vendredi 13 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2000097 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | LAROCHE |
Vu la procédure :
Par un jugement n°2000097 du 16 novembre 2021, le tribunal a ordonné, avant de statuer sur la requête de M. D C, la réalisation d'une expertise portant sur l'évolution médicale des séquelles de l'entorse du genou droit subi par ce dernier le 23 septembre 2016 et l'évaluation, à la date du 18 juillet 2017, du taux d'invalidité afférent aux séquelles de cette entorse.
Le rapport d'expertise a été déposé le 1er mars 2023.
Par des mémoires enregistrés les 31 mars et 2 mai 2023, M. D C, représenté par Me Laroche, avocat, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 4 juillet 2019 par laquelle le ministre des armées a rejeté sa demande de pension militaire d'invalidité pour infirmité du genou droit et de reconnaître un taux d'invalidité compris entre 11 et 50% en application du barème de l'annexe 2 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre ;
2°) d'enjoindre au ministre des armées de lui délivrer une pension militaire d'invalidité en application des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative avec effet au 4 janvier 2017, sous astreinte de 50 euros par mois de retard sur le fondement de l'article L. 911-3 de ce code ;
3°) de condamner l'Etat à verser à M. C la somme de 1500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- elle est entachée d'illégalité à défaut de motivation en tant qu'elle ne précise pas le taux exact d'infirmité sur lequel elle se fonde pour lui refuser le bénéfice d'une pension militaire d'invalidité pour infirmité du genou droit ;
- l'auteur de la décision est incompétent ;
- la décision est illégale en ce qu'elle se fonde sur une expertise médicale réalisée par le docteur F entachée d'erreurs de fait ;
- son infirmité relative à une rupture du ligament croisé antérieur du genou droit est imputable au service en tant qu'elle a été causée lors d'une course d'obstacles militaire du 23 septembre 2016 ;
- son infirmité du genou droit doit être évaluée au taux d'invalidité compris entre 11 et 50 % dès lors qu'elle lui cause d'importantes douleurs, l'impossibilité de pratiquer du sport comme il en avait l'habitude, des gênes dans sa vie privée et une boiterie ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en ce que son taux d'infirmité du genou droit est supérieur à la limite en deçà de laquelle aucune pension d'invalidité ne peut être délivrée ;
- un de ses collègues ayant eu le même type de blessures s'est vu attribuer une pension militaire d'invalidité.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 2 et 25 mai 2023, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- le moyen tiré d'un défaut de motivation de la décision du 4 juillet 2019, notifiée le 13 juillet 2019, est irrecevable en ce qu'il relève d'une cause juridique distincte de celle développée dans le délai de recours contentieux ;
- les autres moyens ne sont pas fondés.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 décembre 2021.
Vu :
- le rapport d'expertise ;
- l'ordonnance, en date du 15 mars 2023, par laquelle le président du tribunal a liquidé et taxé les frais et honoraires de l'expert à la somme de 1 800 euros TTC ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n°2018-1291 du 28 décembre 2018 portant transfert de compétence entre juridictions de l'ordre administratif pris en application de l'article 51 de la loi n°2018-607 du 13 juillet 2018 relative à la programmation militaire pour les années 2019 à 2025 et portant diverses dispositions intéressant la défense ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Delvolvé, président-rapporteur ;
- les conclusions de Mme Patard, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Laroche, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, né le 12 avril 1976, militaire de l'armée de terre encore en service, a demandé, le 18 janvier 2017, une pension militaire d'invalidité pour une infirmité relative à son genou droit. Par une décision du 4 juillet 2019, dont M. C demande l'annulation, la ministre des armées a rejeté sa demande.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 121-1 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre : " Ouvrent droit à pension : () 2°/ Les infirmités résultant de maladies contractées par le fait ou à l'occasion du service () ". Aux termes de l'article L. 121-2 de ce code : " Est présumée imputable au service : () 4° Toute maladie constatée () pendant la durée légale du service national, à compter du quatre-vingt-dixième jour de service effectif et avant le soixantième jour suivant la date de retour sur le lieu d'affectation habituelle ou la fate de renvoi du militaire dans ses foyers. () ". L'article L. 121-4 de ce même code dispose que : " () Aucune pension n'est concédée en deçà d'un taux d'invalidité de 10%. " Aux termes de l'article L. 125-3 de ce code : " le taux de pension définitive ou temporaire est fixé, dans chaque grade, jusqu'aux taux de 100%, par référence aux taux d'invalidité apprécié de 5 en 5. Quand l'invalidité est intermédiaire entre deux échelons, l'intéressé bénéficie du taux afférant à l'échelon supérieur. (). ". Il résulte de ces dispositions que la pension militaire d'invalidité doit être regardée comme ayant pour objet de réparer, d'une part, les pertes de revenus et l'incidence professionnelle de l'incapacité physique et, d'autre part, le déficit fonctionnel, entendu comme l'ensemble des préjudices à caractère personnel liés à la perte de la qualité de vie, aux douleurs permanentes et aux troubles ressentis par la victime dans ses conditions d'existence personnelles, familiales et sociales, à l'exclusion des souffrances éprouvées avant la consolidation.
