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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2502967

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2502967

mardi 27 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2502967
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantSELARL DEPUY AVOCATS ET ASSOCIES

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulouse a été saisi par M. B..., propriétaire d'un immeuble à Saint-Lys, d'une demande d'expertise judiciaire sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, afin de déterminer l'origine des désordres (infiltrations) qu'il attribue à des travaux publics réalisés en 2007 par la communauté d'agglomération. La collectivité s'est opposée à la demande en soulevant la prescription de la créance. Le juge des référés a rejeté la requête, estimant que les faits étaient déjà suffisamment documentés par plusieurs expertises amiables et contradictoires réalisées entre 2010 et 2021, qui identifiaient l'origine des désordres et chiffraient les travaux de reprise. En conséquence, la mesure d'expertise sollicitée a été jugée dépourvue d'utilité au sens de l'article R. 532-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

La vice-présidente, juge des référés Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 avril 2025, M. A... B..., représenté par Me Ortholan, demande au juge des référés de désigner un expert, sur le fondement des dispositions de l’article R. 532-1 du code de justice administrative, afin d’examiner l’origine des désordres affectant l’immeuble dont il est propriétaire à Saint-Lys (Haute-Garonne).

Il soutient qu’il est utile d’établir contradictoirement l’origine et l’ampleur des désordres constatés sur son immeuble, de préciser les travaux éventuellement nécessaires pour y remédier et d’en chiffrer le coût.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 juillet 2025, la communauté d’agglomération le Muretain Agglo, représentée par la SELARL Depuy avocats et associés, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à une limitation du périmètre de l’expertise et, en tout état de cause, à ce que soit mis à la charge du requérant le paiement d’une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que la créance dont se prévaut le requérant est prescrite.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Vu la décision en date du 1er mars 2025, par laquelle la présidente du tribunal administratif a désigné Mme Viseur-Ferré, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :
1. M. B... est propriétaire d’une maison d’habitation sise 12, rue Saint-Julien à Saint-Lys, depuis 1989. La commune a entrepris des travaux publics en 2007, consistant notamment en la surélévation d’un carrefour et en la suppression de trottoirs, au voisinage immédiat de la propriété du requérant. Le requérant a, par la suite, déploré des infiltrations d’eau récurrentes dans son immeuble. Si des travaux ont été entrepris à la fin de l’année 2013, les phénomènes d’infiltration sont réapparus dans les années qui ont suivi, avec toutefois une moindre importance. Le requérant demande la désignation d’un expert afin d’examiner l’origine des désordres constatés et des solutions à envisager pour y mettre fin.
2. Aux termes de l’article R. 532-1 du code de justice administrative : « Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d’instruction. Les demandes présentées en application du présent chapitre sont dispensées du ministère d'avocat si elles se rattachent à des litiges dispensés de ce ministère ».

3. L'utilité d'une mesure d'expertise demandée au juge des référés sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher. Il appartient au juge des référés, saisi en application de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, d'apprécier l'utilité de la mesure d'expertise demandée au vu des pièces du dossier, notamment des expertises déjà réalisées, et des motifs de droit et de fait qui justifient, selon la demande, cette mesure. La seule circonstance qu'une expertise ait déjà été réalisée ne dispense toutefois pas le juge d'apprécier l'utilité d'une nouvelle expertise demandée.
4. Il ressort des éléments versés au dossier que le sinistre qui affecte la propriété de M. B..., à la suite de travaux publics entrepris en 2007, a donné lieu à plusieurs expertises assurantielles ou amiables à caractère contradictoire. Sont notamment produits deux rapports d’expertise des 17 novembre 2010 et 19 janvier 2011, une note d’expertise du 24 décembre 2013 et un rapport d’expertise du 15 septembre 2021. La rédaction de ce dernier rapport a été précédée de deux réunions d’expertise des 7 janvier et 15 septembre 2021, auxquelles ont été associés M. B..., un représentant de la commune de Saint-Lys, deux représentants de la communauté d’agglomération le Muretain Agglo et des représentants de leurs assureurs respectifs. Le rapport du 15 septembre 2021 rappelle que l’origine du sinistre, concernant les embellissements intérieurs et la façade de l’immeuble, est, ainsi d’ailleurs qu’établi par les précédentes expertises, à rechercher dans la réalisation du plateau ralentisseur que la commune a installé dans la rue bordant l’immeuble du requérant. La réalisation de travaux à la fin de l’année 2013, notamment par l’installation d’un aquadrain, avait permis de réduire significativement les infiltrations, dont certaines perdurent pourtant en cas de fortes précipitations. Si des éléments du sinistre persistent à ce jour, il apparaît que certains désordres sont, selon l’expert, sans lien avec les travaux entrepris, mais liés aux « ponts thermiques » identifiés dans l’immeuble, à une absence de ventilation dans celui-ci et à un encombrement des lieux par des meubles et d’autres objets, ainsi que par l’application sur la façade d’un enduit de ciment inadapté à la nature des murs. Pour le reste des désordres constatés en façade, l’expert relève qu’aucun aménagement suffisant n’a été opéré au niveau du plateau ralentisseur pour corriger les venues d’eau importantes en cas de pluie, et les réorienter, ce que l’expert évalue à une somme de 3 000 euros TTC. Les coûts de reprise de la façade sont évalués à une somme de 4 668,55 euros TTC et la reprise des embellissements à 737,55 euros. Il résulte de l’ensemble de ces éléments que les faits de l’espèce apparaissent suffisamment documentés, en l’état de l’instruction, dès lors que l’origine des désordres, leur nature et leur ampleur, ainsi que les solutions à mettre en œuvre pour les faire cesser ont déjà été déterminés. La difficulté qui subsiste entre les parties est davantage à rechercher dans le partage du coût des travaux à réaliser et dans le calcul des participations financières des différentes compagnies d’assurance en présence. Dans ces conditions, l’utilité qu’il y aurait à faire procéder à une nouvelle expertise n’est pas démontrée. Par suite, sans qu’il soit besoin de statuer sur l’exception de prescription quadriennale opposée en défense, la présente requête doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :

5. Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu de faire application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge du requérant la somme demandée, sur ce fondement, par la communauté d’agglomération le Muretain Agglo.


O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : Les conclusions, présentées par la communauté d’agglomération le Muretain Agglo sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B..., à la communauté d’agglomération le Muretain Agglo et à la commune de Saint-Lys.

Fait à Toulouse, le 27 janvier 2026


La vice-présidente, juge des référés,






Cécile VISEUR-FERRÉ


La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.


Pour expédition conforme :
Le greffier ou la greffière,






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