mardi 15 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2205876 |
| Type | Décision |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | LAPLAGNE ET BROUILLOU-LAPORTE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 novembre 2022, Mmes B et Isabelle A, représentées par Me Laplagne, demandent au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision implicite par laquelle le président de Bordeaux Métropole a refusé de déplacer le poteau de télécommunications de la société Orange situé au 27-29 rue Georges Bizet à Talence, devant leur domicile, en dépit de la demande en ce sens reçue le 9 août 2022 par Bordeaux Métropole ;
2°) d'enjoindre au président de Bordeaux Métropole de demander à la société Orange de déplacer ce poteau de télécommunications ;
3°) de mettre à la charge de Bordeaux Métropole une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- la décision est entachée d'un vice de procédure en l'absence d'autorisation du préfet délivrée à Orange pour implanter le poteau ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de leur situation car il existait déjà un poteau électrique devant leur domicile et ce nouveau poteau, dont elles ne retirent aucune utilité, est situé en face de leur porte d'entrée, ce qui diminue la valeur vénale de leur bien ;
- cette décision porte atteinte à leur droit de propriété.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 novembre 2023, le président de Bordeaux Métropole conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des postes et des communications électroniques ;
- le code de la voirie routière ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bourdarie,
- les conclusions de M. Vaquero, rapporteur public,
- et les observations de Me Bibron, représentant Mmes A.
Considérant ce qui suit :
1. Par un courrier du 5 août 2022, reçu par Bordeaux Métropole le 9 suivant, Mme B A, propriétaire d'une maison d'habitation sise 27 rue Georges Bizet à Talence (Gironde), par l'intermédiaire de son conseil, a sollicité du président de Bordeaux Métropole le déplacement d'un poteau de télécommunications implanté par la société Orange sur le trottoir longeant le 27-29 rue Georges Bizet à Talence. Sa demande a été implicitement rejetée. Mmes A demandent au tribunal d'annuler cette décision et d'enjoindre à Bordeaux Métropole de demander à la société Orange de déplacer ce poteau de télécommunications.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de rejet :
2. En premier lieu, les requérantes ne peuvent utilement se prévaloir du code de l'énergie pour soutenir que la société Orange était tenue d'obtenir l'avis du préfet préalablement à l'installation du poteau en litige, le régime juridique de ce dernier étant régi par les dispositions du code des postes et des communications électroniques.
3. En second lieu, aux termes de l'article L. 113-3 du code de la voirie routière : " Sous réserve des prescriptions prévues à l'article L. 122-3, les exploitants de réseaux de télécommunications ouverts au public les services publics de transport ou de distribution d'électricité ou de gaz et les canalisations de transport d'hydrocarbures ou de produits chimiques déclarées d'utilité publique ou d'intérêt général peuvent occuper le domaine public routier en y installant des ouvrages, dans la mesure où cette occupation n'est pas incompatible avec son affectation à la circulation terrestre () ". Aux termes de l'article L. 113-4 du même code : " Les travaux exécutés sur la voie publique pour les besoins des services de télécommunications sont soumis aux dispositions des articles L. 46 et L. 47 du code des postes et communications électroniques ". Selon l'article L. 45-9 du code des postes et des communications électroniques, les exploitants de réseaux ouverts au public bénéficient d'un droit de passage sur le domaine public routier. En vertu de l'article L. 47 de ce code : " Les exploitants de réseaux ouverts au public peuvent occuper le domaine public routier, en y implantant des ouvrages dans la mesure où cette occupation n'est pas incompatible avec son affectation. / Les travaux nécessaires à l'établissement et à l'entretien des réseaux et de leurs abords sont effectués conformément aux règlements de voirie, et notamment aux dispositions de l'article L. 115-1 du code de la voirie routière ".
4. Il ressort des pièces du dossier, en particulier du constat du commissaire de justice du 25 octobre 2022, réalisé à la demande des requérantes, qu'un poteau de télécommunications appartenant à la société Orange a été implanté, à environ un mètre d'un poteau électrique déjà existant, sur le trottoir de la rue Georges Bizet au droit de leur maison, alors que les intéressées avaient manifesté leur refus à ce projet en décembre 2020. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'occupation par cet ouvrage du domaine public routier serait incompatible avec l'affectation de ce dernier, ni que ce poteau aurait été implanté en méconnaissance du règlement de voirie applicable ou qu'il empêcherait l'accès à la propriété des requérantes. Dans ces conditions, si Mmes A soutiennent qu'elles se sont opposées à l'implantation de ce poteau, qu'il ne leur procure aucun avantage, qu'il existe déjà à proximité un poteau électrique, qu'il porte atteinte à la vue depuis leur domicile et qu'il entrainerait une diminution de la valeur de ce dernier, ces circonstances sont sans incidence sur la légalité de la décision implicite de rejet du président de Bordeaux Métropole. Il s'ensuit que la décision en litige n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation. Enfin, la perte éventuelle de valeur de leur propriété ne peut être regardée comme constituant une atteinte disproportionnée à leur droit de propriété.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions en annulation de la décision implicite de rejet du président de Bordeaux Métropole et les conclusions en injonction ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
6. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de Bordeaux Métropole, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mmes A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mmes B A et Isabelle A et à Bordeaux Métropole.
Délibéré après l'audience du 1er avril 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Brouard-Lucas, présidente,
M. Bourdarie, premier conseiller,
Mme Caste, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 avril 2025.
Le rapporteur,
H. BOURDARIE
La présidente,
C. BROUARD-LUCASLe greffier,
A. PONTACQ
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2507344
Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a annulé l'arrêté préfectoral ordonnant à un ressortissant colombien de quitter le territoire français, de fixer son pays de destination et de lui interdire le retour. Le tribunal a retenu que le préfet des Hauts-de-Seine avait commis une erreur de droit en prenant cette décision en application de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, puisque l'intéressé avait déjà quitté le territoire français avant la notification de l'arrêté. Par voie de conséquence, les mesures de fixation du pays de destination et d'interdiction de retour ont également été annulées, et le préfet est enjoint de réexaminer la situation du requérant.
07/04/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-24PA05293
03/04/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-24PA03684
03/04/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-25PA03361
03/04/2026