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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2401741

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2401741

mardi 11 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2401741
TypeDécision
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantLASPALLES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et une pièce supplémentaire, enregistrées les 22 mars et 19 septembre 2024, M. D C, représenté par Me Laspalles, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 12 février 2024 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne, à titre principal, de lui délivrer le titre de séjour sollicité dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 30 euros par jour de retard, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation, dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement d'une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi de 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient, outre que sa requête est recevable, que :

En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :

- l'arrêté attaqué est entaché d'une insuffisance de motivation ;

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

- la décision attaquée méconnaît le principe du contradictoire ;

- il sollicite la communication de l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) du 19 décembre 2023 ;

- l'avis du collège des médecins n'a pas été rendu à l'issue d'une délibération collégiale ;

- la mention " Après en avoir délibéré, le collège des médecins de l'OFII émet l'avis suivant " ne permet pas de connaître la date de la délibération et la forme qu'elle a revêtue ;

- la décision attaquée est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;

- elle méconnaît son droit à être entendu ;

- le préfet s'est cru en situation de compétence liée à l'égard de l'avis de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit et/ou d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le préfet de la Haute-Garonne ne justifie pas du changement de circonstances entre l'avis du collège des médecins de l'OFII du 14 décembre 2022 et celui du 19 décembre 2023 ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'il ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale garantie par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences que cette décision emporte sur sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'il justifie de circonstances humanitaires exceptionnelles qui auraient dû conduire le préfet à régulariser sa situation ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- la décision attaquée méconnaît le principe du contradictoire ;

- elle est privée de base légale ;

- elle porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale garantie par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, au regard de son état de santé et des conséquences d'un exceptionnelle gravité qu'elle emporte sur sa situation ;

En ce qui concerne la décision portant refus d'octroi de délai de départ volontaire :

- la décision attaquée est entachée d'un défaut de base légale ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- le préfet s'est cru à tort en situation de compétence liée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de renvoi :

- elle porte une atteinte à son droit de ne pas être soumis à des traitements inhumains et dégradants, garanti par l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 mai 2024, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 5 juin 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de Mme Soddu, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. D C, ressortissant malien né le 31 décembre 1994 à Yaguiné (Mali), est entré en France selon ses déclarations le 13 août 2018. Par une décision du 9 juin 2022, l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA) a refusé de lui accorder l'asile, confirmé par une décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 26 septembre 2022. Il a sollicité, le 24 juin 2022, son admission au séjour en qualité d'étranger malade et a bénéficié, à ce titre, d'une carte de séjour temporaire pour une durée de douze mois. M. C a sollicité, le 9 octobre 2023, le renouvellement de son titre de séjour pour le même motif. Par la présente requête, M. C demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 12 février 2024 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.

Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Par une décision du bureau d'aide juridictionnelle, en date du 5 juin 2024, M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Dans ces conditions, sa demande tendant à être admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle est devenue sans objet. Par suite, il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'arrêté attaqué pris dans son ensemble :

3. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ;() ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour () ". Le 3° de l'article L. 611-1 de ce code vise le cas où l'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour.

4. L'arrêté attaqué vise les dispositions des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il fait notamment état des conditions d'entrée et de séjour du requérant, et notamment que sa demande de protection internationale a définitivement été rejetée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 26 septembre 2022. La décision portant refus de titre de séjour expose, en outre, les raisons pour lesquelles le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, notamment le fait que l'état de santé du requérant nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité, mais, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé au Mali, pays dont il est originaire, il peut y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. Elle indique également qu'eu égard, notamment à la gravité des faits pour lesquels il a été condamné à une peine d'emprisonnement par le juge pénal, la présence du requérant sur le territoire constitue une menace pour l'ordre public. L'exigence de motivation n'implique pas que la décision mentionne l'ensemble des éléments particuliers de sa situation. Dans ces conditions, la décision portant refus de titre de séjour énonce avec suffisamment de précision les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. En application de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'obligation de quitter le territoire français, prise sur le fondement du 3° de l'article L. 611-1 du même code, n'avait pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle du refus de titre de séjour. En outre, la décision fixant le pays de destination, qui rappelle la nationalité de M. C, mentionne qu'il n'établit pas être exposé dans son pays d'origine à des peines ou traitements prohibés par la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il ressort également des pièces du dossier que la décision fixant le délai de départ volontaire, après avoir rappelé les dispositions de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a indiqué que M. C ne faisait état d'aucune circonstance particulière justifiant une dérogation au délai de droit commun. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". Aux termes de l'article L. 122-1 du même code : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. Cette personne peut se faire assister par un conseil ou représenter par un mandataire de son choix. / L'administration n'est pas tenue de satisfaire les demandes d'audition abusives, notamment par leur nombre ou leur caractère répétitif ou systématique ".

