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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2303309

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2303309

mardi 27 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2303309
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation5ème Chambre
Avocat requérantPETARD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bordeaux a examiné la demande de M. B..., qui sollicitait l'indemnisation des dommages subis par son véhicule le 27 octobre 2022, après qu'une borne escamotable automatique soit remontée sur le quai des Queyries à Bordeaux. Le tribunal a rejeté la requête dirigée contre Bordeaux Métropole, jugeant que la commune de Bordeaux était le maître d'ouvrage de la borne. Concernant la responsabilité de la commune, le tribunal a estimé que le lien de causalité entre l'ouvrage public et le dommage n'était pas établi, et que M. B. avait commis une faute en ne tenant pas compte du feu de signalement rouge clignotant de la borne, ce qui exonérait totalement la commune de sa responsabilité. En conséquence, les conclusions indemnitaires de M. B... ont été rejetées, ainsi que ses demandes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête n°2303309 et des mémoires, enregistrés les 20 juin 2023, 17 juillet 2024 et 26 février 2025, M. A... B..., représenté par Me Pétard, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) à titre principal, de condamner solidairement Bordeaux Métropole et la société Axa France Iard, son assureur, à lui verser la somme globale de 9 945 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis résultant de l'accident du 27 octobre 2022 ;

2°) à titre subsidiaire, de condamner solidairement la commune de Bordeaux et la société Axa France Iard, son assureur, à lui verser la somme globale de 9 945 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis résultant de l'accident du 27 octobre 2022 ;

3°) et de mettre à la charge solidaire de Bordeaux Métropole et de la société Axa France Iard ou, à titre subsidiaire, de la commune de Bordeaux et la société Axa France Iard, la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- il a subi un dommage en sa qualité d’usager du domaine public du fait d’un défaut d’entretien de la borne escamotable située à proximité du quai des Queyries à Bordeaux, de nature à engager la responsabilité de Bordeaux Métropole à titre principal ou, à titre subsidiaire, de la commune de Bordeaux ;
- il a subi un préjudice matériel à hauteur de 2 445 euros et un préjudice de jouissance de 7 500 euros.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 19 mars 2024 et 26 février 2025, la commune de Bordeaux et la société Axa France Iard, représentées par Me Hounieu, concluent au rejet de la requête de M. B... et à ce qu’il soit mis à la charge du requérant la somme de 3 500 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :
- le requérant n’établit pas le lien de causalité entre l’ouvrage public dont la commune de Bordeaux est maître d’ouvrage et le dommage allégué ;
- M. B... a commis une faute de nature à exonérer totalement la responsabilité de la commune de Bordeaux dès lors que la borne présentait un feu de signalement rouge clignotant ;
- à titre subsidiaire, les préjudices dont le requérant se prévaut ne sont pas établis.

La requête a été communiquée à Bordeaux Métropole qui n’a pas produit d’observation.


II. Par une requête n°2404502, enregistrée le 17 juillet 2024, M. A... B..., représenté par Me Pétard, demande au tribunal :

1°) de condamner la commune de Bordeaux à lui verser la somme globale de 7 945 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis résultant de l'accident du 27 octobre 2022 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Bordeaux la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- il a subi un dommage, en sa qualité d’usager du domaine public du fait d’un défaut d’entretien de la borne escamotable située à proximité du quai des Queyries, de nature à engager la responsabilité de la commune de Bordeaux en sa qualité de maître d’ouvrage ;
- il a subi un préjudice matériel à hauteur de 2 445 euros et un préjudice de jouissance de 5 400 euros.

La requête a été communiquée à la commune de Bordeaux qui n’a pas produit d’observation dans cette instance.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu le code de justice administrative, notamment l’article R. 222-13.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Ballanger, rapporteure,
- les conclusions de Mme Blanchard, rapporteure publique,
- les observations de Me Pétard, représentant M. B...,
- et les observations de Me Rouget, représentant la commune de Bordeaux.


