
3. En premier lieu, la décision attaquée énonce les circonstances de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. En particulier, elle rappelle le parcours administratif et académique de M. A et précise qu'il ne démontre pas le caractère réel et sérieux de ses études. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation et du défaut d'examen de la situation personnelle du requérant doivent être écartés.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "étudiant" d'une durée inférieure ou égale à un an () ". Il appartient au préfet, saisi d'une demande de délivrance d'un titre de séjour délivré sur le fondement de ces dispositions d'apprécier, sous le contrôle du juge, le caractère réel et sérieux des études poursuivies en France.
5. Il ressort des pièces du dossier que M. A est entré sur le territoire français le 19 septembre 2022 muni d'un visa long séjour portant la mention " étudiant ", valable du 22 juillet 2022 au 22 juillet 2023. Inscrit en première année de licence d'histoire à l'université de Caen en Normandie au titre de l'année universitaire 2022-2023, il a été considéré comme démissionnaire dès lors qu'il ne s'est pas présenté aux cours et aux examens. S'il soutient qu'il a été empêché de poursuivre sa scolarité à défaut d'avoir pu trouver un logement, les seuls éléments qu'il produit, à savoir un article de francetvinfo.fr et une simulation démontrant que Caen est une ville placée en zone tendue datée du 12 septembre 2023, ne permettent pas de l'établir. Au demeurant, et dès lors qu'il disposait d'un visa valable à compter du 22 juillet 2022, rien ne l'empêchait d'arriver avant le 19 septembre 2022 afin d'entamer des démarches pour trouver un logement. Ainsi, c'est sans commettre d'erreur d'appréciation que le préfet de la Haute-Garonne a retenu que M. A n'établissait pas le caractère réel et sérieux de ses études.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
6. En premier lieu, les conclusions à fin d'annulation de la décision de refus de séjour étant rejetées, il y a lieu d'écarter le moyen tiré de ce que la décision en litige serait illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de séjour.
7. En second lieu, la décision attaquée énonce les éléments de fait et de droit sur lesquels le préfet s'est fondé et notamment la circonstance qu'à défaut d'être admis au séjour, il pouvait faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français en application du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen réel et sérieux de sa situation doit être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
8. Les conclusions à fin d'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français étant rejetées, il y a lieu d'écarter le moyen tiré de ce que la décision en litige serait illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation formée par M. A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Me Cohen et au préfet de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 6 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Cherrier, présidente,
Mme Sarraute, première conseillère,
Mme Douteaud, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 novembre 2024.
L'assesseure la plus ancienne
N. SARRAUTE
La présidente-rapporteure,
S. CHERRIER
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2512959
Le Tribunal Administratif de Grenoble rejette la requête de M. A... visant à annuler l'arrêté préfectoral refusant le renouvellement de son titre de séjour de travailleur saisonnier et lui enjoignant de quitter le territoire. La juridiction estime que l'arrêté est régulier, suffisamment motivé et ne procède pas d'une erreur manifeste d'appréciation, en relevant que la carte de séjour sollicitée est soumise à des conditions spécifiques, notamment le maintien de la résidence habituelle hors de France, prévues à l'article L. 421-34 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la CEDH et d'autres dispositions du CESEDA sont également écartés.
02/04/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2513014
Le Tribunal Administratif de Grenoble a examiné un recours pour excès de pouvoir contre un arrêté préfectoral rejetant une demande de titre de séjour et ordonnant l'éloignement. Le tribunal a annulé la décision de la préfète de l'Isère, considérant qu'elle portait une atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale de la requérante, au regard notamment de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention relative aux droits de l'enfant. Il a enjoint à l'administration de réexaminer la situation de l'intéressée sous deux mois.
02/04/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2200418
Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté la demande d'indemnisation de trois anciens associés d'une société de traiteur. Les requérants estimaient que l'État avait commis une faute en refusant initialement l'aide du fonds de solidarité COVID-19, causant la liquidation de leur entreprise. Le tribunal a jugé que le refus initial de l'administration était justifié, car la société ne remplissait pas une condition d'éligibilité (l'absence de dette fiscale impayée au 31 décembre 2019), et que le lien de causalité entre ce refus et la liquidation n'était pas établi. La décision s'appuie sur les dispositions du décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 relatif au fonds de solidarité.
02/04/2026