jeudi 22 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2203146 |
| Type | Décision |
| Publication | D |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | MISSIAEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 juin 2022, Mme C D représentée par Me Patricia Missiaen demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 septembre 2021 par lequel la préfète de la Gironde a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle sera éloignée à défaut de se conformer à cette obligation ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement des dispositions des articles L. 423-7 et L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros au titre des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête, qui n'est pas tardive, est recevable ;
En ce qui concerne la décision de refus de séjour :
- la décision a été signée par une autorité incompétente en l'absence de délégation de signature régulièrement publiée au bénéfice de M. E B ;
- elle n'est pas suffisamment motivée au regard de l'intérêt supérieur de l'enfant ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 423-7 et L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle justifie que M. A, père français de son enfant, contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de ce dernier ;
- elle porte atteinte à l'intérêt supérieur de l'enfant en méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle porte atteinte à sa vie privée et familiale dès lors qu'elle réside en France depuis juillet 2016, est mère d'un enfant français scolarisé et travaille en tant qu'agent de service ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la décision est illégale en raison de l'illégalité du refus de séjour sur lequel elle se fonde ;
- elle porte atteinte à sa vie privée et familiale pour les mêmes motifs qu'énoncés précédemment.
La procédure a été communiquée à la préfète de la Gironde qui n'a pas présenté d'observations.
Par ordonnance du 8 juin 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 8 juillet 2022.
Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 novembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et son décret d'application ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. F,
- les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C D, ressortissante camerounaise née le 9 juin 1980, est entrée en France, selon ses déclarations, en juillet 2016. De sa relation avec un ressortissant français est né un enfant le 18 mai 2018, qui a fait l'objet d'une reconnaissance anticipée par ses père et mère le 19 décembre 2017. Mme D a bénéficié le 22 avril 2019 d'un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français. Le 14 mai 2020, elle en a sollicité le renouvellement. Par un arrêté du 10 septembre 2021, dont elle demande l'annulation, la préfète de la Gironde a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle serait éloignée à défaut de se conformer à cette obligation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ". Aux termes de l'article L. 423-8 de ce code : " Pour la délivrance de la carte de séjour prévue à l'article L. 423-7, lorsque la filiation est établie à l'égard d'un parent en application de l'article 316 du code civil, le demandeur, s'il n'est pas l'auteur de la reconnaissance de paternité ou de maternité, doit justifier que celui-ci contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant, dans les conditions prévues à l'article 371-2 du code civil, ou produire une décision de justice relative à la contribution à l'éducation et à l'entretien de l'enfant ".
3. L'article L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui reprend les dispositions du deuxième alinéa du 6° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans leur rédaction issue du I de l'article 55 de la loi du 10 septembre 2018 pour une immigration maîtrisée, un droit d'asile effectif et une intégration réussie, a pour objet de déroger à la délivrance de plein droit d'un titre de séjour à l'étranger père ou mère d'un enfant mineur de nationalité française, lorsque l'autre parent, de nationalité française, auteur d'une reconnaissance de paternité ou de maternité en application de l'article 316 du code civil, ne participe pas lui-même à l'éducation et à l'entretien de cet enfant, en laissant toutefois au préfet le soin d'apprécier, s'il y a lieu, de lui délivrer un tel titre, au regard du respect de sa vie privée et familiale et de l'intérêt supérieur de l'enfant.
4. Il ressort des pièces du dossier que Mme D est mère d'une enfant née le 18 mai 2018 à Talence et reconnue avant sa naissance par son père de nationalité française. Pour établir que ce dernier contribue à l'entretien et à l'éducation de l'enfant, la requérante produit notamment une attestation du père selon laquelle il recevrait sa fille une à deux fois par semaine, une autorisation d'inscription à l'école du 17 février 2021 ainsi que différents récépissés de mandats adressés à la requérante de montants de 150 puis de 50 euros depuis le début de l'année 2018. Sur la période comprise entre janvier et septembre 2021, cinq mandats sont ainsi parvenus à Mme D, témoignant d'une contribution financière régulière. Dès lors, c'est à tort que la préfète a estimé que Mme D ne justifiait pas de manière probante de la participation à l'entretien et à l'éducation de son enfant par son père français
5. Il résulte ce qui précède et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que l'arrêté du 10 septembre 2021 portant refus de séjour et, par voie de conséquence, les décisions d'obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays à destination duquel Mme D serait éloignée à défaut de se conformer à ladite obligation, doivent être annulées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution () ".
7. Eu égard au motif d'annulation retenu, il y a lieu d'enjoindre à la préfète de la Gironde de délivrer à Mme D un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
8. Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Missiaen, avocate de Mme D, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Missiaen de la somme de 1 200 euros.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 10 septembre 2021 de la préfète de la Gironde est annulé.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de la Gironde, sous réserve d'un changement de circonstance de droit ou de fait, de délivrer à Mme D, un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera la somme de 1 200 (mille deux cents) euros à Me Missiaen, avocate de Mme D, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D, à Me Patricia Missiaen et à la préfète de la Gironde.
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Munoz-Pauziès, présidente,
Mme Lahitte, conseillère,
M. Bongrain, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2022.
Le rapporteur,
A. F
La présidente,
F. MUNOZ-PAUZIÈS La greffière,
C. SCHIANO
La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-25PA02137
02/04/2026
Tribunal Administratif de Montpellier — N° TA34-2403399
Le Tribunal Administratif de Montpellier a rejeté la demande en indemnité de l'association Carcassonne Olympique suite à la résiliation anticipée par la commune de Carcassonne d'une convention d'occupation de locaux. La juridiction a estimé que l'association ne justifiait pas de l'existence d'un préjudice certain et direct résultant de cette résiliation, notamment concernant les promesses d'embauche et le manque à gagner allégués. La décision s'appuie sur les principes généraux du droit de la responsabilité administrative et les dispositions du code des relations entre le public et l'administration.
02/04/2026
Tribunal Administratif de Montpellier — N° TA34-2404649
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02/04/2026
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Le Tribunal Administratif de Montpellier a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre la décision préfectorale de clôture d'une demande de titre de séjour pour motif de dossier incomplet. Le tribunal constate que la délivrance ultérieure d'une carte de séjour à l'intéressé a rendu le recours sans objet. Il n'y a donc plus lieu de statuer sur l'annulation, mais l'État est condamné à verser 850 euros au requérant au titre des frais exposés.
02/04/2026