Considérant ce qui suit :

1. Le 27 octobre 2022, le véhicule de M. B... a été endommagé par une borne escamotable automatique qui est remontée alors qu’il s’apprêtait à s’engager sur le quai des Queyries à Bordeaux. Estimant que Bordeaux Métropole était responsable de ce dommage, M. B... a présenté une demande indemnitaire préalable, reçue le 4 avril 2023, qui a été rejetée par son assureur la société Axa France Iard le 5 mai 2023. Puis, par un courrier reçu le 8 avril 2024, M. B... a présenté une demande indemnitaire préalable à la commune de Bordeaux. Par sa requête n°2303309, M. B... demande au tribunal de condamner, d’une part, solidairement Bordeaux Métropole et la société Axa France Iard et, d’autre part, solidairement la commune de Bordeaux et la société Axa France Iard, à lui verser la somme globale de 9 945 euros en réparation de ses préjudices. Par sa requête n°2404502, M. B... demande au tribunal de condamner la commune de Bordeaux à lui verser la somme globale de 7 945 euros en réparation de ses préjudices.

2. Les instances n°2303309 et n°2404502, qui portent sur un même fait générateur, présentent à juger des questions semblables et ont fait l’objet d’une instruction commune. Par suite, il y a lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.

Sur la responsabilité :

En ce qui concerne la responsabilité de Bordeaux Métropole :

3. Il résulte de l’instruction que la commune de Bordeaux est le maître d’ouvrage de la borne escamotable en litige située sur la voie publique communale. Par suite, M. B... n’est pas fondé à rechercher la responsabilité de Bordeaux Métropole du fait du défaut d’entretien normal de l’ouvrage public litigieux.

En ce qui concerne la responsabilité de la commune de Bordeaux :

4. Il appartient à l’usager d’un ouvrage public qui demande réparation d’un préjudice qu’il estime imputable à cet ouvrage de rapporter la preuve de l’existence d’un lien de causalité entre celui-ci et le préjudice invoqué. La collectivité en charge de l’ouvrage public ne peut être exonérée de l’obligation d’indemniser la victime qu’en rapportant, à son tour, la preuve soit que cet ouvrage faisait l’objet d’un entretien normal, soit que le dommage est imputable à une faute de la victime ou à un cas de force majeure.

5. Les bornes escamotables permettant l’accès et la sortie des véhicules des voies publiques constituent des accessoires de ces voies.

6. Il résulte des différents témoignages produits que le 27 octobre 2022, alors que M. B... s’était engagé avec son véhicule, la borne escamotable automatique qui sépare l’accès entre la voie publique et l’établissement La guinguette chez Alriq, où il travaillait, est remontée, endommageant son véhicule. Il résulte toutefois de l’instruction que cette borne a présenté des dysfonctionnements au cours de l’été, caractérisés par des remontées aléatoires au moment où des véhicules tentaient de s’insérer dans le parking, qui étaient connus du personnel de l’établissement. De plus, il résulte de l’un des témoignages produits que, le jour de l’accident, un signal lumineux rouge clignotant indiquait le caractère défectueux de la borne litigieuse. De telles circonstances auraient dû conduire M. B... à ne pas s’engager. Dans ces conditions, M. B... a commis une imprudence seule à l’origine de son accident. Dès lors, M. B... n’est pas fondé à rechercher la responsabilité de la commune de Bordeaux en sa qualité de maître d’ouvrage.

7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. B... tendant à la condamnation de Bordeaux Métropole, de la commune de Bordeaux et de la société Axa France Iard à l’indemniser de son préjudice doivent être rejetées.

Sur les frais liés aux litiges :

8. Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soient mises à la charge de Bordeaux Métropole, de la société Axa France Iard et de la commune de Bordeaux, qui ne sont pas dans les deux instances les parties perdantes, les sommes que demande M. B... sur ce fondement. Il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de M. B... les sommes que demandent la commune de Bordeaux et la société Axa France Iard au titre de ces mêmes dispositions.


D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes n°2303309 et 2404502 de M. B... sont rejetées.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Bordeaux et la société Axa France Iard sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B..., à Bordeaux Métropole, à la société Axa France Iard et à la commune de Bordeaux.


Délibéré après l'audience du 13 janvier 2026, à laquelle siégeaient :

Mme Chauvin, présidente,
Mme Ballanger, première conseillère,
Mme Lorrain Mabillon, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 janvier 2026.


La rapporteure,

M. BALLANGER
La présidente,

A. CHAUVIN

La greffière,

C. JANIN




La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,

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