mercredi 2 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2300365 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | D |
| Avocat requérant | LAPLAGNE ET BROUILLOU-LAPORTE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 janvier 2023, Mme B A demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet de sa demande, adressée au président du conseil départemental de la Dordogne, tendant à obtenir le paiement d'indemnités journalières pour la période du 6 avril 2020 au 11 septembre 2020 ;
2°) d'enjoindre au président du conseil départemental de la Dordogne de régulariser sa situation pour la période du 6 avril 2020 au 11 septembre 2020, en lui versant des indemnités journalières, sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter d'un délai de deux mois suivant la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge du département de la Dordogne la somme de 1 500 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 septembre 2024, le département de la Dordogne, représenté par Me Jacquier, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre la somme de 2 000 euros à la charge de la requérante sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- à titre principal, la requête doit être rejetée comme présentée devant une juridiction incompétente, s'agissant d'un litige relatif à l'application de la législation sur la sécurité sociale ; la requête est irrecevable ;
- à titre subsidiaire, la requête est mal fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative () ; 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ".
2. Les articles L. 142-1 à L.142-3 du code de la sécurité sociale attribuent compétence au tribunal des affaires de sécurité sociale pour connaître des litiges relevant du contentieux de la sécurité sociale. En ce qui concerne les agents des collectivités publiques, le critère de la compétence des organismes du contentieux de la sécurité sociale est lié, non à la qualité des personnes en cause, mais à la nature même du différend.
3. L'action de Mme A porte sur une demande de paiement d'indemnités journalières, auxquelles elle prétend avoir droit sur le fondement des dispositions de l'article L.161-8 du code de la sécurité sociale, formée devant le département de la Dordogne pour une période postérieure à sa révocation. Un tel litige est relatif à l'application de la législation sur la sécurité sociale. Il suit de là que la requête ne relève manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative. Par suite, elle doit être rejetée par application des dispositions précitées du 2° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
4. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de rejeter l'ensemble des conclusions des parties présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E:
Article 1er : La requête de la Mme A est rejetée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 2 : Les conclusions du département de la Dordogne tendant au bénéfice d'une somme sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au département de la Dordogne.
Fait à Bordeaux, le 2 avril 2025.
Le président de la 4ème chambre,
D. Katz
La République mande et ordonne au préfet de la Dordogne et au ministre de la justice, chacun en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,