6. La décision attaquée de refus de séjour ayant été prise à la suite de la demande présentée par M. C, celui-ci ne peut utilement se prévaloir des dispositions précitées des articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté comme inopérant.

7. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. () ". Aux termes de l'article R. 425-13 du même code : " () Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. () Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. ". Aux termes de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Cet avis mentionne les éléments de procédure. / Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. / L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège. ". Enfin, aux termes de l'article 4 de l'ordonnance du 6 novembre 2014 relative aux délibérations à distance des instances administratives à caractère collégial : " I. - La validité des délibérations organisées selon les modalités prévues aux articles 2 et 3 est subordonnée à la mise en œuvre d'un dispositif permettant l'identification des participants et au respect de la confidentialité des débats vis-à-vis des tiers. () ".

8. Les dispositions précitées, issues de la loi du 7 mars 2016 relative au droit des étrangers en France et de ses textes d'application, ont modifié l'état du droit antérieur pour instituer une procédure particulière aux termes de laquelle le préfet statue sur la demande de titre de séjour présentée par l'étranger malade au vu de l'avis rendu par trois médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), qui se prononcent en répondant par l'affirmative ou par la négative aux questions figurant à l'article 6 précité de l'arrêté du 27 décembre 2016, au vu d'un rapport médical relatif à l'état de santé du demandeur établi par un autre médecin de l'Office, lequel peut le convoquer pour l'examiner et faire procéder aux examens estimés nécessaires. Cet avis commun, rendu par trois médecins et non plus un seul, au vu du rapport établi par un quatrième médecin, le cas échéant après examen du demandeur, constitue une garantie pour celui-ci. Les médecins signataires de l'avis ne sont pas tenus, pour répondre aux questions posées, de procéder à des échanges entre eux, l'avis résultant de la réponse apportée par chacun à des questions auxquelles la réponse ne peut être qu'affirmative ou négative. La circonstance que, dans certains cas, ces réponses n'aient pas fait l'objet de tels échanges, oraux ou écrits, est sans incidence sur la légalité de la décision prise par le préfet au vu de cet avis. Toutefois, si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.

9. D'une part, M. C soutient que l'avis du collège des médecins de l'OFII du 19 décembre 2023 ne lui a pas été communiqué. Toutefois, aucune disposition n'impose au préfet de communiquer cet avis, alors au demeurant qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant en aurait demandé la communication. En tout état de cause, ledit avis, produit en défense par le préfet de la Haute-Garonne, lui a été communiqué dans le cadre de la présente instance. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que cet avis, signé des trois médecins du collège de l'Office, a été rendu, selon les mentions qu'il comporte, au vu du rapport établi par le Dr A, qui ne siégeait pas au sein dudit collège. Par ailleurs, après communication de l'avis dans le cadre de la présente instance, le requérant ne précise pas quelles irrégularités affecterait la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de ce que la procédure de consultation de l'OFII serait irrégulière doit être écarté.

10. En troisième lieu, il ressort des termes de la décision attaquée et des pièces du dossier que le préfet de la Haute-Garonne a procédé à un examen réel et sérieux de la situation de M. C. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen réel et sérieux, doit être écarté.

11. En quatrième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union ". Aux termes du paragraphe 2 de ce même article : " Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ". Enfin, aux termes du paragraphe 1 de l'article 51 de la charte : " Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions, organes et organismes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu'aux Etats membres uniquement lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union () ".

12. Il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il appartient aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre le requérant lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause.

13. Le droit d'être entendu implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger des décisions portant obligation de quitter le territoire français sans délai et interdiction d'y retourner, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur les mesures envisagées avant qu'elles n'interviennent. Enfin, selon la jurisprudence de la Cour de justice de 1'Union européenne relative à la violation des droits de la défense, en particulier du droit d'être entendu, rappelée notamment au point 38 de la décision C 383/13 PPU du 10 septembre 2013, une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle des décisions faisant grief sont prises que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu des décisions.

14. Il ressort des pièces du dossier, que M. C a sollicité la délivrance d'un certificat de résidence. Il résulte de ce qui précède qu'il lui appartenait, au besoin au cours de l'instruction de cette demande, de présenter à l'administration toute observation complémentaire utile, sans que le préfet de la Haute-Garonne ait à les solliciter expressément. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il aurait été fait obstacle à ce qu'il se prévale d'éléments utiles relatifs à sa situation personnelle avant que ne soit prise à son encontre la décision qu'il conteste et qui, s'ils avaient pu être communiqués en temps utile, auraient été de nature à influer sur le sens de cette décision. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'il aurait été privé de son droit à être entendu garanti par le droit de l'Union européenne. Par suite, ce moyen doit être écarté.