3. Lorsqu'il est saisi d'un litige en matière de pension militaire d'invalidité, il appartient au juge de plein contentieux, de se prononcer sur les droits de l'intéressé en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, et aussi, de cas échéant, d'apprécier, s'il est saisi de moyens en ce sens ou au vu de moyens d'ordre public, la régularité de la décision en litige.
En ce qui concerne la légalité externe :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 151-6 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre, dans sa version applicable : " La décision comportant attribution de pension est motivée. Elle fait ressortir les faits et documents ou les raisons d'ordre médical établissant que l'infirmité provient de l'une des causes mentionnées à l'article L. 121-1 ou, lorsque la pension est attribuée par présomption, le droit de l'intéressé à cette présomption./ Elle est accompagnée en outre, d'une évaluation de l'invalidité qui doit être motivée par des raisons médicales et comporter le diagnostic de l'infirmité et sa description complète, faisant ressortir la gêne fonctionnelle et, s'il y a lieu, l'atteinte à l'état général qui justifie le pourcentage attribué. "
5. Après l'expiration du délai de recours contre un acte administratif, sont irrecevables, sauf s'ils sont d'ordre public, les moyens soulevés par le demandeur qui relèvent d'une cause juridique différente de celle à laquelle se rattachent les moyens invoqués avant l'expiration de ce délai. Ce délai de recours commence, en principe, à courir à compter de la publication ou de la notification complète et régulière de l'acte attaqué. Toutefois, à défaut, il court, au plus tard, à compter, pour ce qui concerne un demandeur donné, de l'introduction de son recours contentieux contre cet acte.
6. Il résulte de l'instruction que M. C, dans son mémoire enregistré le 31 mars 2023 a soulevé un moyen tiré de l'insuffisance de la motivation de la décision attaquée, alors que par la requête en date du 9 janvier 2020, il ne contestait que le bien-fondé de la décision attaquée. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation ne constituant pas un moyen d'ordre public, présenté après l'expiration du délai de recours contentieux et fondé sur une cause juridique distincte, est irrecevable. Par suite, ainsi que le fait valoir le ministre en défense, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée ne peut qu'être écarté comme irrecevable.
7. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée du 4 juillet 2019, notifiée le 10 juillet 2019, a été signée par M. B, administrateur civil hors classe, adjoint au sous-directeur des pensions, qui a reçu, par décision du 4 juin 2018 publiée le 7 juin suivant au Journal officiel de la République française, délégation à l'effet de signer au nom du ministre des armées, tous actes, arrêtés et décisions, à l'exclusion des décrets, dans la limite des attributions de la sous-direction des pensions du service de l'accompagnement professionnel et des pensions, parmi lesquelles figurent les décisions relatives aux pensions militaires d'invalidité. La directrice des ressources humaines du ministère de la défense, Mme A, avait elle-même compétence pour déléguer ainsi sa signature, en application de l'article 3 du décret n°2005-850 du 27 juillet 2005 relatif aux délégations de signature des membres du gouvernement. Conformément à l'article 1er du même décret, la circonstance qu'à la date de la signature de la fiche descriptive des infirmités, la dénomination de " ministre de la défense " a été remplacée par celle de " ministre des armées " est sans incidence sur la validité desdites délégations et subdélégations. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée, lequel est d'ordre public, doit être écarté comme manquant en fait.
