jeudi 21 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| Section | Tribunal Administratif de Bordeaux |
| N° Dossier | TA33-2304044 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | JU-3ème chambre |
| Avocat requérant | SCP VALAY BELACEL DELBREL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 juillet 2023, Mme B A C, représentée par Me Cerdan, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 juin 2023 par lequel le préfet de Lot-et-Garonne a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixé le pays de destination de son éloignement ;
2°) d'enjoindre au préfet de Lot-et-Garonne de lui délivrer une carte de séjour temporaire mention vie privée et familiale ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la décision de refus de séjour :
- la décision de refus de séjour a été prise par une autorité incompétente ;
- le préfet n'a pas suffisamment motivé sa décision ;
- le préfet a méconnu les dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision porte une atteinte excessive à son droit de mener une vie privée et familiale normale au sens de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :
- la décision est illégale, par voie d'exception de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle est entachée d'un vice d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de la requérante et méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de la requérante et méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 aout 2023, le préfet de Lot-et-Garonne conclut au non-lieu à statuer.
Le préfet fait valoir que les pièces communiquer par la requérante lui ont permis de constater qu'au regard de l'article 18 du code civil, la requérante ne pouvait être considérée comme ressortissante étrangère et qu'ainsi elle ne relève pas des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En conséquence, il a décidé de retirer l'arrêté en litige portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français prononcé le 29 juin 2023. La requête est donc désormais dépourvue d'objet.
Mme A C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 5 septembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. D pour exercer les pouvoirs qui lui sont conférés par les articles L. 776-1, R. 776-1, R. 776-13-2 et R. 776-15 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de M. D.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A C, née le 2 février 1991 à Damas en Syrie est entrée en France le 24 septembre 2017. Elle a sollicité l'asile le 28 mars 2022 et cette demande a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides par décision du 30 janvier 2023. En parallèle à cette procédure, Mme A C a sollicité le 23 décembre 2021 auprès des services de la préfecture de Lot-et-Garonne un titre de séjour " vie privée et familiale " en qualité d'enfant d'un ressortissant de nationalité française. Par arrêté du 29 juin 2023, le préfet de Lot-et-Garonne a rejeté cette demande, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixé le pays de destination de son éloignement. Mme A C, demande l'annulation de cet arrêté.
2. Toutefois, il résulte du mémoire en défense produit le 25 aout 2023, que par arrêté du 3 août 2023, postérieur à l'introduction de la requête, le préfet de Lot-et-Garonne a retiré l'arrêté en litige au vu des éléments relatifs à la vie privée de l'intéressée qui lui ont permis de constater qu'au regard de l'article 18 du code civil qui précise " Est français l'enfant dont l'un des parents au moins est français ", la requérante ne pouvait être considérée comme ressortissante étrangère et qu'ainsi elle ne relevait pas des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, les conclusions de la requête tendant à l'annulation de l'arrêté en litige sont devenues sans objet.
3. En revanche, Mme A C ne pouvant être considérée comme ressortissante étrangère et ainsi ne relevant pas des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ses conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de lui délivrer une carte de séjour temporaire mention vie privée et familiale doivent être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
4. Mme A C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 5 septembre 2023. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans ces conditions, il y a lieu, sous réserve que Me Cerdan renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à Me Cerdan.
DECIDE :
Article 1er : Il n'y a pas lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A C
Article 2 : L'Etat versera la somme de 1 200 euros à Me Cerdan en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A C, au préfet de Lot-et-Garonne et à Me Cerdan.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 21 décembre 2023.
Le magistrat désigné,
D. D Le greffier,
Y. Jameau
La République mande et ordonne au préfet de Lot-et-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Conseil d'État — N° 515333
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de Mme A..., magistrate, qui demandait le report et l'encadrement de ses auditions par l'inspection générale de la justice (IGJ) dans le cadre d'une enquête administrative. La requérante invoquait une atteinte grave à ses droits de la défense, à sa dignité et à l'indépendance juridictionnelle. Le juge a estimé que l'audition prévue du 4 au 7 mai 2026, qui ne préjugeait pas de l'issue de l'enquête ni d'éventuelles poursuites disciplinaires, n'était pas susceptible de porter une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'étant pas retenue comme caractérisant une illégalité grave.
03/05/2026
Conseil d'État — N° 509298
Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.
09/04/2026
Conseil d'État — N° 507528
Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi de La Poste contre l'ordonnance ayant suspendu la révocation de M. B..., estimant qu'aucun moyen sérieux n'est soulevé.
09/04/2026