15. En cinquième lieu, la décision attaquée mentionne que l'autorité administrative n'est pas liée par l'avis rendu par le collège des médecins de l'OFII et dispose du pouvoir d'apprécier si les éléments présentés par le requérant justifient son admission au séjour pour raison de santé, que ce soit de droit ou de manière discrétionnaire. Elle examine ensuite cette possibilité, en la rejetant. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet se serait cru, à tort, en situation de compétence liée, doit être écarté.

16. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. "

17. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier, et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve de l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi, sauf circonstance humanitaire exceptionnelle. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.

18. Pour refuser de délivrer le titre de séjour sollicité par M. C, le préfet de la Haute-Garonne s'est fondé sur l'avis du collège des médecins de l'OFII, émis le 19 décembre 2023, selon lequel l'état de santé du requérant nécessite une prise en charge dont le défaut peut entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité, mais, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé au Mali, pays dont il est originaire, il peut y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, et au vu des éléments du dossier à la date de l'avis, l'état de santé du requérant peut lui permettre de voyager sans risque son pays d'origine.

19. Il ressort du certificat médical du Dr E, praticien hospitalier au centre Louis Le Guillant à Paris établi le 11 septembre 2024, que M. C souffre d'un trouble psychique à évolution chronique ayant plusieurs antécédents de crises psychiques avec hallucinations accoustico-verbales et dissociations idéo-psychique nécessitant des soins en milieu hospitalier. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier, ni du seul certificat médical produit, au demeurant postérieur à la décision attaquée, que le requérant ne pourrait pas bénéficier d'un traitement adapté à sa pathologie dans son pays d'origine, le Mali. Par ailleurs, si le requérant soutient que les traitements appropriés à sa pathologie ne sont pas disponibles au Mali, qu'il ne bénéficiera pas d'un système de couverture de santé dans son pays, qu'il sera dépourvu de revenu et que son état de santé ne lui permet pas de voyager, il ne l'établit pas. Dans ces conditions, les éléments produits ne suffisent pas à infirmer l'appréciation portée par les médecins de l'OFII quant à la possibilité pour le requérant de bénéficier effectivement d'un traitement et d'une prise en charge appropriés à son état de santé dans son pays d'origine. Par suite, M. C n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Haute-Garonne aurait méconnu les dispositions précitées de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et entaché sa décision d'une erreur d'appréciation au regard de ces mêmes dispositions.

20. En septième lieu, M. C soutient que le préfet de la Haute-Garonne ne justifie pas du changement de circonstances entre l'avis du collège des médecins de l'OFII du 14 décembre 2022 et celui du 19 décembre 2023. Toutefois, le requérant ne démontre pas, comme il a été exposé au point 19, qu'il ne pourrait bénéficier d'un traitement et d'un suivi appropriés à sa pathologie dans son pays d'origine. Par suite, ce moyen doit être écarté.

21. En huitième lieu, aux termes de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire, de la carte de séjour pluriannuelle et de l'autorisation provisoire de séjour prévue aux articles L. 425-4 ou L. 425-10 ainsi qu'à la délivrance de la carte de résident et de la carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE ". " . Aux termes de l'article L. 432-1 du même code : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public. ". Lorsque l'administration oppose le motif de la menace pour l'ordre public pour refuser de faire droit à une demande de titre ou de renouvellement de titre de séjour, il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, de rechercher si les faits qu'elle invoque à cet égard sont de nature à justifier légalement sa décision.

22. Le requérant soutient que le préfet de la Haute-Garonne a considéré, à tort, que sa présence sur le territoire français constituait une menace pour l'ordre public, dès lors que les deux condamnations pénales dont il a fait l'objet sont anciennes. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier du bulletin n° 2 du 23 janvier 2024 produit en défense, que par un jugement du tribunal correctionnel de Dunkerque du 14 juin 2019, le requérant a été condamné à une peine d'emprisonnement d'un an pour des faits de tentative de vol, menace de mort ou d'atteinte aux biens dangereuse pour les personnes à l'encontre d'un dépositaire de l'autorité publique, violence sur personne dépositaire de l'autorité publique suivi d'incapacité temporaire de travail de plus de huit jours et rébellion, et a été condamné par le tribunal de grande instance de Dunkerque le 20 septembre 2019, à 300 euros d'amende pour des faits de dégradation ou détérioration d'un bien appartenant à autrui, et dégradation ou détérioration de bien destiné à l'utilité ou la décoration publique. Si la dernière condamnation remonte à plus de quatre ans à la date de la décision de refus de séjour, eu égard au comportement délictueux du requérant et à la nature des infractions commises, c'est sans faire une inexacte application des dispositions précitées que le préfet de la Haute-Garonne a pu considérer que le comportement du requérant était constitutif d'une menace pour l'ordre public, qui doit être regardée comme actuelle, pour refuser de renouveler son titre de séjour. Par suite le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