En ce qui concerne la légalité interne :
8. Après avoir constaté des contradictions dans les rapports médicaux rendus par les docteurs F et Dutheil, l'un concluant à un taux d'invalidité de 8% à raison des séquelles de l'entorse au genoux droit survenue le 23 septembre 2016 alors que l'intéressé évoluait sur un parcours d'obstacles militaire, à une absence de boiterie et la possibilité pour le militaire de réaliser un appui monomodal droit et stable, l'autre concluant à un taux d'invalidité de l'ordre des 20%, une nouvelle expertise médicale a été ordonnée par le tribunal, confiée au docteur E. Ce dernier rapport d'expertise conclut à ce que l'infirmité relative aux séquelles de rupture du ligament croisé antéro-externe et à la méniscopathie interne du genou droit du requérant doit être estimée à hauteur de 8% avec la présence d'une boiterie " légère " et d'importantes douleurs.
9. Le requérant soutient que le docteur E, expert, a omis de prendre en compte certaines caractéristiques de son invalidité, réduisant ainsi son évaluation. Le docteur E relève que M. C est affecté d'une perte de force du quadriceps, d'une flexion limitée à 120°, et d'une sensation d'instabilité rotulienne. Il précise également que son évaluation de 8% tient compte " des douleurs présentes, de la limitation modérée des mobilités et d'une sensation d'instabilité résiduelle " selon le barème du concours médical. Ledit barème, s'il indique que le syndrome rotulien peut être évalué jusqu'à 3% supplémentaire dans l'hypothèse d'un accident hors fracture de la rotule, n'impose cependant pas à l'expert de retenir de pourcentage supplémentaire dans l'appréciation globale de l'invalidité de l'intéressé.
10. Le requérant reproche au docteur E d'avoir établi son appréciation sur le barème du concours médical en lieu et place du " Guide-Barème des Invalidités ", en méconnaissance des dispositions de l'article L. 125-3 du code des pensions militaires et des victimes de guerre selon lesquelles : " Le taux de la pension définitive ou temporaire est fixé, dans chaque grade, jusqu'au taux de 100 %, par référence au taux d'invalidité apprécié de 5 en 5. / Quand l'invalidité est intermédiaire entre deux échelons, l'intéressé bénéficie du taux afférent à l'échelon supérieur. / Les indices des pensions afférentes au soldat et aux différents grades, correspondant aux taux d'invalidité, ainsi que les indices des allocations et accessoires de pensions, servis en application du présent code, sont déterminés par décret. / L'indemnisation des infirmités est fondée sur le taux d'invalidité reconnu à celles-ci en application des dispositions d'un guide-barème portant classification des infirmités d'après leur gravité. () " Si l'expert a retenu, à tort, le barème de droit commun sans se référer au barème spécifique du code applicable en l'espèce, une telle erreur demeure sans incidence sur l'évaluation de l'invalidité en litige dès lors que les constatations de l'expert permettent, en tout état de cause, au tribunal de porter une appréciation sur cette dernière.
11. Le requérant soutient qu'il ressort de l'annexe 2 au code des pensions militaires et des victimes de guerre, qui constitue de tels guides-barèmes, qu'une extension limitée du genou entre 90 et 135° correspond à une invalidité de 30 à 50 %. Cependant, il résulte de l'instruction que le requérant souffre, non d'une limitation de l'extension du genou, mais d'une limitation de sa flexion de 30° (120° au lieu de 150°), qui correspond à une flexion complète au sens de l'annexe 2 en ce que cette limitation de flexion est sans conséquence sur les actes de la vie courante qui nécessitent une flexion d'au moins 100°.
