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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2201821

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2201821

jeudi 14 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2201821
TypeDécision
PublicationD
Formation4ème chambre
Avocat requérantSELARL PASTOR-BRUNET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 29 mars et 31 août 2022, M. B... C..., représenté par Me Noël, demande au tribunal :

1°) d’annuler les arrêtés des 24 février et 1er mars 2022 révélant la fixation de la date de consolidation de son état de santé au 6 juillet 2021 sans taux d’IPP ;

2°) de rejeter les conclusions reconventionnelles présentées par la commune de Civrac-en-Médoc ;

3°) d’enjoindre à la commune de Civrac-en-Médoc de réexaminer sa situation en ce qui concerne la date de consolidation et son taux d’IPP, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de la commune de Civrac-en-Médoc la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l’article L.761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- les arrêtés contestés sont entachés d’une insuffisance de motivation en méconnaissance des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l’administration, dès lors qu’ils se bornent à se référer au rapport émis par le docteur A... du 21 septembre 2021 ainsi qu’à l’avis émis par la commission départementale de réforme du 1er décembre 2021, sans justifier de la date retenue de consolidation ;
- il sont entachés d’une erreur d’appréciation quant à la date de consolidation.

Par des mémoires en défense enregistrés les 13 juin et 30 septembre 2022, et des pièces complémentaires enregistrées le 13 septembre 2022, la commune de Civrac-en-Médoc, représentée par Me Pastor Brunet, conclut, dans le dernier état de ses écritures :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à ce que M. C... soit condamné à lui verser la somme de 3 801,20 euros, en remboursement du trop-perçu de salaire pour la période du 7 juin 2021 au 30 janvier 2022 ;
3°) de mettre à la charge de M. C... la somme de 5 000 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable en l’absence de recours administratif préalable obligatoire ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par M. C... ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 3 octobre 2022, la clôture d’instruction a été fixée, en dernier lieu, au 15 novembre 2022.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Munoz-Pauziès,
- les conclusions de M. Bongrain, rapporteur public,
- les observations de Me Noël, représentant M. C..., présent à l’audience.
- et les observations de Me Radzewicz, représentant la commune de Civrac-en-Médoc.


Considérant ce qui suit :

1. M. B... C... est technicien territorial et exerce ses fonctions d’agent technique polyvalent au sein de la commune de Civrac-en-Médoc. Le 9 septembre 2019, il a produit un certificat médical initial prescrivant un arrêt de travail jusqu’au 22 septembre suivant pour cause d’hernie discale. Par un arrêté du 3 février 2020, le maire de la commune de Civrac-en-Médoc a reconnu l’imputabilité au service de sa maladie à compter du 9 septembre 2019 et l’a placé en congé maladie jusqu’à ce qu’il soit en état de reprendre son service.






2. Par un arrêté du 20 octobre 2021, le maire de la commune de Civrac-en Médoc a placé M. C... en congé pour invalidité temporaire imputable au service à compter du 7 juin 2021 jusqu’à ce qu’il soit en état de reprendre son service. Lors de sa séance du 1er décembre 2021, la commission départementale de réforme a fixé la date de consolidation de son état de santé au 7 juin 2021 avec un taux d’IPP de 15%. Par un arrêté du 24 février 2022, le maire de la commune de Civrac-en-Médoc a octroyé à M. C... un congé maladie ordinaire pour une période allant jusqu’au 30 janvier 2022 inclus, rémunéré à plein traitement du 6 juillet 2021 au 3 octobre 2021 et à demi-traitement du 4 octobre 2021 au 30 janvier 2022. Par un arrêté du 1er mars 2022, le maire de la commune de Civrac-en-Médoc est venue abroger, à compter du 6 juillet 2021, les arrêtés plaçant l’intéressé en congé pour invalidité temporaire imputable au service (CITIS). M. C... demande au tribunal d’annuler les arrêtés des 24 février et 1er mars 2022 en tant qu’ils fixent la date de consolidation de son état de santé.

Sur les conclusions reconventionnelles présentées par la commune de Civrac-en-Médoc :

3. Un défendeur n’est pas recevable à présenter, dans un litige tendant à l'annulation d'un acte pour excès de pouvoir, des conclusions reconventionnelles contre le demandeur. Par suite, les conclusions de la commune de Civrac-en-Médoc tendant à ce que M. C... soit condamné à lui verser la somme de 3 801,20 euros en remboursement du trop-perçu de salaire pour la période du 7 juin 2021 au 30 janvier 2022 doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d’annulation :

4. En premier lieu, les arrêtés des 24 février et 1er mars 2022 visent les lois, décrets et arrêtés dont ils font application, ainsi que le rapport d’expertise du docteur A... en date du 21 septembre 2021 et l’avis rendu par la commission départementale de réforme lors de sa séance du 1er décembre 2021, et en mentionne le sens. Enfin, les arrêtés contestés comportent des éléments de faits tel que la reprise de fonctions à temps complet du requérant, à compter du 31 janvier 2022. Par suite, les arrêtés contestés sont suffisamment motivés en droit et en fait et le moyen doit, en tout état de cause, être écarté.

5. En second lieu, contrairement à ce que soutient M. C..., les décisions litigieuses ne se sont nullement prononcées sur la date de consolidation de son état de santé mais, notamment, sur son admission au bénéfice d’un congé maladie ordinaire et sur l’abrogation de l’arrêté du 20 octobre 2021 le plaçant en congé pour invalidité temporaire imputable au service (CITIS). Par suite, le moyen tiré de l’erreur d’appréciation qu’aurait commise le maire de la commune de Civrac-en-médoc en fixant la date de consolidation de son état de santé au 6 juillet 2021 est inopérant dans le cadre du présent litige.

6. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu’il soit besoin d’examiner la fin de non- recevoir opposée en défense, que les conclusions à fin d’annulation présentées par M. C... doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d’injonction :

7. Le présent jugement qui rejette les conclusions aux fins d’annulation de M. C... n’appelle aucune mesure d’exécution dans un sens déterminé. Par suite, les conclusions à fin d’injonction ne peuvent qu’être rejetées.



Sur les frais liés au litige :

8. Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées, sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, tant par M. C... que par la commune de Civrac-en-Médoc



D E C I D E :


Article 1er : La requête de M. C... est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune de Civrac-en-Médoc présentées à titre reconventionnel et sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B... C... et à la commune de Civrac-en-Médoc.


Délibéré après l'audience du 22 février 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Munoz-Pauziès, présidente,
M. Bilate, premier conseiller,
M. Bourdarie, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mars 2024.


Le premier assesseur,




X. BILATELa présidente-rapporteure,




F. MUNOZ-PAUZIÈS
La greffière,




M.CORREIA
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,


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