23. En neuvième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ".

24. Il ressort des pièces du dossier que M. C, qui est entré en France le 13 août 2018 selon ses déclarations, ne justifie pas d'une entrée régulière en France et d'une durée de présence significative sur le territoire français à la date de la décision contestée, dès lors qu'il n'a été autorisé à séjourner sur le territoire que de manière temporaire, le temps de l'examen de sa demande de protection internationale, qui lui a été refusée, en dernier lieu par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 26 septembre 2022, et afin de bénéficier des soins qui lui étaient nécessaires. De plus, le requérant ne démontre pas qu'il ne peut bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Par ailleurs, il ne démontre pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de vingt-quatre ans et où résident son sa mère, ses deux sœurs, son oncle et sa tante, et ne justifie pas de la réalité et la stabilité des liens personnels qu'il prétend avoir noués, ni d'une insertion particulière dans la société française. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

25. En dixième lieu, le moyen tiré d'une atteinte au droit au respect de la vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant pour contester le refus de renouveler un titre de séjour en qualité d'étranger malade, qui résulte seulement d'une appréciation du caractère indispensable d'une prise en charge médicale de l'étranger et de l'impossibilité pour lui de bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine.

26. En onzième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ".

27. Il résulte de ce qui a été exposé précédemment que la situation du requérant ne caractérise pas des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels au sens des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen, à le supposer soulevé, tiré d'une erreur manifeste dans l'appréciation au regard de ces dispositions, ainsi que les moyens tirés de ce que le préfet de la Haute-Garonne aurait méconnu son pouvoir de régularisation ou commis un détournement de pouvoir, doivent être écartés.

28. En douzième et dernier lieu, pour l'ensemble des motifs exposés précédemment, le préfet n'a pas commis une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences que cette décision emporte sur sa situation personnelle.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

29. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 14, M. C n'est pas fondé à soutenir qu'il aurait été privé de son droit à être entendu garanti par le droit de l'Union européenne. Par suite, ce moyen doit être écarté.

30. En deuxième lieu, il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

31. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

32. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 25, M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, le préfet de la Haute-Garonne n'a pas commis une erreur manifeste d'appréciation dans la prise en compte de l'état de santé du requérant et au regard des conséquences que cette décision emporte sur sa situation personnelle.

En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :

33. Aux termes de l'article L. 612-1 du CESEDA : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. /

Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation. ".

34. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. C qui n'a pas établi l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français qui lui a été opposée, n'est pas fondé à l'invoquer, par voie d'exception, à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision fixant le délai de départ volontaire.

35. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Haute-Garonne se serait cru en situation de compétence liée pour fixer à trente jours le délai accordé à M. C pour son départ volontaire du territoire français, alors que cette autorité a précisé, dans la décision attaquée, que le requérant ne faisait état d'aucune circonstance justifiant qu'un délai de départ volontaire à trente jours lui soit accordé. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.

36. En troisième lieu, il ressort des termes mêmes de la décision attaquée que le préfet de la Haute-Garonne a procédé à un examen réel de la situation du requérant avant de fixer à trente jours le délai de départ volontaire accordé à M. C. Par suite, ce moyen doit être écarté.

37. En quatrième lieu, M. C se borne à soutenir que les éléments du dossier justifient qu'un délai de départ volontaire supérieur à trente jours lui soit accordé. Toutefois, compte tenu de ce qui a été exposé ci-dessus, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en limitant à trente jours ledit délai, le préfet de la Haute-Garonne aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences que cette mesure emporte sur sa situation personnelle.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

38. Aux termes du dernier alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

39. Dès lors qu'il résulte de ce qui a été exposé au point 19 que le requérant peut effectivement bénéficier d'un traitement et un suivi appropriés à son état de santé dans son pays d'origine, celui-ci n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de renvoi le soumettrait, en ayant pour effet de la priver de soins appropriés, à des traitements prohibés par l'article 3 précité de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces stipulations doit être écarté.

40. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 12 février 2024 doivent être rejetées, de même, par voie de conséquence que les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

D E C I D E:

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire présentée par M. C.

Article 2 : Le surplus de la requête de M. C est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D C, à Me Laspalles et au préfet de la Haute-Garonne.

Délibéré après l'audience du 25 février 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Carotenuto, présidente

Mme Soddu, première conseillère,

Mme Mérard, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 mars 2025.

La rapporteure,

N. SODDU

La présidente,

S. CAROTENUTO La greffière,

M. B

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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