mardi 4 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2401499 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | FRANÇOIS QUINTARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 14 mars et 28 juin 2024, M. B A, représenté par Me Quintard, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 septembre 2023 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire dans le délai de trente jours ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer un titre de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de fait, dès lors qu'il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour dès le 18 novembre 2021 ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- il a exécuté la décision.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 avril 2024, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 février 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du Royaume du Maroc en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme Sarraute a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant marocain né le 18 décembre 1995, est entré en France le 20 août 2016, muni d'un visa de long séjour " étudiant " valable du 20 août 2016 au 20 août 2017. Il a bénéficié d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " étudiant " valable du 5 octobre 2017 au 4 novembre 2019, puis d'une carte de séjour temporaire mention " étudiant " à compter du 1er novembre 2019, régulièrement renouvelée jusqu'au 18 novembre 2021. Le 23 janvier 2023, il a sollicité son admission au séjour en qualité d'étudiant prolongeant son séjour. Par la présente requête, il demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 29 septembre 2023 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a rejeté sa demande et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
2. Aux termes de l'article 9 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 : " Les dispositions du présent accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux Etats sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'accord () ". Aux termes de l'article L. 422-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable à la date de la décision attaquée : " L'étranger titulaire d'une assurance maladie qui justifie soit avoir été titulaire d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle portant la mention " étudiant " délivrée sur le fondement des articles L. 422-1, L. 422-2 ou L. 422-6 et avoir obtenu dans un établissement d'enseignement supérieur habilité au plan national un diplôme au moins équivalent au grade de master ou figurant sur une liste fixée par décret, (), se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " recherche d'emploi ou création d'entreprise " d'une durée d'un an dans les cas suivants : / 1° Il entend compléter sa formation par une première expérience professionnelle, sans limitation à un seul emploi ou à un seul employeur ; / 2° Il justifie d'un projet de création d'entreprise dans un domaine correspondant à sa formation ou à ses recherches. " Aux termes de l'article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si l'étranger séjourne déjà en France, sa demande est présentée dans les délais suivants : / 1° L'étranger qui dispose d'un document de séjour mentionné aux 2° à 8° de l'article L. 411-1 présente sa demande de titre de séjour entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précède l'expiration de ce document de séjour lorsque sa demande porte sur un titre de séjour figurant dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2. Lorsque sa demande porte sur un titre de séjour ne figurant pas dans cette liste, il présente sa demande dans le courant des deux mois précédant l'expiration du document dont il est titulaire ; / () ". Aux termes de l'article R. 431-8 du même code : " L'étranger titulaire d'un document de séjour doit, en l'absence de présentation de demande de délivrance d'un nouveau document de séjour six mois après sa date d'expiration, justifier à nouveau, pour l'obtention d'un document de séjour, des conditions requises pour l'entrée sur le territoire national lorsque la possession d'un visa est requise pour la première délivrance d'un document de séjour. "
3. Pour refuser de délivrer à M. A un titre de séjour en qualité d'étudiant prolongeant son séjour sur le fondement de l'article L. 422-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de la Haute-Garonne s'est fondé sur la circonstance que celui-ci s'est maintenu illégalement sur le territoire français pendant plus d'une année sans avoir sollicité ni le renouvellement de son titre de séjour étudiant, ni son changement de statut dans les deux mois précédant l'expiration de son titre de séjour, ce qui lui a fait perdre le bénéfice de son droit au séjour, et qu'il ne détient pas le visa de long séjour requis pour bénéficier, de plein droit, d'un tel titre de séjour.
4. Il ressort des pièces du dossier, notamment de celles produites en défense, que M. A a sollicité auprès du préfet de la Moselle le renouvellement de son titre de séjour dès le 18 novembre 2021 et que le préfet de la Moselle lui a délivré, les 8 mars, 27 juin, 5 octobre et 7 novembre 2022, des attestations de prolongation d'instruction de sa demande valables jusqu'au 6 février 2023 précisant qu'accompagnées du titre précédemment détenu même arrivé à expiration, elles autorisaient sa présence en France pour les périodes concernées et justifiaient le maintien de l'ensemble des droits ouverts en raison du titre de séjour précédemment détenu. Dans ces conditions, M. A, qui a présenté une demande de renouvellement de son titre de séjour dans les six mois suivant la date d'expiration de son précédent titre, ne s'est pas maintenu illégalement sur le territoire national pendant plus d'une année à la suite de cette expiration. Par suite, il est fondé à soutenir que la décision de refus de titre de séjour est entachée d'erreur de fait sur ce point.
5. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Haute-Garonne aurait pris la même décision s'il avait pris en considération la demande de renouvellement de titre de séjour en date du 18 novembre 2021 déposée auprès du préfet de la Moselle, ainsi que la régularité du séjour de l'intéressé, à tout le moins entre les 8 mars 2022 et 6 février 2023, cette dernière date étant postérieure à la date de dépôt d'une nouvelle demande de titre de séjour en Haute-Garonne, le 23 janvier 2023. Aussi, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, la décision du 29 septembre 2023 portant refus de titre de séjour doit être annulée.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours :
6. Il résulte de ce qui précède que, par voie de conséquence, la décision portant obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Eu égard au motif d'annulation retenu, l'exécution du présent jugement implique seulement que le préfet de la Haute-Garonne réexamine la situation de Mme A et se prononce à nouveau sur sa demande de titre de séjour dans un délai de trois mois à compter de sa notification.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à M. A au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 29 septembre 2023 du préfet de la Haute-Garonne est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Haute-Garonne de réexaminer la situation de M. A et de se prononcer à nouveau sur sa demande de titre de séjour dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. A la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Quintard et au préfet de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 11 février 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Cherrier, présidente,
Mme Sarraute, première conseillère,
Mme Douteaud, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 mars 2025.
La rapporteure,
N. SARRAUTELa présidente,
S. CHERRIER
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2512959
Le Tribunal Administratif de Grenoble rejette la requête de M. A... visant à annuler l'arrêté préfectoral refusant le renouvellement de son titre de séjour de travailleur saisonnier et lui enjoignant de quitter le territoire. La juridiction estime que l'arrêté est régulier, suffisamment motivé et ne procède pas d'une erreur manifeste d'appréciation, en relevant que la carte de séjour sollicitée est soumise à des conditions spécifiques, notamment le maintien de la résidence habituelle hors de France, prévues à l'article L. 421-34 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la CEDH et d'autres dispositions du CESEDA sont également écartés.
02/04/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2513014
Le Tribunal Administratif de Grenoble a examiné un recours pour excès de pouvoir contre un arrêté préfectoral rejetant une demande de titre de séjour et ordonnant l'éloignement. Le tribunal a annulé la décision de la préfète de l'Isère, considérant qu'elle portait une atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale de la requérante, au regard notamment de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention relative aux droits de l'enfant. Il a enjoint à l'administration de réexaminer la situation de l'intéressée sous deux mois.
02/04/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2200418
Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté la demande d'indemnisation de trois anciens associés d'une société de traiteur. Les requérants estimaient que l'État avait commis une faute en refusant initialement l'aide du fonds de solidarité COVID-19, causant la liquidation de leur entreprise. Le tribunal a jugé que le refus initial de l'administration était justifié, car la société ne remplissait pas une condition d'éligibilité (l'absence de dette fiscale impayée au 31 décembre 2019), et que le lien de causalité entre ce refus et la liquidation n'était pas établi. La décision s'appuie sur les dispositions du décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 relatif au fonds de solidarité.
02/04/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2203658
Le Tribunal Administratif de Grenoble a rejeté la requête de la société DNB Promotion, qui demandait l'annulation du refus de permis de construire et l'injonction de le délivrer. La juridiction a jugé recevable le recours mais a écarté le moyen d'incompétence du signataire de l'arrêté, ce dernier agissant en vertu d'une délégation régulière. L'examen des autres moyens, notamment ceux relatifs aux conditions d'accès au projet (article 8.1 du PLUi) et à la voirie (article R. 111-2 du code de l'urbanisme), n'est pas rapporté dans l'extrait fourni.
02/04/2026