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AccueilJurisprudence administrativeN° TA33-2406086

Tribunal Administratif de Bordeaux — Décision N° TA33-2406086

jeudi 12 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Bordeaux
SectionTribunal Administratif de Bordeaux
N° DossierTA33-2406086
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Sujet principal : Demande d'annulation d'une dette de prime d'activité. Juridiction : Tribunal Administratif de Bordeaux (ordonnance du président). Solution retenue : Rejet de la requête pour irrecevabilité manifeste, la requérante n'ayant pas produit la décision attaquée ni justifié d'un recours administratif préalable. Textes appliqués : Articles R. 222-1, R. 412-1 et R. 421-1 du code de justice administrative, et articles L. 845-2 et L. 845-3 du code de la sécurité sociale imposant un recours amiable préalable.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 septembre 2024, Mme A... B... soumet au tribunal une « demande d’annulation (d’une) dette » de prime d’activité d’un montant de 234,89 euros.

Elle soutient que :
- elle a fait l’objet de plusieurs relances pour le paiement d’un indu de prime d’activité qui lui a été versée par erreur ;
- ce trop-perçu résulterait de son déménagement du Gers vers le Lot-et-Garonne ;
- en arrêt de travail, elle n’est pas en capacité de régler la somme demandée de 234,89 euros.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu l :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Willem, premier conseiller, en application des dispositions des articles R. 222-1 et R. 222-13 du code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les (…) magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans et ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : / (…) / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ».
2. D’une part, aux termes de l’article R. 412-1 du code de justice administrative : « La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation. / Cet acte ou cette pièce doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagné d'une copie ». Aux termes de l’article R. 421-1 du même code : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision (…) ».

3. D’autre part, aux termes de l’article L. 845-2 du code de la sécurité sociale : « Toute réclamation dirigée contre une décision relative à la prime d'activité prise par l'un des organismes mentionnés à l'article L. 843-1 fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours auprès de la commission de recours amiable, composée et constituée au sein du conseil d'administration de cet organisme (…) ». Aux termes de l’article L. 845-3 du même code : « Tout paiement indu de prime d’activité est récupéré par l’organisme chargé de son service. (…) / Toute réclamation dirigée contre une décision de récupération de l'indu, le dépôt d'une demande de remise ou de réduction de créance ainsi que les recours administratifs et contentieux, y compris en appel, contre les décisions prises sur ces réclamations et ces demandes ont un caractère suspensif (…). / La créance peut être remise ou réduite par l’organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d’une manœuvre frauduleuse ou d’une fausse déclaration. / (…) ».

4. Il résulte de ces dispositions qu’un bénéficiaire de la prime d’activité auquel est demandé le remboursement de sommes versées à tort au titre de cette aide peut soit contester la décision mettant à sa charge ce remboursement en faisant valoir son illégalité, soit demander la remise gracieuse ou la réduction de cette créance en considération de la précarité de sa situation et de sa bonne foi. Dans l’un ou l’autre cas, il lui appartient de saisir préalablement la caisse d’allocations familiales dont la décision, rendue sur ce recours administratif, peut seule faire l’objet d’un recours devant le juge administratif.

5. Par un courrier recommandé avec accusé de réception adressé le 3 octobre 2024, Mme B... a été invitée à régulariser son recours dans un délai d’un mois par la production de la décision qu’elle conteste, le juge administratif ne pouvant être saisi directement d’une demande de remise gracieuse d’une dette de prime d’activité ou d’une demande tendant à contester le bien-fondé de cette dette. En dépit de cette invitation, qui retournée avec la mention « pli avisé mais non réclamé » doit être regardée comme ayant été régulièrement notifiée, Mme B... n’a pas produit la décision attaquée dans le délai imparti, ni d’ailleurs à la date de la présente ordonnance, ni justifié avoir préalablement déposé une réclamation préalable à laquelle il n’aurait pas été répondu. Par suite, sa requête est manifestement irrecevable et doit, dès lors, être rejetée en application des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.


ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme A... B... est rejetée.








Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B....

Fait à Bordeaux, le 12 mars 2026.


Le magistrat désigné,

E. WILLEM



La République mande et ordonne au préfet de Lot-et-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.


Pour expédition conforme,

La greffière,

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