jeudi 19 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2103443 |
| Type | Décision |
| Publication | D |
| Formation | JU-3ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 juillet 2021, Mme B demande au tribunal de :
1°) prononcer la décharge partielle de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2018 à raison d'un immeuble situé 5 place du 14 juillet à Sarlat-la-Canéda ;
2° mettre à la charge de l'Etat la somme de 300 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la valeur locative retenue pour cet immeuble est excessive par rapport à celle retenue pour l'année 2019, et qu'elle ne tient pas compte de son inoccupation depuis l'année 2008, de son emplacement et de son état de délabrement généralisé.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 octobre 2022, et des pièces complémentaires enregistrées le 16 décembre 2022, le directeur régional des finances publiques de Nouvelle-Aquitaine et du département de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- un dégrèvement de 1 242 euros a été accordé le 15 octobre 2018 s'agissant du local professionnel, et un autre dégrèvement de 246 euros a été accordé le 16 décembre 2019 s'agissant des locaux d'habitation ;
- les conclusions de la requête tendant à obtenir l'exonération de la taxe en raison de l'inoccupation des locaux sont irrecevables ;
- le surplus des conclusions de la requête n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme A D pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Wohlschlegel, magistrate désignée ;
- et les conclusions de M. Willem, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B est copropriétaire d'un immeuble comportant un local professionnel et deux locaux d'habitation situé 5 place du 14 juillet à Sarlat-la-Canéda. Elle doit être regardée comme demandant au tribunal de prononcer la décharge partielle de la taxe foncière sur les propriétés bâties qui lui a été réclamée au titre de l'année 2018 à raison de cet immeuble.
Sur l'étendue du litige :
2. Il résulte de l'instruction que par décision du 15 octobre 2018, l'administration a modifié la catégorie de ce local professionnel initialement classé dans la catégorie des boutiques et magasins sur rue, pour le classer dans la catégorie des lieux de dépôt couverts et a partiellement accédé à la demande de réduction présentée le 1er octobre 2018 par Mme B en lui accordant un dégrèvement de la taxe foncière afférente à hauteur de 1 242 euros. Par décision du 16 décembre 2019, l'administration a ramené le coefficient d'entretien de l'immeuble à usage d'habitation à 0,8 et lui a accordé un second dégrèvement à hauteur de 246 euros. Les conclusions aux fins de décharge présentées par Mme B doivent en conséquence être regardées comme étant dirigées contre le montant de taxe laissé à sa charge à hauteur de 1 932 euros.
Sur les conclusions aux fins de décharge partielle :
3. Aux termes de l'article 1380 du code général des impôts : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code. ". Aux termes de l'article 1389 du même code : " I. - Les contribuables peuvent obtenir le dégrèvement de la taxe foncière en cas de vacance d'une maison normalement destinée à la location ou d'inexploitation d'un immeuble utilisé par le contribuable lui-même à usage commercial ou industriel, à partir du premier jour du mois suivant celui du début de la vacance ou de l'inexploitation jusqu'au dernier jour du mois au cours duquel la vacance ou l'inexploitation a pris fin. Le dégrèvement est subordonné à la triple condition que la vacance ou l'inexploitation soit indépendante de la volonté du contribuable, qu'elle ait une durée de trois mois au moins et qu'elle affecte soit la totalité de l'immeuble, soit une partie susceptible de location ou d'exploitation séparée. ".
4. Ces dispositions subordonnent le dégrèvement de la taxe foncière sur les propriétés bâties à la condition, notamment, que la vacance de l'immeuble normalement destiné à la location ou l'inexploitation de l'immeuble utilisé par le contribuable lui-même à usage commercial ou industriel soit indépendante de la volonté du propriétaire. Le caractère contraignant de la vacance s'apprécie eu égard aux circonstances dans lesquelles cette vacance est intervenue et aux démarches accomplies par le propriétaire, selon les possibilités qui lui étaient offertes, en fait comme en droit, pour la prévenir ou y mettre fin.
5. Il ne résulte pas de l'instruction que le local commercial aujourd'hui inexploité était utilisé personnellement par Mme B avant l'interruption de cette exploitation, ni que la vacance du local d'habitation serait justifiée par l'impossibilité de financer des travaux permettant sa rénovation ainsi que par une recherche effective de locataire qui serait restée vaine. Il n'est pas davantage justifié d'une surestimation des valeurs locatives de ces locaux par rapport au montant retenu au titre de l'année 2019, qui s'explique par les dégrèvements obtenus en 2018 et 2019 et par le changement de base d'évaluation.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge partielle présentées par Mme B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions tendant à la mise en œuvre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense.
D E C I D E
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et au directeur régional des finances publiques de Nouvelle-Aquitaine et du département de la Gironde.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 janvier 2023.
La magistrate désignée,
E.D La greffière,
C. POTTIER
La République mande et ordonne au ministre de l'économie et des finances, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2301798
Le Tribunal administratif de Bordeaux a rejeté la requête de Mme A, qui demandait la décharge de 100 euros de taxe foncière sur son habitation principale pour 2021. La requérante soutenait remplir les conditions d’âge et de revenu, mais il résultait de l’instruction qu’elle avait déjà bénéficié de ce dégrèvement, comme mentionné sur son avis d’imposition. La solution retenue est le rejet de la requête, sans qu’il soit besoin d’examiner la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la réclamation préalable. Les textes appliqués sont le code général des impôts et le livre des procédures fiscales.
05/02/2025
Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2303874
Le Tribunal Administratif de Bordeaux a rejeté les demandes de M. C D, qui sollicitait la décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties pour les années 2021 et 2022, concernant un local professionnel situé à Le Bugue. Le requérant invoquait le I de l'article 1389 du code général des impôts pour obtenir un dégrèvement en raison de la vacance et de l'inexploitation de son bien, qu'il estimait indépendantes de sa volonté et affectant la totalité de l'immeuble. Le tribunal a jugé que les conditions légales n'étaient pas remplies, sans préciser dans l'extrait fourni le motif exact du rejet. Les deux requêtes ont été jointes pour faire l'objet d'une seule décision.
05/02/2025
Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2304383
Le Tribunal Administratif de Bordeaux a été saisi par la SCI Sophia-Polis d'une demande de décharge de taxe foncière sur les propriétés bâties pour les années 2021 et 2022, concernant un bâtiment composé d'un restaurant et d'une salle de jeux. La société contestait le classement de ses locaux dans la catégorie MAG3 (magasins appartenant à un ensemble commercial), estimant qu'ils ne faisaient pas partie du même ensemble commercial que le centre commercial de Pessac-Bersol. Le tribunal a fait droit à la demande, jugeant que les locaux, disposant d'un parking propre et n'étant pas accessibles depuis le centre commercial, ne relevaient pas des critères de l'article L. 752-3 du code de commerce. En conséquence, le tribunal a prononcé la décharge des impositions contestées, se fondant sur les articles 1380, 1494 et 1498 du code général des impôts.
05/02/2025