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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2600510

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2600510

lundi 16 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2600510
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Avocat requérantSELARL SYLVAIN LASPALLES

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulouse, statuant en référé, a rejeté la demande d'aide juridictionnelle provisoire mais a fait droit à la demande principale. Le juge a enjoint au préfet de la Haute-Garonne de proposer au requérant, reconnu prioritaire par la commission de médiation, une place dans une structure d'hébergement adaptée, sous astreinte. Cette décision s'appuie sur les dispositions du code de la construction et de l'habitation (article L. 441-2-3-1) imposant une telle injonction en cas de carence de l'administration après un délai de six semaines.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 22 janvier 2026, M. A... B..., représenté par
Me Laspalles, demande au tribunal :

1) de lui accorder le bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ;

2) d’enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui attribuer un hébergement tenant compte de ses besoins dans un délai de huit jours à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 2 000 euros, à verser à son conseil, sur le fondement des dispositions combinées de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou à lui verser directement dans l’hypothèse où il ne serait pas admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle.

M. B... soutient que :
- la commission de médiation du département de la Haute-Garonne l’a reconnu comme prioritaire et devant être hébergé d’urgence mais que le préfet de la Haute-Garonne ne lui a fait aucune proposition d’hébergement dans le délai qui lui était imparti ;
- sa situation est urgente.

La requête a été communiquée au préfet de la Haute-Garonne qui n’a pas produit de mémoire en défense.


Vu les autres pièces du dossier.



Vu :
- le code de la construction et de l’habitation, notamment le cinquième alinéa du II de l’article L. 441-2-3-1 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été invitées à produire leurs observations avant la clôture de l’instruction fixée le 26 février 2026.



Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions à fin d’admission à l’aide juridictionnelle provisoire :

1. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant ait présenté une demande d’aide
juridictionnelle. Par suite, ces conclusions doivent être rejetées.


Sur les conclusions à fin d’injonction et d’astreinte :

2. Aux termes de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation : « (…) II. - Le demandeur qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être accueilli dans une structure d'hébergement, un établissement ou logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale et qui n'a pas été accueilli, dans un délai fixé par décret, dans l'une de ces structures peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son accueil dans une structure d'hébergement, un établissement ou logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale. (…) Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne, lorsqu'il constate que la demande a été reconnue prioritaire par la commission de médiation et que n'a pas été proposée au demandeur une place dans une structure d'hébergement, un établissement ou logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, ordonne l'accueil dans l'une de ces structures et peut assortir son injonction d'une astreinte. Pour les seuls jugements prononcés après le 1er janvier 2016, le jugement prononçant l'astreinte mentionne que les sommes doivent être versées jusqu'au jugement de liquidation définitive. Lorsqu'il est manifeste, au vu de la situation du demandeur, que son accueil dans l'une des structures mentionnées au quatrième alinéa du présent II doit être ordonné, le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné peut y procéder par ordonnance, après avoir mis le représentant de l'Etat en mesure de présenter ses observations en défense et clôturé l'instruction. / Le produit de l'astreinte est versé au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement, institué en application de l’article L. 300-2 (…) ». En vertu du premier alinéa de l’article R. 441-18 de ce code : « (…) Le préfet propose, dans un délai de six semaines au plus à compter de la décision de la commission, une place dans une structure d'hébergement, un logement de transition, un logement dans un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale aux personnes désignées par la commission de médiation en application du III ou du IV de l'article L. 441-2-3. Toutefois, si la commission préconise un accueil dans un logement de transition ou dans un logement-foyer, le délai est porté à trois mois. Passé le délai applicable, s'il n'a pas été accueilli dans l'une de ces structures, le demandeur peut exercer le recours contentieux défini au II de l'article L. 441-2-3-1 ».

3. Ces dispositions font obligation au juge saisi sur leur fondement, dès lors qu’il constate qu’une demande d’hébergement a été reconnue comme prioritaire et devant être satisfaite d’urgence par la commission de médiation sans qu’ait été proposée au demandeur une place dans une structure d'hébergement, un établissement ou logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale tenant compte de ses besoins et de ses capacités, dans un délai de six semaines à compter de la décision de la commission, d’enjoindre au préfet d’assurer l’accueil de l’intéressé dans une de ces structures, sauf si l’urgence a ultérieurement disparu. Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné peut y procéder par ordonnance, en application du II de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation précité, lorsque le prononcé d'une injonction s'impose avec évidence au vu de la situation du requérant.

4. Il résulte de l’instruction que la demande d’hébergement de M. B... a été reconnue comme étant prioritaire et devant être satisfaite d’urgence par une décision de la commission de médiation de la Haute-Garonne en date du 18 novembre 2025. A la date de la présente ordonnance, il n’est pas contesté que M. B... n’a pas reçu d’offre d’hébergement tenant compte de ses besoins et capacités. Et le préfet de la Haute-Garonne ne fait état d’aucune circonstance qui ferait regarder l’urgence de la situation de M. B... comme ayant disparu. Par suite, il y a lieu d’enjoindre au préfet de la Haute-Garonne d’assurer l’accueil de M. B... dans une structure d’hébergement, un logement de transition, un logement foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale dans un délai d’un mois à compter de la notification de la présente ordonnance.

5. Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu d’assortir l’injonction prononcée au point 4 ci-dessus de l’astreinte prévue par les dispositions de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation et d’en fixer le taux à 30 euros par jour de retard à compter de l’expiration du délai fixé au point 4 ci-dessus. Cette astreinte sera versée par l’Etat au fonds national d’accompagnement vers et dans le logement (FNAVDL) prévu à l’article L. 300-2 du code de la construction et de l'habitation. Les sommes doivent être versées jusqu’au jugement de liquidation définitive.

6. Il appartient au préfet de la Haute-Garonne de justifier auprès du tribunal de l’exécution de l’injonction prononcée ci-dessus ou d’une cause d’inexécution. Il appartient également à
M. B... de faire connaître toute évolution de sa situation.

Sur les frais liés au litige :

7. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’État le versement à M. B... de la somme de 800 euros correspondant à la part contributive de l’État au titre des dispositions de l’article L.761-1 du code de justice administrative.
















O R D O N N E :


Article 1er : Il est enjoint au préfet de la Haute-Garonne d’accueillir M. B... dans une structure d’hébergement, un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale dans un délai d’un mois à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 30 (trente) euros par jour de retard.

Article 2 : L’Etat versera à M. B... une somme de 800 (huit cents) euros au titre des dispositions de l’article L.761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B..., à Me Sylvain Laspalles et à la ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation.

Copie en sera transmise au préfet de la Haute-Garonne.


Fait à Toulouse, le 16 mars 2026


La présidente du tribunal,



F. BILLET-YDIER


La République mande et ordonne à la ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.




Pour expédition conforme :
La greffière en cheffe,

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