12. Le requérant invoque également le fait que son traumatisme au genou droit induit des répercussions sur l'ensemble de la chaine articulaire et affecte l'articulation de la hanche ainsi que ses lombaires, ainsi que des douleurs quotidiennes et lancinantes, l'arrêt de toute pratique sportive, le non-renouvellement de son contrat avec l'armée, ainsi que des incidences sur sa sexualité et sa vie sociale dès lors qu'il ne peut plus danser ni sortir avec ses amis. Cependant, et ainsi que le fait valoir le ministre en défense, l'évaluation d'une infirmité se fait par référence à la gêne fonctionnelle objectivée à la date de la demande et dans le respect des indications du guide barème des invalidités annexé au code et ne peut donc prendre en considération les considérations d'ordre sportif ou professionnel, ou tout autre préjudice, ne constituant pas des critères objectifs.
13. La circonstance que le docteur F n'aurait pas, à tort, relevé, en 2019, la boiterie dont il demeure atteint et aurait commis également une erreur en mentionnant dans son rapport " séquelle d'entorse du genou droit " en lieu et place d'une rupture du ligament croisé antérieur avec lésion méniscale du genou droit, n'est pas de nature à entacher la décision attaquée d'illégalité dès lors qu'en tout état de cause, le taux d'invalidité du requérant, ainsi qu'il résulte du dernier rapport d'expertise réalisé par le docteur E, est inférieur à 10 %.
14. La circonstance qu'un des collègues du requérant bénéficierait d'une pension d'invalidité pour le même type de blessures est sans incidence sur le présent litige, alors, qu'en tout état de cause, les documents qu'il produit, lesquels sont normalement couverts par le secret médical, décrivent une amyotrophie de cuisse et du mollet dont ne souffre pas le requérant.
15. Il résulte de ce qui précède que le requérant n'apporte aucune pièce ni aucun élément permettant de remettre en cause les conclusions de l'expert. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à soutenir que l'invalidité dont il est atteint aurait dû être fixée à un taux supérieur ou égal à 10 %. Le ministre des armées n'a donc commis aucune erreur d'appréciation en lui refusant le bénéfice d'une pension militaire d'invalidité. La requête de M. C doit donc être rejetée.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
16. Le présent litige n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction sous astreinte ne peuvent donc qu'être rejetées.
Sur les frais d'expertise :
17. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre les frais de l'expertise ordonnée par le tribunal administratif à la charge de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle dont bénéficie M. C.
Sur les frais liés au litige :
18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que le conseil de M. C, lequel bénéficie de l'aide juridictionnelle, demande au titre des frais liés au litige.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Les frais d'expertise liquidés et taxés à la somme de 1 800 euros TTC sont mis à la charge de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et au ministre des armées.
Copie en sera adressée pour information au docteur E, expert.
Délibéré après l'audience du 29 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Delvolvé, président-rapporteur,
Mme Mounic, première conseillère,
Mme Passerieux, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2023.
La première assesseure,
S. MOUNIC Le président-rapporteur,
Ph. DELVOLVÉ
La greffière,
L. SIXDENIERS
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2000097
Conseil d'État — N° 507200
**Solution rendue** : Le Conseil d'État rejette le pourvoi de la métropole du Grand Nancy. **Motif principal** : Aucun moyen sérieux n'est retenu, la cour administrative d'appel ayant correctement qualifié la voie d'accès d'équipement public et suffisamment motivé sa décision. **Portée** : Confirmation de la condamnation de la métropole à rembourser les frais de voirie et de signalisation imposés au pétitionnaire.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 506535
Le Conseil d’État a rejeté la requête de M. B... contre la sanction de l’AFLD. Il a jugé que la procédure était régulière et que la sanction de quatre ans était proportionnée. Cette décision confirme la rigueur de la lutte antidopage en France.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 504834
Le Conseil d'État rejette le pourvoi de M. B... contre l'ordonnance de la cour administrative d'appel de Marseille. Aucun des moyens soulevés (insuffisance de motivation, erreur de droit, dénaturation des pièces) n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi. La décision confirme que la requête était manifestement dépourvue de fondement sérieux.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 508061
08/04/2026